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3D Realms, Grandeur et décadence (partie 2)

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Bienvenue cher lecteur sur cette deuxième partie du dossier 3DRealms. Nous avons pu voir jusque ici, que la petite société Apogee Software a bien évoluée depuis les années 80. Elle a aidé des futurs stars du secteur, et a réalisé des succès d’estime, mais ce sera avec Duke Nukem 3D que l’entreprise rebaptisée 3DRealms deviendra un acteur principal du jeu PC. Les attentes sont donc énormes pour la suite tant attendue, promise en 1997 entre deux portages de 3D : Duke Nukem Forever. Mais les années passent et le jeu se fait toujours attendre en 2001. Et ce n’est pas prêt de s’arranger… 

2001-2004 : DUKE NUKEM FOREVER : HYPE, DECEPTION ET CHANGEMENT DE PATRON

duke6En effet, l’image de 3DRealms commence sérieusement à s’écorner, et le trailer de 2001 leur donne de quoi respirer. Projeté à l’E3, celui ci bluffe littéralement tout le monde. Il représente un torrent d’action, une histoire de soldats possédés par les Aliens, de l’interactivité poussée au maximum, des véhicules, des personnages secondaires, un lancement nucléairé,…. bref une vidéo qui montrait que Duke allait revenir de manière magistrale. Mais comme toujours avec 3DRealms, une bonne nouvelle se conjugue avec une facétie de Georges Broussard. Le public a pu voir en fin de trailer, non pas une date de sortie précise, mais un vague « When It’s Done » qui deviendra célèbre par la suite. C’est à partir de ce moment que les informations vont se faire de plus en plus rares et que le jeu deviendra la grande risée du net. Il n’y a pas un seul site spécialisé qui ne fera pas sa petite blague sur le jeu. Il deviendra d’ailleurs le premier jeu a inaugurer, puis remporter le prix du Vaporware (sorte d’Arlésienne du jeu vidéo) plusieurs années de suite. Un site ira jusqu’à répertorier tous les événements importants de l’Histoire (drames, sorties culturelles, rendez vous historiques) qui se sont passés durant le développement du jeu. Pour en revenir au développement, l’année 2002 inaugure le changement de moteur avec un passage à Unreal 2, et à un passage poubelle pour tout le code. Georges Broussard pensant qu’il y avait encore matière à dilapider l’argent, profite de la faillite de Gathering Of Developpers  et de la reprise de la licence par Take 2 pour employer une quantité impressionnante de personnes sur le projet. Il faut croire que ça n’a aucun effet, puisque le président de Take 2 Interactives  lui même (Jeffrey Lapin), doit annoncer en 2003 que le jeu sortira en 2004, voire 2005 (après un passage au moteur de Quake III). En même temps vu les images de gameplay diffusées dans le jeu final (de 2003), le jeu observe un gros côté sombre, avec toute la folie de 2001 disparue. Un autre jeu devait être développé par l’équipe, mais changera de développeur pour sortir en 2006 : ce sera Prey. 2006 c’est d’ailleurs la prochaine date importante pour la folle aventure Duke Nukem Forever.

2006-2007 : DUKE NUKEM FOREVER : PREMIERS CONFLITS ET DÉBANDADE

photo-3En cette année 2006, le développement commence à prendre une tournure ridicule. La volonté de rechercher le jeu parfait fait de Georges Broussard un paranoïaque refusant de montrer quoi que ce soit, et la vision du jeu fini est encore plus floue. De plus, le jeu est encore reparti de 0. Take 2 commence à réagir, et commence par couper de moitié les royalties que toucheront les développeurs si le jeu est terminé, ajoutant 500 000 dollars si le jeu est terminé avant 2007. Il faut dire aussi que les estimations des dépenses autour de cette date sont d’environ 20 millions de dollars, et que la plupart des membres historiques de l’équipe de développement (sauf Allen Blum) ont fuit le projet (dont Randy Pitchford qui créera ce qui deviendra Gearbox Software). Heureusement (enfin en 2006), Brian Hook fait son entrée dans l’équipe, et un bouleversement est opéré dans la manière de développer : on se fixe un cap et on s’y tient. Les équipes doublent en capacité pour passer de 18 personnes à 35, et Geroges Broussard est invité à la fermer et ne plus proposer de recommencer tout à zéro. Le public, qui n’a aucune trace du jeu depuis 2001, aura des nouvelles à deux reprises : une première fois lors d’une offre d’emploi avec deux images en 50*50 et lors du fameux teaser de noêl 2007. Cette vidéo d’une minute seulement, montre…rien, on ne voit que quelques ennemis et le duke, et cette dernière est clôturée par un « Stay Tuned ». A cette période, plus personne n’y croit, et le fait de montrer un teaser après 10 ans de développement est une arnaque (le paternel qui est le mien n’y croyait plus d’ailleurs). Et côté Take 2, on va commencer à s’énerver réellement.

Et on les comprend vu la vidéo postée à posteriori de cette période.

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A propos de l'auteur

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Passionné mais handicapé de la manette, Flbond à la collectionnite aïgue de consoles et est vaguement vieux con.

2 commentaires

  1. Excellent double article sur un feuilleton que j’ai suivi de loin à l’époque sans en connaître (et encore moins comprendre) les dessous. J’avoue que je n’y croyais plus et comme tout le monde, j’ai longtemps surnommé ce projet duke nukem for never.
    Encore merci pour ce boulot de fou d’avoir recherché, compilé et rendu passionnante cette incroyable saga de la lose.

  2. Pingback: Bombshell, c'est de la bombe ? - Le Serpent Retrogamer

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