Déjà un mois depuis le début de l’année, si cela est synonyme de galette des rois et autre crêpe party, c’est également déjà l’heure de notre deuxième semaine spéciale de 2015, consacrée cette fois-ci aux RPG PC. Le hic concernant cette semaine spéciale, et du fait la rédaction de cette chronique, c’est que j’ai personnellement obtenu un pc me permettant de jouer a autre chose qu’au solitaire il y a maximum 2 ans… en revanche j’ai eu tout le loisir de retourner de nombreux RPG Console et c’est là l’occasion de mettre en concurrence les deux support par le biais de deux jeux les représentant. Pour représenter les RPG PC j’ai le plaisir d’accueillir Toma, qui se fera le procureur d’un jour pour tenter d’exposer les arguments de son RPG PC face à mon poulain 100% console et voir qui va emporter cette deuxième BaGarr de style! De mon côté, j’ai choisi du lourd puisque ce n’est autre que mon jeu préféré, le RPG phare de la Game Cube, un double mini disc de poésie, j’ai nommé Baten Kaitos, les ailes éternelles et l’océan perdu. Pour replacer le contexte, Baten Kaitos est un des deux RPG principaux de la Game Cube (avec un certain Tales of Symphonia), sorti en 2005 ce jeu développé par Monolith Software (Chrono Trigger/Chrono Cross, Xenosaga…) et Tri-Crescendo (Eternal Sonata) n’a pas eu le succès escompté et a même failli ne pas sortir en Europe… A toi  mon cher Toma, présente-nous donc ton challenger!

Et bien, cher Garr-nement, je vais me faire l’avocat du diable aujourd’hui, puisque tu le sais, je suis amateur d’arcade à la base, et un passionné de J-RPG. Mais en amateur invétéré de débats et de Playhistoire, je veux bien, le temps joute verbale, revêtir les habits du défenseur du RPG sauce PC, ne serait-ce que pour l’amour que je porte aux vieilleries telles Ultima Underworld – et Ultima tout court, d’ailleurs -, la beauté des point’n clicks de mon enfance, la grande classe des Dongeon-RPG – sans lesquels le J-RPG n’existerait tout bonnement pas, puisqu’il découle à l’origine de la fascination nippone pour la célèbre série Wizzardry, illustre ancêtre du genre et accessoirement de mon Etrian Odyssey IV préféré -. Mais jouons le jeu jusqu’au bout et sortons carrément de ma zone de confort, puisque je te propose comme challenger le grand Oblivion, quatrième opus de la saga The Elder’s Scroll de chez Bethesda. Contemporain de ton challenger, il incarne avec brio l’une des formes archétypales du RPG façon PC, et sera un challenger intéressant pour mettre à jour les différences fondamentales entre entre ces deux approches de l’Aventure avec un grand « A ».

Oh oh tu penses qu’Oblivion peut poser des soucis à mon champion? C’est ce que nous allons voir en confrontant les deux jeux selon 5 critères : la réalisation,  le système de combat, l’ergonomie, la durée de vie et enfin le scenario/l’histoire.

Aviez-vous bien fait de prendre un pc de compétition à l’époque ou auriez-vous plutôt du investir dans une console de salon ? Vérifions ça de suite.

La réalisation

Ca pète pas les mirettes cette 2D?

Ca pète pas les mirettes cette 2D?

Je vous vois déjà venir mes chers lecteurs, sur l’onglet de la réalisation la pauvre Game Cube va se faire rouler dessus par nos chers PC ? Mais que nenni! Baten Kaitos est simplement magnifique, les décors sont variés, tantôt lumineux et immaculés (la forteresse de glace), tantôt sombres (la caverne aux esprits) et très souvent immensément colorés. Nos amis développeurs, sachant pertinemment qu’ils ne pourraient faire des miracles sur le support avec de la 3D, ont intelligement réalisé l’intégralité des décors en 2D pour garder uniquement les personnages en 3D. Le résultat est à la fois bluffant et impressionnant de détails, de précision et de vie. Même 10 ans après je défie le moindre kikoo de me trouver des arguments allant à l’encontre du fait que le jeu est BEAU! Alors certes, les personnages sont beaucoup moins détaillés lors des déplacements sur la map, mais excepté lors d’un changement de « scène » sur le continent d’Anuénué, les personnages restent assez loin et donc peu visibles. Hormis ce point de vue purement graphique, techniquement le jeu est parfaitement abouti et ne souffre d’aucun temps de chargement ou même lag/délai lors des voyages ou combats. Un fondu au noir exprime le passage d’une « scène » à l’autre lors des déplacements en ville, mais rien de choquant. A certains passages du jeu des petites cinématiques viennent apporter un rythme supplémentaire et une immersion plus grande dans l’univers gigantesque de Baten Kaitos. Ton Elder Scroll peut-il faire mieux, mon cher Toma?

Oui et non, en fait. Le choix du full 3D supporte mal l’épreuve du temps, c’est un fait, malgré des cut-scenes littéralement dantesque, encore bien impressionnante aujourdhui. Ce qui n’empêche pas Oblivion d’être littéralement enchanteur, de par la richesse des lieux proposés, le sentiment enivrant d’être dans un monde qui a vécu sans nous et continuera après nous, bref, c’est beau… à différent degrés, disons. Eh oui, n’oublions pas que Oblivion est un jeu majeur de la Master Race, et que donc deux paramètres sont à prendre en compte. D’une part, son degré de finition, la beauté des éclairages, la finesse des textures dépendra beaucoup de la puissance du PC, mais si vous avez une bête de combat – et à la sortie du bouzon, autant dire que pour que ça rende, il fallait un monstre de puissance! -, indéniablement, ça claque les mirettes, avec un sens du détail simplement hallucinant pour l’époque, allant jusqu’aux mouvements de l’herbe caressée par le vent, bref, c’est juste magistral… Sauf en ce qui concerne les personnages anthropomorphes, qui sont, avouons le, plutôt moches – avoir autant d’options pour personnaliser son avatar (rarement a-t-on vu plus complet dans le genre) pour au final avoir l’air systématiquement aussi con, c’est triste -. Et d’autre part, Master Race oblige, une fois de plus, une fois sorti, le jeu continue à vivre. Là où un J-RPG, par essence, est figé dans le temps, un jeu PC évoluera généralement avec les époques dans une certaine mesure, ne serait-ce qu’à coups de mods bien sentis créés par la communauté et de capacités hardware toujours plus massives. La grande force de Bethesda est d’accompagner son bébé dans le temps, non seulement via deux extensions augmentant des possibilités d’aventure déjà pantagruellesques, mais affinant le produit, l’upgradant, le faisant mûrir – et accessoirement corrigeant la masse de bugs pourrissant l’expérience de jeu à sa sortie…- . Les mauvaises langues pourraient dire que donc, à la base, le jeu est une sorte de Beta bien gaulée, que le jeu n’est pas fini… Oui, elles pourraient. Mais c’est le jeu, c’est comme ça, la Master Race a tous les droits. 

Tu as raison Toma, la 3D c'est bien... mais ça vieillit mal

Tu as raison Toma, la 3D c’est bien… mais ça vieillit mal

Maintenant, il faut admettre que le poids des années est lourd sur le full 3D, ça vieillit vite et souvent mal, là où les décors 2D chopent immanquablement une patine rétro du plus bel effet. Donc je veux bien admettre que la beauté de Batos Kaiten soit encore – voire d’autant plus – évidente aujourd’hui, alors que pour Oblivion, une remise en contexte s’impose. Néanmoins, s’arrêter à la plastique du jeu serait passer à coté de l’essence de mon challenger. Car la puissance de sa réalisation tient aussi et surtout dans la construction massive d’un univers gigantissime qui s’offre au joueur dans un vertige de liberté qu’aucun J-RPG ne pourra jamais offrir, de par leur nature même, c’est à dire Story Driven. Dans Oblivion, chaque joueur vivra une aventure unique, singulière, bien à lui, il devra s’approprier un monde, en comprendre la culture, se faire une place dans celui-ci, dans une relation d’immersion dans cet univers entier où le choix du full 3D en vue subjective fait totalement sens. Cette liberté est un des stigmates principaux de l’aventure made in PC, à mon sens, que l’on retrouve dans bon nombre de grands jeux PC comme par exemple Fall Out. Le champs des possibles est vertigineux, littéralement. D’où ma réponse de Normand, mon cher Garr.

Je vois mon petit Toma. Oblivion était en effet à l’époque de sa sortie sur pc impressionnant dans sa réalisation par la patine 3D bien améliorée depuis Morrowind. Pourtant, et c’est toi même qui le dit, cette fameuse 3D a très mal vieilli et fait pâle figure face aux jeux next gen (dont son successeur Skyrim) (NdT : Skyrim assure le job, pas à dire! (Skyrim-job… bon, ok, je me tais…) ). De son côté, Baten Kaitos avec sa 2D léchée mais sa 3D approximative faisait peut être plus daté. Pourtant avec le renouveau de la 2D et l’engouement pour le « rétrogaming » et les jeux oldschool, ce jeu peut encore être considéré comme beau. Le jeu de Monolith prend donc le premier point face à celui de Bethesda.

3 réponses
  1. Le serpent
    Le serpent dit :

    Mes amis versussien, j’applaudi !
    Je veux être de la partie bientot !

    Merci Garr de nous avoir propos ce format.
    Et merci à Toma d’y avoir participé avec brio !

    Répondre

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  1. […] L’hommage est fort, si bien que si l’on associe ce dossier aux élans d’amour de notre Garr national pour cette série, on a très envie de s’y essayer à l’issue de la lecture, de […]

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