A retenir

C’est un match au sommet que ce combat du maître (Zelda) et du challenger (Okami), ce dernier reprenant beaucoup de mécaniques inventées par la série de Nintendo mais en les remettant à sa sauce.

En effet Okami emprunte beaucoup au gameplay originel de Zelda. Pourtant, grâce notamment aux nouvelles fonctionnalités interactives de la Wii, le jeu pousse le concept plus loin en donnant au joueur une nouvelle dimension quasi créatrice et ne se contente pas de reprendre les mécaniques éprouvées du donjon-exploration. Dans son cas, Zelda s’appuie sur ses bases solides mais prend à contre-pied des joueurs habitués aux grandes plaines pour les lâcher dans vaste monde noyé. La question qu’il faut se poser c’est qu’est-ce qu’apportent ces trajets en bateau ? Un côté exploration ? Une rallonge artisanale de la durée de vie ? On est loin de l’intérêt et de la grandeur des maps d’un jeu Bethesda (voir le versus du mois de février Oblivion vs Baten Kaitos) et surtout, et je m’appuie sur ce que tu dis, Thibault, ces phases sont “lentes et monotones”, nuisant fortement au rythme du jeu et par conséquent lui fait perdre à mon sens, le point du gameplay.

Concernant la partie graphique, le jugement est souvent lié à la sensibilité de chacun et au plaisir de contemplation que le jeu peut transmettre. La force d’Okami est de proposer une patte graphique peu répandue, un mélange d’art graphique traditionnel japonais et de cel-shading. Les versions PS2 et Wii sont magnifiques, avec une réalisation maîtrisée sans surcharge de la console, bien qu’après la sortie de la version HD sur PS3, elles semblent presque floues. De son coté, Wind Walker surprend également par son changement de style après le duo Ocarina of Time/Majora’s Mask très mature et étonnamment sombre pour le second. C’est ce virage à 180° qui a pu même totalement déstabiliser certains fans inconditionnels du Link adulte face à ce Link cartoon et ses mimiques qui dans le même temps a rassemblé d’autres joueurs (jeunes ou joueuses ?) autour de cet opus. Au delà du style, la maîtrise du titre par Nintendo est inconditionnelle, que ce soit sur le support initial ou sa version remastérisée, qui ne semble que plus précise, moins anguleuse et avec des ombres ou nuances mieux prononcés, pas une refonte mais plutôt un lifting. Si je suis tenté de donner le point à Okami par sa qualité graphique inégalée, je pense qu’il faut souligner ici la prise de risque et le culot que Nintendo a eu de proposer un héros totalement revu dans un monde différent de ce qui avait déjà pu être fait auparavant sur la série, le tout dans la maîtrise complète de leur hardware, comme d’habitude.

Technique maîtrisée, patte graphique aiguisée, compositions musicales soignées, les deux titres peuvent faire valoir de nombreuses qualités. Pourtant le choix de l’univers qui entoure la narration du jeu est à la base même de l’onirisme qu’il souhaite transmettre. Et au jeu du plus poétique il faut bien avouer que les contes japonais se prêtent mieux aux envolées lyriques que la pêche aux émeraudes en pleine mer… C’est là où le jeu de Nintendo perd de sa superbe : un rythme un poil molasson, des phases qui traînent un peu en longueur et un fil rouge maritime pas si folichon. En face, Okami renouvelle son univers, ses mécaniques et ses ambiances, lui permettant assez aisément de prendre ce point.

Avec 60h de jeu contre 30 au maximum, Okami enfonce le clou et remporte ce match haut la main 3 – 1.

Ce Zelda marque le passage a une nouvelle époque dans laquelle Nintendo prendra plus de risques, notamment l’abandon de la course à la puissance avec sa Wii qui sera un franc succès. Cette tentative n’a pas été un échec, loin de là, puisque le jeu possède d’excellentes qualités inhérentes à la série Zelda. Il donnera même naissance à deux suites du même acabit graphique sur DS avec Phantom Hourglass et Spirit Tracks. De son côté, Okami, ne jouissant pas du même pedigree (NDÜ : surtout sur en version PAL… Pedigree Pal ? Non ? bon, ok, je vais mourir loin d’ici…) que son homologue, est à demi-mesure dans sa renommée, entre quasi anonymat pour les casuals et saint graal adulé pour ceux qui ont pu y jouer, il me rappelle vaguement un certain Baten Kaitos. Si nous devions rajouter un dernier round sur la « Postérité » de ces titres, je dirais qu’il y aurait égalité mais pour des raisons différentes. Zelda pour la cassure entre l’avant et l’après Wind Walker, Okami pour ses qualités qui en font un jeu souvent rangé à minima dans le top 3 de chaque joueur ayant pu s’y essayer.

Merci à Totof et Le Serpent de s’être prété au jeu de cette chronique, je vous donne rendez vous le mois prochain pour une nouvelle BaGARR de Style.

Totof, Le Serpent & Garr

1 réponse
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Ahhh, que le son de throat-gagging de Link sous les coups de boutoir d’Amaterasu est doux à mon oreille… euh… bon, ok, ça marche pas, Amaterasu est une déesse féminine, mais bon, c’est bichant quand même!

    Reste qu’il faut effectivement rendre à Nintendo l’audace extrême de son revirement en terme de direction artistique, et le fait que ce Zelda soit rentré dans la légende, indéniablement (contrairement à ses deux suites indirectes sur DS, ce qui prouve bien que la force de WindWalkers ne repose pas simplement sur sa DA).
    Chose amusante, d’ailleurs, là où l’on pourrait considéré le cel-shading comme simpliste et peu adapté à la überHD, les versions HD de chacun des jeux, pour des raisons différentes, ressortent réellement grandie de leur passage HD, et pas seulement « dépoussiérées », car le cel-shading est l’art des formes pures, en un sens.

    En tout cas, excellent duel, et pas seulement à cause du résultat^^!

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