Gameplay

Vitrine d’un jeu réussi, le gameplay est souvent à l’avant-garde des attentes du joueur aguerri. Plus le jeu est intransigeant dans ses mécaniques, plus le gameplay doit être précis… Nos challengers revendiquant ce statut, leur Gameplay suit-il dans toutes les situations ?

Pour que le jeu se permette de telles libertés graphiques alors que les déplacements sont millimétrés, ça doit répondre au poil de cul!

Pour que le jeu se permette de telles libertés graphiques alors que les déplacements sont millimétrés, ça doit répondre au poil de cul!

Totof : Super Meat Boy est un platformer pur et dur, sans jeu de mots pourri avec la thématique de la semaine spéciale. Avec le personnage principal, on ne peut pas faire grand-chose à part sauter, accélérer, rebondir et glisser sur les murs. Mais justement, tout est là, réglé comme du papier à musique, comme une chorégraphie exigeante qui ne tolère que très peu l’erreur. Le joueur devra faire preuve de patience et de maîtirise, éviter tout contact sous peine de mort directe, la gestion des trajectoires et de la vitesse aussi bien pédestre qu’aérienne – puisque les sauts ont aussi leur inertie contrôlable – se révélant bluffante de précision et essentielle pour échapper aux nombreux pièges. C’est une mécanique à apprendre, décortiquer et répéter, jusqu’à atteindre un état presque second, la fameuse “zone” où le corps répond et retranscrit plus que l’esprit, dans laquelle les réflexes naissent de l’expérience accumulée. De ces principes simples et solides, Super Meat Boy propose aussi des variations avec sa multitude de personnages jouables, déblocables via des objets et des warp zones, et même spécifiques au support utilisé (PC/Mac/Linux, XBLA). Ainsi, Tim de Braid pourra remonter le temps et tuer les ennemis tandis que Steve de Minecraft construira des blocs pour arriver au bout du niveau. Accessibilité et profondeur : tout ce qu’un bon gameplay se doit d’offrir.

Visez, tirez, saignez... voilà à quoi ressemble souvent une fin de niveau

Visez, tirez, saignez… voilà à quoi ressemble souvent une fin de niveau

Garr : Totalement aux antipodes des palettes de mouvement du bout de steak de Super Meat Boy, notre lascar anonyme de Hotline Miami possède ses propres pas de danse. Le stick gauche (ou pavé numérique sur PC) permet d’avancer/reculer et de strafer (faire des pas de côté) tandis que le stick droit (ou souris) est entièrement réservé à la visée. Les gâchettes permettent de ramasser/jeter une arme (L) et de frapper/tirer (R). En soi, vous avez 4 doigts en permanence sur deux sticks et deux boutons sans avoir à les lâcher (si ce n’est pour de rares interactions hors action). Etant donné les réflexes nécessaires dans certaines situations, il est vite appréciable de ne pas avoir à switcher de position toutes les 2min (on est pas dans Metal Gear et sa visée à 6 doigts…). Comme explicité dans la partie mécanique, votre but est de traverser des niveaux clos, remplis de gars mal lunés et à la gachette/batte/couteau/tesson/queue de billard facile (liste non exhaustive). Par chance, leur arsenal devient très rapidement le vôtre après la première mandale bien placée.

Il est important de scinder les armes en deux catégories : armes à feu et armes blanches. Les premières se distinguent par leur dispersion (l’espace touché en face de vous), le nombre de balles (d’une poigné pour les fusils à pompe à plusieurs dizaines dans les fusils d’assaut) et la cadence de tir (d’un coup seconde à un chargeur vide en trois clicks). A vous de voir votre préférence sur le moment et selon la situation, mais il faut garder à l’esprit que toute utilisation sera faite au détriment de la discrétion… et si le pompe est destructeur, 6 cartouches partent très vites quand 6-7 gars se jettent sur vous… Ainsi pour les amateurs de finesse (blague) il y a les armes blanches, du couteau à la fameuse queue de billard, quelle va être la différence ? Essentiellement la vitesse de frappe et la portée du coup. Pour reprendre les deux exemples précédents, le couteau possède la vitesse d’attaque la plus rapide, en contrepartie il faut impérativement être collé à votre adversaire, là où vous auriez pu toucher de beaucoup plus loin à l’aide de la queue de billard mais au détriment de ne pouvoir enchainer immédiatement un second coup, le temps de la fin de l’animation. Si 90% des individus de base sont maîtrisables avec les deux catégories, certains demandent des ustensiles plus « musclés » ou simplement imposés. A noter l’importance des portes ! Au delà du simple passage obligatoire d’une pièce vers l’autre, les portes peuvent devenir une arme à part entière et sont à considérer impérativement si vous cherchez à faire monter la jauge de combo.

Le deuxième élément de gameplay à notifier, bien que j’aurais pu également en parler dans les mécanismes de jeu, est l’utilisation des masques. Chaque début de niveau vous demandera de revêtir un masque représentant un animal et possédant ses bonus de gameplay ou l’ajout d’un nouveau mécanisme de jeu. Ainsi si au debut du jeu vous ne pourrez choisir que Richard (le coq) sans bonus, vous acquerrez de nouveaux masques permettant de tuer avec vos poings ou les portes, de survivre à une balle ou de commencer avec une arme tandis que d’autre vous aiguilleront sur les secrets du jeu, diminuerons votre champ de vision, vous ferons courir plus vite ou augmenterons la plage de combo. Chaque niveau peut ainsi être refait avec chaque masque pour optimiser votre rush, monter vos scores ou découvrir les indices disséminés dans le jeu.

2 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Magnifique duel, et encore une bataille serrée, vu la qualité ahurissante des deux titres, entre Hotline Miami (je salue d’ailleurs tes belles références, mon cher Garr, parler de Gaspar Noé quand tout le monde s’arrête généralement à Refn, il ne manquait plus qu’un mot sur Lynch et je te demandais en mariage^^), et Super Meat Boy ou la redéfinition du die & retry version plateforme.

    Encore une excellente lecture à votre actif, messieurs!

    Répondre

Trackbacks (rétroliens) & Pingbacks

  1. […] nom a déjà été évoqué et salué quelques fois, et comme il se doit. Récemment opposé dans BaGarr de Style à Super Meat Boy, autre ponte de la scène rétro courant pixel art-die & retry, Hotline Miami […]

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *