[BaGarr de style] Super Meat Boy vs Hotline Miami

 Durée de vie

The End? Really?

The End? Really?

Totof : Avec près de trois cents niveaux jouables, dont une grosse proportion consacrée à l’histoire principale et à Bandage Girl qui essaiera de rendre la pareille à son amoureux qui n’a eu de cesse d’essayer de la sauver, Super Meat Boy semble difficilement battable sur le plan de la durée de vie. Surtout quand on sait que certains challenges demanderont des ressources et une endurance plus élevées que leurs homologues de Hotline Miami, le joueur passera beaucoup de temps sur le titre. Quand l’envie de tout compléter ne le prendra pas, à la recherche des personnages et autres mondes cachés (warp zones, dark world). Vous n’aurez plus ainsi honte de dire : “J’aime la viande”.

Débloquer tous les masques n'est pas une mince affaire

Débloquer tous les masques n’est pas une mince affaire

Garr : Avec 15 chapitres dans l’histoire, 6 chapitres bonus et pas mal de secrets à découvrir, Hotline Miami ne fais pas si mauvaise figure face aux gros chiffres du steak sauteur. Ajoutez à cela une excellente rejouabilité en changeant les masques et une course au highscore voir au perfect level plus ardue que ne semble le jauger mon ami Totof. Après si l’on se contente de juger l’histoire principale, une poignée d’heures nerveuses suffisent à venir à bout de cette expérience sanguinaire.

 Ambiance

Début d'aventure malsain, flippant et psychotique... tout va bien

Début d’aventure malsain, flippant et psychotique… tout va bien

Garr : Expérience, voilà en effet pour moi le mot qui décrirait le mieux Hotline Miami. Entre la violence exacerbée sous couvert de problèmes psychologiques à l’image d’un Fight Club, le trip visuel/auditif portant un héros taciturne comme dans Drive en passant par le côté trip malsain dopé aux amphets comme a pu l’être Enter the Void (Ndü : c’était du DMT, dans Enter the Void, mon cher, un peu de rigueur!), Hotline est profondément inspiré par le 7ème art. Le titre mise énormément sur son ambiance comme le laisse supposé le premier message au lancement du jeu : « Ecouteurs recommandés pour de meilleurs sensations ». Sensations, c’est en effet le second mot qui pourrait décrire ce jeu. Un tutoriel expéditif dans une cave sombre où vous êtes malmené par un connard lambda qui vous gueule de faire ci et ça en vous prenant pour un abruti (Colère). Une introduction dans une chambre aux couleurs hallucinogènes où 3 mecs avec des masques d’animaux vous parlent de façon totalement décousue (Peur) et vous voilà lancé dans une série de missions suicides à tendances psychopathes (Folie). Livré dans un écrin définitivement eighties avec des vidéoclubs VHS, des consoles à cartouche, des bars où il est encore possible de fumer et avec une DeLorean DMC 12 en guise de carrosse. Le tout sous l’égide musicale de grands noms de l’électro qui pondent des titres entre le psychédélique et le bad trip, à mi-chemin entre le rêve et le cauchemar. A vous de voir comment vous aller vous réveiller !

C'est la foire aux clins d'œil dans SMB, ici le classique Mario Bros

C’est la foire aux clins d’œil dans SMB, ici le classique Mario Bros

Totof : Le titre d’Edmund McMillen est à la fois un hommage à l’histoire du jeu vidéo et un porte-étendard de la culture pixel indépendante, son succès ayant été un catalyseur certain pour les softs l’ayant suivi dans cette démarche de die & retry à la sauce rétro, dont notamment Hotline Miami. Son influence indiscutable, et prégnante encore aujourd’hui (comme le prouvent entre autres les caméos de Meat Boy dans la série Bit Trip ou le mini-jeu éponyme dans WarioWare Do It Yourself), s’est construite sur la base de mécaniques simples et surtout d’une ambiance particulière qui ne cesse de rappeler ses codes et ses inspirations. Chaque nouveau monde est précédé d’une cinématique dont la mise en scène a pour but de faire une référence à des oeuvres vidéoludiques majeures (Street Fighter II, Castlevania, Ninja Gaiden), ce qui place le joueur dans une situation de plaisir et de confort des plus agréables. Si sur le plan de l’ambiance, Super Meat Boy a fort à faire face à son adversaire du jour, il a aussi ses arguments d’hémoglobine jubilatoire et éclaboussée. Ici, le sang ne dénote pas d’une violence, mais bien d’un délire total assumé, utile à la progression du joueur et réussissant le contrepied d’un tableau de fond presque monochrome. La musique dynamique, obsessionnelle et volontairement digitale finit de dessiner un tableau rétro fidèle à ses modèles (Megaman, Super Mario Bros., Ghosts’n Goblins), unique et différent de Hotline Miami – qui lorgne plus du côté du cinéma et de l’électro. Et qui laissera, à n’en pas douter, un héritage conséquent et estimé, comme le montrent déjà les hommages reçus çà et là, ainsi que les nombreux produits dérivés.

2 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Magnifique duel, et encore une bataille serrée, vu la qualité ahurissante des deux titres, entre Hotline Miami (je salue d’ailleurs tes belles références, mon cher Garr, parler de Gaspar Noé quand tout le monde s’arrête généralement à Refn, il ne manquait plus qu’un mot sur Lynch et je te demandais en mariage^^), et Super Meat Boy ou la redéfinition du die & retry version plateforme.

    Encore une excellente lecture à votre actif, messieurs!

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Trackbacks (rétroliens) & Pingbacks

  1. […] nom a déjà été évoqué et salué quelques fois, et comme il se doit. Récemment opposé dans BaGarr de Style à Super Meat Boy, autre ponte de la scène rétro courant pixel art-die & retry, Hotline Miami […]

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