Les Simpson ! Depuis plus de 20 ans que cette famille nous honore de ses aventures et accessoirement aura créé le genre de la sitcom animée, au point d’avoir leur étoile sur le Hollywood Walk of Fame aux cotés de Jack Nicholson, Cary Grant ou encore Humphrey Bogart…
Et cette série tient d’ores et déjà un record de longévité, même si on commence depuis plusieurs saisons à sentir un petit ralentissement dans la créativité de la saga, ça reste toujours bien plaisant. Aujourd’hui en 2016 les Simpson sont passés dans la culture, mais ceux qui ont vécu l’explosion de la « Simpsonite » en France ont donc connu cette époque où on commençait à se prendre d’affection pour ces êtres jaunâtres aux yeux exorbités et aux dents saillantes (un concept graphique qui s’est lissé avec le temps et ce à mon grand regret) se souviendront peut-être de leur attente devant Canal+ et aussi devant les débuts des Simpson sur console. 

Il y a quelque temps, je rendais hommage à un jeu trop décrié sur GB : The Castlevania Adventure  alors je reprends la plume ou plus exactement le clavier pour rendre à nouveau hommage à un jeu réputé très mauvais en plus d’être très difficile. Mais comme le justicier masqué que je suis, je rétablis toute la vérité ! Oui, le jeu ne mérite pas tout le fiel qu’il a fait couler, et comme je ne crains pas la controverse sur LSR ni ailleurs, je balance tout net et sans ambages qu’il faut avoir vécu le contexte de sortie du jeu pour l’apprécier. Oui, car j’ai eu la formidable chance de naître à temps, moi !

Ironfist Burns, un personnage exclusif qu'on ne vit jamais dans la série.

Ironfist Burns, un personnage exclusif qu’on ne vit jamais dans la série.

Bienvenue dans cette bafouille de plus ou moins mauvaise foi je le concède allègrement et consacrée à Bart Simpson’s Escape from camp deadly.

L’histoire est simple : pour se débarrasser de leurs deux marmots, Homer et Marge se décident à les mettre en camp de vacances. Et Homer, avec son intelligence proverbiale, opte pour un camp d’été au nom fort évocateur : le Camp Deadly ! Charmante structure dirigée par un personnage créé spécialement pour le jeu, le neveu de son parton, Ironfist Burns. Un personnage que Groening n’a pas repris dans la série, je me souviens qu’après avoir vu le jeu, je m’attendais à le voir arriver dans un des épisodes…Or finalement on ne sait pas grand chose de la famille de Burns, hormis qu’il a un fils naturel, Larry, encore plus rustre et poivrot que ce cher Homer…
Et le but du jeu est simple : avec l’aide Lisa, et au cours de toute une journée, Bart va devoir affronter un vrai parcours du combattant afin de foutre le camp de ce camp (ha ha !).
La journée se compose d’activités : Collecte de drapeaux, pause déjeuner, collecte de drapeaux à nouveau, pause dîner, escalade, sortie du camp. A chacune de ces joyeusetés s’attache une phase du jeu et les pièges qui vont avec.
Ces pièges sont relativement variés et vont de la rencontre de parcours à l’ennemi qui vous tue instantanément, comme les essaims d’abeilles, les ours et un genre d’insecte dans les égouts si vous tardez trop. Pour se défendre, Bart dispose de deux armes : la première est…un jet de crachats (si l’on en croit la notice !) qui freeze les ennemis sans pour autant les détruire ; la seconde un jet de boomerangs que lui offre régulièrement sa soeur Lisa.

Les bois sont truffés de gardes du camp qui vous tomberont dessus, de même que certains arbres recèlent des maisons dans l’arbre un peu comme celle de Bart dans le jardin d’Homer et Marge. Ces bâtisses sont occupées par un ennemi appelé « brute » (décidément la notice n’est pas très inspirée) dont l’unique façon de venir à bout sera de leur tirer dans le dos.

Les "boss" sont dans le plus pur style Simpson de l'époque.

Les « boss » sont dans le plus pur style Simpson de l’époque.

Ainsi vous gagnerez deux points de vie supplémentaires et Lisa vous offrira un costume pour vous aider : une tenue d’apiculteur qui vous rend invulnérable aux abeilles mortelles (ah, les ricains et leur obsession des « Killer Africanized Bees »), une tenue de footballeur qui bute tous les ennemis (quoique !) et une tenue anti-radiations pour franchir les égouts irradiés du camp (le camp a même prévu des égouts au plutonium…Bizarre ? Pas tant que ça, n’oubliez pas que le patron et GO du camp est le neveu du vieux Burns, pas étonnant que les deux larrons se soient arrangés pour y stocker les déchets de la centrale).

Passées les deux activités de « Flag capture », le camp offre à Bart un menu de rêve. Jugez donc : entrée, plat et dessert ! Les pommes sont appelées « Crabapples », clin d’oeil à la très distinguée instit’ de Bart ? Le gameplay change dans ces phases de cantine : vos seules armes seront…la bouffe infecte du camp que vous balancerez à la tronche de vos assaillants. Et donc mieux vaut ne pas la gaspiller. Ces deux phases ont contribué à la réputation de difficulté du jeu, car se retrouver désarmé est souvent synonyme de fin de partie…

Après la seconde cantine, on assiste à un dialogue où Bart -qui vient de se taper un bon parcours du combattant déjà- se rend finalement compte que lui et sa soeur se sont fait salement truander, le camp est tout sauf un lieu de vacances (sans déc !) et que la seule façon de se barrer d’ici est d’escalader le Mont de la Mort (Mount Deadly) qui les sépare des limites du camp. L’aspect plate-forme est ici exacerbé par rapport au reste du jeu et seul un parfait contrôle de Bart vous permettra d’en sortir. Et il faut reconnaître que tout ceci n’est pas simple, tant la maniabilité de l’insupportable mouflet est particulière.

Le passage le plus casse-gueule du jeu, saisi sur le vif pour vous chers lecteurs !

Le passage le plus casse-gueule du jeu, saisi sur le vif pour vous chers lecteurs !

Bart saute comme s’il était sur la lune et le jeu ne se gêne pas pour correctement mettre à contribution cette jouabilité particulière par un level design d’appence défectueuse mais finalement très accordée aux contrôles. Les sauts délicats et les phases douloureuses vous font peur ?
Après cette rude épreuve, Bart se retrouve à la sortie du camp et doit affronter une dernière phase avant de pouvoir enfin prendre la poudre d’escampette. Le jeu est assez original et scénarisé : si vous marchez sur le bois, les ours viendront vous bouffer. La sortie du camp est sous une centrale électrique qu’il vous faudra neutraliser afin de plonger le camp dans l’obscurité et ainsi semer la confusion pour pouvoir sortir.

Arrivé au terme du dernier égout, il vous faudra affronter ce qui tient lieu de boss final : Ironfist Burns lui-même, qui est invulnérable…Mais qui a peur du noir (OK c’est les Simpson, faut s’étonner de rien). Bart devra avec ses boomerangs éteindre 4 lampes au plafond afin de faire l’obscurité, puis sorit. ET là bravo, vous avez fini votre périple. Le seul mais véritable souci réside en la gestion des tirs une fois Bart en l’air, car les boomerangs ont un curieux effet et partent un peu n’importe où, viser dans ces conditions n’est pas précisément de la toute première aisance. Et si vous perdez vos munitions sous l’effet de la confusion, vous serez contraint à vous laisser mourir, à deux doigts de la liberté…Et de devoir reprendre au dernier point de contrôle (traduction bien française du terme checkpoint que je n’arrive guère à prononcer !) avec un seul et malheureux point de vie. En gros, vous serez foutu.

Belle réunion de famille, n'est-il pas ?

Belle réunion de famille, n’est-il pas ?

D’ailleurs, je me demande ce que foutent précisément Homer, Marge et Maggie à la sortie du camp…Et regardez-les ces mufles, ils ont l’air tout contents d’eux alors qu’ils ont flanqué leurs deux ainés dans un camp aussi sordide et ne s’aperçoivent pas que Maggie est sur le point de se faire bouffer par un espèce de putois…A mins qu’elle ne finisse par lui donner sa sucette comme elle n’avait fait avec les trois ours qui l’avaient recueillie dans l’épisode où Homer plante sa famille en pleine forêt après l’explosion de leur camping-car…Excellent épisode avec le mythe de Boucles d’Or revisité et Homer pris pour Big Foot avec son « air sauvage, son langage grossier et surtout son incommensurable puanteur ». Il s’agit de « L’abominable homme des bois » de la saison 1 si mes souvenirs sont bons. Cette saison 1 qui  aujourd’hui est devnue plus que culte…n’est-elle pas à l’origine d’une authentique culture populaire grâce à la série dont personne à l’époque ne soupçonnait qu’elle prît tant d’ampleur avec les années ?

Pourquoi ce premier avatar des Simpson sur Game Boy a-t-il si mauvaise presse ? Il est vrai que le jeu est très classique et n’est finalement qu’un simple jeu de plate-forme. Un jeu à licence qui plus est, créé vite fait pour surfer sur la Simpsonite naissante (en 1992 donc, et croyez-le, les Simpson c’était limite une révolution !), mais surtout le jeu était réputé pour sa grande difficulté et son contrôle perfectible.

La cantine. Manifestement la bouffe est si dégueu que ce pauvre Bart ne peut plus se retenir.

La cantine. Manifestement la bouffe est si dégueu que ce pauvre Bart ne peut plus se retenir.

En effet, les sauts de Bart sont assez difficiles à maîtriser, ce qui rend certains passages et notamment la Montagne de la Mort particulièrement angoissants. La gestion des collisions est également assez étrange : Bart est touché sans même que l’ennemi ne soit forcément parvenu au contact, certaines scènes vous obligent à perdre des point de vie, comme les lanceurs de rochers depuis les grottes du Mount Deadly, mais ceci est compensé par la générosité du jeu en points de vie supplémentaires (on peut les stocker à l’infini, au delà de 10 ils sont symbolisés par un « + » à l’écran). Mais l’importance des one-hit-kill et la grande difficulté des phases de cantine et des sauts en montagne peuvent vous ruiner tout ça d’un coup…Et quand on reprend, on n’a donc plus qu’un point de vie en stock, ce qui est assez insuffisant…Et injuste car la première vie vous offre 2 points de vie ! Alors pourquoi les autres en offrent-elles moins ? Une injustice qu’il convenait de répéter car à l’évidence révélatrice soit d’une incohérence de programmation, soit d’une volonté punitive des concepteurs à la limite du méprisable ! N’oublions pas que ce produit était de base adressé à des gamins, oui, un peu comme le ténébreux TMHT de la NES…Je ne serais donc guère étonné de voir certains joueurs aujourd’hui vouer un amour pour le moins nuancé à Bart Simpson Escape frome Camp Deadly…Comme je le fais moi-même du jeu de Konami sur NES.

De plus, ce jeu est le premier à avoir inclus des voix sur GB ! « Eat my shorts » lors d’un impact, « Aya Caramba » quand Bart perd une vie et « Stop it Bart » quand art tire sur sa soeur ! Par comparaison, la version NES ne comprenait qu’une voix , « Eat my shorts » quand Bart perd une vie…Même si le résultat est assez bancal, je salue l’idée, fallait oser.

Cette difficulté se contre d’une seule manière en fait : le « une vie sinon rien ». Et une fois qu’on a bien appris ses passages, le jeu devient assez simple.
Le scénario du jeu semble d’ailleurs avoir été repris dans la série avec l’épisode où Bart, Lisa, Milhouse et les autres sont retenus dans le camp de vacances de Krusty le clown (Burns n’y est pour rien) par Nelson et sa bande de molosses, avant que Bart ne prenne la tête d’une rebellion et finisse par devenir le grand Manitou du camp et s’impose à Krusty lui-même. (épisode Les Jolies Colonies de vacances, saison 4).

Le jeu contient sinon deux perles savoureuses : la notice mentionne que « les bonnes manières interdisent à Bart de se servir de ses crachats dans la cantine ».
Bart…Des bonnes manières ? Ha ah ! Vous en avez d’autres des comme celles-là, foutrebleu ?

Et bien oui ! L’arrière de la boite du jeu indique le plus sérieusement du monde : « Aidez Bart et Lisa à sortir, afin d’arriver à temps pour [sic, perle de loc sous-jacente] L’ECOLE !!! [re-sic pour les majuscules] » ! Non vous avez bien lu :

Du GRAND N'IMPORTE QUOI vous dis-je !

Du GRAND N’IMPORTE QUOI vous dis-je !

Ca vous la coupe, non ? Bart pressé d’aller à l’école !!! Si encore c’était Lisa le personnage principal, mais là…excusez-moi, mais les scénaristes n’ont jamais du regarder un seul épisode des Simpson pour nous avoir pondu une pareille énormité.

Mais bon, moi ce jeu je l’aime bien et même beaucoup ! Il fut l’un des premiers jeux que j’aie maîtrisé sur GB après Super Mario Land et puis sa réputation de jeu infaisable m’avait déjà motivé à l’époque (juin 1992) et ce fut ma première raison de rouler des mécaniques en cour et en cours « moi je finis les Simpson sur GB ! ». Par contre, aucune des deux autres cartouches Simpson sur GB (Bart vs the Juggernauts et Bart and the Beanstalk) ne m’aura autant séduit…Je crois qu’à part ce premier volet GB, seules les versions Arcade (Marge et son aspirateur !) et SNES (Bart’s Nightmare) m’ont véritablement plu. Je passe sur les derniers opus JV des Simpson, qui me font plus l’effet d’une appli pour téléphone portable que de vrais jeux vidéo…

Et pour tous ceux qui ont mine de rien grandi avec les Simpson, je vous conseille une petite partie ! Histoire de rejouer à ce Simpson sur GB sorti à un moment où la famille de Springfield devenait le monument qu’elle est aujourd’hui ! Et au lieu de se répandre en imprécations contre ce pauvre jeu GB, pensez plutôt à écrire aux scénaristes et réalisateurs des épisodes depuis la saison 20, un peu comme le ferait le vendeur de BD dont le vrai nom est Jeff Albertson comme ne le savent que trop peu d’entre nous : « arrêteez le massacre, pourquoi avez-vous fait de cette série culte le tas de merde plat et barbant qu’elle est devenue ? »

Pour finir, deux liens, en compagnie de mes acolytes BOS et Trizeal :

No miss commenté

Speedrun commenté

A la prochaine !

Informations sur le jeu

Plateformes : Game Boy

Genre : Action/Plates-formes

Développeurs : Imagineering/Absolute Entertainment

Éditeur : Acclaim

Date de sortie : 1991 (1992 en Europe)

Pour les fans

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