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Arcade Mania : le bouquin qui vous veut du bien !

“They aren’t just old arcade games, but memories”

afterburnerL’arcade, ce n’est pas que du software, mais bien aussi le reflet d’une certaine histoire du harware. Le livre de Brian Ashcraft et Jean Snow ne s’y trompe pas quand il parle de l’importance des cabines de jeu, en particulier dans le très intéressant chapitre 9, intitulé Dedicated Cabinets. Notamment, outre les systèmes d’exploitation et les machines de Versus Fighting où les joueurs ont chacun leur écran évitant ainsi tout contact, on y parle des mutations de la borne d’arcade, et plus particulièrement des idées brillantes de Yū Suzuki, le père de Shenmue, qui a introduit le volant de Out Run, la moto de Hang-On ou la fameuse cabine de pilotage de After Burner. Amusante également, la petite histoire du Ore Commander, gadget manuel permettant d’accélérer la cadence de tir grâce à des vibrations.

Soulignant cette idée que le joueur vient dans ces salles pour chercher une expérience différente, voire organique puisque accompagnée d’un défi parfois physique et toujours évolutif, Arcade Mania! ikaruga-2signe ces trois meilleurs chapitres de notre point de vue du Serpent Retrogamer, avec ceux consacrés au shoot’em up, au Versus Fighting et au retrogaming. Dans le premier sont introduits les principes et les titres fondateurs et incontournables du genre (Space Invaders, Ikaruga), et plus globalement du jeu vidéo en tant que tel. Une position que ne reniera certainement pas notre Toma international. C’est à croire que l’arcade ne serait pas ce qu’elle est sans ces jeux, sans ces pratiquants acharnés qui défient les limites de la difficulté. Comme ces joueurs qui s’investissent des heures durant tous les jours pour améliorer sans cesse leurs scores ou atteindre ce fameux niveau 256 de Pac-Man non prévu par les développeurs.

pacman level 256Ni sans les jeux de combat, qui ont eux aussi droit à une rétrospective concise jusqu’au basculement Street Fighter II et à l’avènement de Daigo. Personnalité discrète mais joueur inventif et génial, le natif d’Aomori est le fil rouge de la majorité du chapitre 5, son histoire, son avis portant la parole d’une communauté qui fait, comme pour le shoot’em up, le gameplay et le succès de ce genre si pointu. Un style de narration qui fait mouche lorsque Arcade Mania! donne la parole à Suda 51 pour nous présenter les salles où se jouent les oldies, notamment la Shibuya Kaikan Monaco. De Pac-Man à Cadillacs and Dinosaurs, en passant par Final Fight, ils sont les garants d’une mémoire et d’un patrimoine à préserver. Une histoire à laquelle l’attachement d’un créateur comme Goichi Suda est touchant, et nous interpelle en tant que passionnés de jeu vidéo d’hier et d’aujourd’hui.

A retenir

Arcade Mania! se veut plus qu’une simple description de la scène arcade nippone. Il est à la fois un hommage et une analyse de l’histoire de ce pilier du jeu vidéo. Sa principale qualité réside dans la justesse, l’efficacité et la passion de son récit. Il ne s’agit pas ici d’une bible, mais bien d’un livre intelligent sur un jeu vidéo social, exigent et profondément humain. Car bien au-delà des titres qui en ont écrit l’histoire, Arcade Mania! touche juste en mettant en avant principalement les hommes et les femmes qui l’ont faite, de leur conception à leur inscription dans le patrimoine vidéoludique.

Totof

9 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Naaaan, j’le veux, JE LE VEUUUUUUX!!!!

    …blague à part, c’est un bouquin que j’ai bien envie d’avoir, en bon amoureux de l’arcade des premières heures (les miennes, hein, pas celles de l’arcade, j’étais à peine né à l’époque^^).

    Excellente chronique, une fois de plus, Totof, rendant la lecture de cet ouvrage rien moins qu’indispensable!

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  2. Le serpent
    Le serpent dit :

    J’ai toujours l’impression de regarder un film quand je te lis.
    Je me marre, j’apprends, j’ai de l’émotion.

    Encore bravo pour cette description de qualité !

    Répondre

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  1. […] riche en détails et en expériences, une anthologie de softs qui écrivent également en filigrane l’arcade. On a donc droit à une explication par titre plutôt qu’une analyse transversale thématique ou […]

  2. […] Holmes, la plongée dans l’univers pixelisé de Simon et Ludo, ou l’immersion dans le monde de l’arcade nippon. Mais un ouvrage passionnant et complet, signé Nicolas Courcier et Mehdi El Kanafi de Console […]

  3. […] cette chronique, on a déjà revu des ouvrages analytiques ou thématiques, un artbook et même une émission TV. Manque donc notamment la bande dessinée, même si elle […]

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