Un jeu pour masochistes ?

Quatre niveaux c’est à première vue assez court, mais la longueur honorable de chacun d’entre eux rend le périple assez durable. N’y allons pas par quatre chemin, mais par quatre stages donc : Castlevania The Adventure est un opus mal aimé.

Castlevania Adventure a subi les foudres pour une raison majeure : son contrôle assez spécial. L’objectivité force à reconnaitre qu’en effet, Christopher Belmont est plus que limité dans cette aventure. Les armes secondaires ont rien moins que disparu. Vous ne pouvez désormais que compter sur votre fidèle fouet, les seuls items à collecter sont des recharges de vie (les coeurs qui d’habitude augmentaient votre arsenal sont ici des life-up), des upgrades de fouet, des pièces et des 1-UP.

Le fouet bénéficie d’un traitement nouveau également : à son apogée, il peut produire une boule de feu et ainsi permettre le combat à distance. Mais ce traitement est à double tranchant, en ce sens que chaque impact diminue la force de votre fouet ! Alors qu’auparavant, seule la perte d’une vie ramenait votre arme à son niveau initial. En gros, vous avez interêt à pratiquer avec prudence, car se retrouver face aux ennemis les plus résistants, et à fortiori les boss, avec un fouet standard…reviendrait à mettre sa main dans un mixer et espérer la ressortir intacte après usage…Syndrome Konami comparable à ce qui se faisait dans Salamander ou Gradius, où le fait de perdre son armement rend la reprise plus ou moins aléatoire.

6

5

L’angoisse à l’état pur ! Be precise or be dead !

 

Mais surtout, Christopher est doté de mouvement lourds et impossibles à rectifier une fois lancés. Ses sauts sont difficiles à maitriser et comme le jeu vous confronte à moult séquences de plate-formes d’une précision diabolique, pas étonnant que Castlevania Adventure ait récolté la réputation d’un jeu injouable à la difficulté insensée…

Voilà pour ceux qui s’en sont limités à une première approche d’un jeu qui à l’évidence accuse son âge, mais s’y insère très bien avec une exigence de contrôle très « vieille école ». Et c’est ainsi que j’accomplis ma transition vers ma thèse : Castlevania The Adventure est un jeu extraordinaire dont ce qui fait l’indigence pour certains sera précisément ce qui cause la qualité pour moi.

Pour réfuter l’argument de la trop grande brièveté du jeu, je souligne la longueur des stages, mais surtout l’ingénieux fil directeur qui les unit.

Le stage 1 se passe dans un cimetière et n’a autre intérêt que de vous rôder à la maîtrise des sauts, notamment avec les derniers passages très exigeants mais intelligemment non mortels en cas d’échec, histoire de vous habituer au contrôle de Christopher. Il y a au passage deux 1-UP à débusquer dans ce stage. Le premier boss balayé, on entame le stage 2, une crypte à vampire baignée d’un thème inquiétant avec un effet de résonnance fort à propos dans ces caves humides et farcies d’adversaires retors, ici le jeu commence un peu à mixer phases de plate-formes toujours plus précises et apparitions d’ennemis de plus en plus évolués, comme les Zeldo et leurs boomerangs, mais surtout les infects Punaguchis qui tirent avant même d’être apparus à l’écran. Ce n’est qu’àprès que le jeu devient vraiment pointu avec un stage 3 qui pour moi demeure la plus exacte définition du stress dans le jeu vidéo…
La salle de torture qui vous attend est un chef d’oeuvre dont seule une absolue maîtrise des sauts vous permettra de voir la sortie. L’infernale montée verticale vous demandera bien de la précision et de la rapidité dans l’exécution des sauts, suivie d’une section labyrinthe. Christopher devra avancer et battre les ennemis rares mais machiavéliquement disposés afin de ne pas finir embroché comme un poulet…C’est avec des stages comme celui-ci que l’on comprend pourquoi Dracula était surnommé « l’empaleur ».
Quant au dernier level, il opère une excellente synthèse des trois stages précédents : tout ce que vous aurez appris devra être impeccablement maitrisé au travers de phases de combat éprouvantes et de plates-formes très pointues, avant de prétendre à l’honneur de mériter d’affronter Dracula lui-même…

 

8

7

La gloire n’a jamais été si proche…comme la mort !

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  1. […] y a quelque temps, je rendais hommage à un jeu trop décrié sur GB : The Castlevania Adventure  alors je reprends la plume ou plus exactement le clavier pour rendre à nouveau hommage à un jeu […]

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