Le robot est une figure incontournable du jeu vidéo, et ce, dans toutes les cultures. Et même si sa représentation change très souvent sous ce format (androïde pour Detroit: become Human, armure de combat pour Armored Core, et même véhicule pour Xenoblade Chronicles X), il est généralement représenté sous deux « formes » : comme un animal, assez vif, et comme un géant de fer lourd et lent.

La différence entre les deux états se constate assez facilement sur la plupart des jeux de robots, mais je vais prendre deux séries de jeux dans lesquels le robot est l’opposé de l’autre tout en ayant la même fonction. Zone of The Enders nous montre un robot à l’allure très animale, très rapide, avec tout un tas de capacités toutes plus puissantes que les autres et quasi invulnérable. A contrario, Armored Core nous montre un robot certes très puissant mais restant fragile et lent dans ses déplacements et ses attaques. Il est plus « limité » dans sa conception que celui de ZoE.

Deux visions.

N’est-il pas beau ?

Deux représentations très différentes du robot. L’un le voit comme un être à part entière, lui donnant même un nom et une intelligence artificielle, tandis que l’autre le voit comme une simple machine, utile à l’homme mais dénuée d’intelligence et nommée en modèle. Il est réduit à n’être qu’un outil pour l’homme, alors que celui de ZoE est plus. Il l’accompagne, il le sert, il se connecte même à lui, tel un animal apprivoisé.

Et c’est là que c’est intéressant, car la frontière entre l’animal et le robot est bien souvent dépassée. Le design de certains robots de ZoE se rapproche davantage d’un animal que d’une simple boîte de conserve. Son utilité également. On pourrait aussi parler de Metal Gear Solid qui a le nom « Rex  » pour son robot et qui en plus possède un cri d’animal. De même que les boss de MGS4 qui sont tous basés sur des animaux (mais contrôlé par des humains). Le nom, mais aussi le design et l’allure. Metal Gear Rising : Revengeance a même un animal robot comme aide.

Le sauvage

Dans ZoE,  la figure animale du robot est, de plus, vu comme une entité importante et unique en son genre. Pas de deuxième Jehuty, et ce même si Anubis lui ressemble. Ils sont uniques, et s’il existe bel et bien des robots identiques dans le jeu, ils sont mineurs et il est impossible de refaire une IA comme ADA qui fait partie intégrante du Jehuty et qui s’est développé toute seule. Tout comme les animaux qui sont uniques et possèdent leur propre personnalité.

Ce côté si unique rend d’ailleurs les Orbital Frames comme Jehuty un objet de convoitise. Parce qu’ils sont puissants, originaux, les hommes les veulent absolument. Le scénario du premier ZoE tourne alors sur la possession du Jehuty, qui finira dans les mains d’un adolescent qui se voit amené dans cette guerre par hasard. Sauvage, rapide, puissant, le Jehuty est désiré par tous. Comme un animal, il est chassé, capturé, mis à mal pour être enfermé et être utilisé par les hommes. Et, comme un animal, il ne peut être contrôlé et ne laisse pas dompter.

 

Anubis, canidé robot.

La machine

Un bon gros colosse !

A l’inverse de ZoE, les robots d’Armored Core n’ont aucun autre objectif que de servir l’homme pour la guerre, il n’est qu’une arme bête et méchante et les seules différences viennent des modèles. Au-delà de ça, pas de personnalité, pas d’IA. Un simple outil. Et le fait de personnaliser notre robot dans AC ne le rend pas pour autant plus unique malheureusement. Il n’y a aucune empathie pour ces robots, puisque l’on ne fait qu’assembler des objets entre eux finalement. On ne s’y attache jamais malgré le fait qu’on l’ait construit. Mais comme il n’y a aucune autre forme de contact entre le robot et son pilote, difficile d’y voir plus qu’une simple armure de combat. Dans ZoE, le fait que le héros communique directement avec son robot et débatte avec lui est forcément une source d’attache et d’unité. Dans Armored Core, aucune chance. Un robot cassé ? On en achète un autre et on lui met des membres différents et plus puissants.

Et c’est exactement ce que peux ressentir un joueur face à ces deux formes. Comment ne pas se foutre d’une machine qui, on le sait, sera remplacée par une autre dans le prochain niveau ? Le but de la manœuvre est de vendre son robot pour en avoir un plus puissant…  Et même dans le design, ces robots ressemblent simplement à de grosses boîtes de conserves sans réelles différences. Alors comment peut-on ressentir quoi que ce soit pour ces machines, si ce n’est une course pour avoir le robot le plus puissant ?

Qui n’a pas déjà ressenti de l’empathie pour Jehuty ? En rendant le robot plus animal, il le rend aussi plus unique et attachant… avec les problèmes que ça engendre ! Perte de contrôle, refus d’obéir, voir rébellion… les risques sont nombreux et amènent forcément  à préférer des êtres vides mais dociles plutôt qu’un robot « animal » et imprévisible…

La personnalisation du robot.

Loin de moi l’idée de vanter telle ou telle forme, mais il est vrai que le côté animal et personnel du robot est quelques fois plus intéressant à contrôler que le côté impersonnel de ce dernier, ne serait-ce que pour l’attachement. Pour autant, il y a un côté jouissif à monter soi-même son robot et à en avoir un plus puissant dès qu’on le peut.

 

A retenir

Le fait de représenter le robot comme un animal ou une armure vide de personnalité montre bien que nous voyons chacun différemment le monde robotique. Certains voient ces derniers comme des compagnons plus que des machines, tandis que d’autres les perçoivent comme des simples outils. Deux visions, mais une seule utilité : servir et accompagner l’homme dans son besoin.

Sorti en 1998, Metal Gear Solid s’est révélé aux yeux du grand public, grâce à une formule assez unique pour l’époque. Titre axé sur l’infiltration, il avait notamment marqué par son scénario, son ambiance si particulière, ses personnages si attachants. Pourtant, les gens ont tendance a oublié que la saga est née dénuée de son épithète si mémorable. Bien avant cela, Metal Gear, tout court, avait déjà annoncé quelles seraient les spécificités de l’une des séries du jeu vidéo les plus importantes.

La naissance d’un mythe

Arriver en mission par l’eau, ça vous dit quelque chose ?

Disponible sur MSX2, Metal Gear proposait déjà, à l’époque, une expérience de jeu nouvelle. Limité par les contraintes techniques imposées par la console, un certain Hideo Kojima s’était donc décidé de les contourner en proposant un gameplay original. A l’heure où le succès des beat’em up et shoot’em up explose en arcade, le créateur de la série a réussi son pari en proposant une aventure où le but était, avant tout, d’éviter toute confrontation avec son adversaire. Metal Gear était donc d’ores et déjà un jeu d’infiltration, intégralement en 2D, vu de dessus. Des éléments typiques des jeux d’action étaient bien sûr présents, avec un arsenal conséquent à disposition du héros. Toutefois, la grande difficulté du jeu, la grande puissance des soldats présents, ainsi que leur grand nombre, obligeaient le joueur à réfléchir avant d’agir, sachant que lorsque l’alarme sonnait, le game over était quasiment assuré. Sans être un titre d’exception, car très rigide, particulièrement difficile, et malgré un succès assez confidentiel en Europe, ce premier jeu mettait déjà en scène les caractères qui vont faire le succès de la série. Tout d’abord, son personnage, Solid Snake, espion au service des services secrets américain, chargé d’infiltrer la base de Outer Heaven essentiellement composée de mercenaires aux activités militaires plus que douteuses, et par conséquent, dangereuses. Pour sa toute première mission, ce bleu a pour but tout d’abord de retrouver un coéquipier ayant disparu lors de la première mission en Afrique du Sud, un certain Gray Fox, dont le nom saura remuer la mémoire des amateurs de la saga. L’autre force de cet opus aujourd’hui très daté, c’est son scénario. Car déjà la trame scénaristique est développée, déjà les retournements de situation les plus inattendus étaient légions, déjà, les adversaires se démarquent par leur charisme. Evidemment, tout le monde aura pensé à Big Boss, dirigeant de l’organisation FOXHOUND, dans laquelle est intégré Snake, et qui se révélera être en réalité, le bad guy de l’histoire. Mais on oublie aussi que le Metal Gear était déjà présent, cette machine bipède doté de l’arme nucléaire, qui était la garantie pour Outer Heaven de vivre indépendamment du monde et loin de l’hégémonie militaire américaine. On remarquera aussi que certains thèmes chers à Kojima sont traités dans ce premier volet. Big Boss, héros de l’armée américaine, décide de créer de ses mains une organisation qui pourrait donner sa liberté à tout les guerriers du monde, afin d’échapper aux manipulation des politiques et des organes décisionnaires, faisant tous preuve de lâcheté, cédant à la corruption, et bafouant les valeurs auxquelles est attaché Big Boss. La menace nucléaire est évidemment traitée ici, par l’existence du redoutable Metal Gear, et l’évolution des techniques militaires est elle aussi traitée, afin d’évoquer la mutation d’un monde où la technologie, la matière inanimée, prend le pas sur l’humain. Ainsi donc, Metal Gear sur MSX sera l’épisode fondateur de la série. Les personnages sont intégrés, l’histoire prend place et ce terreau là, est propice à la création d’une suite. Pourtant, cette séquelle, Metal Gear Snake’s Revenge, et sorti sur NES en 1990, n’a plus vraiment grand chose à voir avec son aîné. Kojima ne sera d’ailleurs pas vraiment de l’aventure, et ne s’impliquera pas dans le projet. Par conséquent, adieu Big Boss, adieu le Metal Gear, tout cela est remplacé par un ordinateur particulièrement suspect responsable de tout ce grabuge. Pas vraiment intéressant, ce Metal Gear Snake’s Revenge sera d’ailleurs mis à l’écart de l’histoire officielle de la saga, afin d’éviter les interférences.

Une confirmation réussie

Une nette amélioration graphique

La véritable suite verra le jour la même sur MSX2, et s’appelle Metal Gear 2 Solid Snake. Cette fois-ci, en plein contexte de crise énergétique mondiale, le Dr. Marv découvre un substitut au pétrole. Kidnappé et emmené par les insurgés de Zanzibar Land, Solid Snake est envoyé sur le terrain toujours par FOXHOUND, mais est désormais sous les ordres du Colonel Campbell, personnage récurrent de la série. De nouveau, les adversaires dont va se défaire Snake ont un véritable background, l’histoire est toujours aussi riche retournements de situation en tout genre, qui vont faire la marque de fabrique de la saga. Ce sera aussi l’occasion de retrouver encore et toujours les fameux Big Boss et Gray Fox, revenus d’entre les morts, ainsi que le Metal Gear, développé en secret à Zanzibar Land, et qui menace de nouveau l’intégrité naturelle de la planète bleue. Au final, on se rend compte que l’histoire de ce Metal Gear 2 est exactement la même que celle de son prédécesseur, et cela est une chose que l’on va souvent voir dans la série. L’histoire est un éternel recommencement, et Kojima aime à nous le rappeler. Pourtant, Solid Snake va apprendre la réalité des événements. De nouveau, il est manipulé par des instances placées plus haut dans la hierarchie, de nouveau, il est le pantin d’une organisation qui va tout faire pour défendre ses intérêts. Il va aussi apprendre qu’il est le fils de Big Boss, un enfant particulier, qui aura hérité de toutes les forces de celui considéré comme le plus grand soldat de tout les temps. Au terme d’un combat d’anthologie, Solid Snake va abattre son plus grand ennemi, et mettre fin au danger qu’il représentait. Cela ne va pas l’empêcher de souffrir de cette opération plus que trouble, mêlant la politique américaine et les intérêts privés de certains, et qui va avoir raison de la motivation d’un nouveau héros, épuisé par les intrigues de ses supérieurs.

Vers une révolution ?

Metal gear solid, nous t’attendons !