Tout passionné de rétro-gaming a déjà été confronté à un jeu estampillé Infogrames. Cette société, au logo en forme de tatou, fait partie des rares sociétés françaises à avoir acquis une certaine notoriété dans le monde du jeu vidéo. C’est en 1983 que Bruno Bonnell et Christophe Sapet ont donné naissance à la firme qui au départ s’appelait Zboub Système (oui oui, c’était le nom au départ). La société va commencer par éditer des jeux, puis à développer et distribuer sur de nombreux supports.

Infogrames va subir montée exponentielle dans les années 1990 et va se faire connaître notamment avec ses adaptations de bandes dessinées franco-belges. Puis elle va innover grâce à Alone in the Dark, le premier survival-horror.

Petit à petit, la firme va prendre de l’ampleur, en faisant acquisition de nombreuses autres sociétés spécialisées dans le jeu vidéo, jusqu’à acquérir Atari dont elle prendra le nom. Malheureusement Atari dépose le bilan en 2013.

Ici, on s’attardera sur leurs fameuses adaptations de BD durant l’ère 16bits.

Adaptations au top

Pour ce qui est des adaptations de BD, Infogrames était le roi avec Astérix, Lucky Luke, Les Schtroumpfs, Spirou ou Tintin.

Il est clair que graphiquement, comme souvent chez Infogrames, c’est très beau, très coloré, avec une très bonne diversité d’environnement. Les jeux profitent de très beaux effets visuels et d’un bestiaire bien animé.

Infogrames réussissait toujours l’exploit de retranscrire l’univers des BD grâce aux environnements, aux personnages, à l’ambiance tout en respectant l’esprit. Visuellement, c’est toujours bluffant, on est plongé en plein dans les tomes des BD, il y a un gros respect des univers.

Leurs jeux étaient clairement destinés au fan des bandes-dessinées. Même s’il se peut que parfois les jeux s’inspirent plus de la série animée qui découle des BD, que des BD elles-mêmes. La retranscription était bluffante, il n’y a qu’à voir ces jeux tourner pour en avoir la preuve.

Souvent, ils prennent de grosses libertés concernant le bestiaire. En effet, on se retrouve avec des « ennemis » qu’on ne retrouve pas dans les BD, même si parfois cela suit une logique. Comme dans Astérix où l’on peut affronter des abeilles dans la forêt, des scorpions dans le désert ou des chauve-souris dans une grotte, ce qui permet de ne pas affronter des Romains tout le long du jeu et de casser la répétitivité.

En ce qui concerne le côté sonore, on va du bon au moins bon. Il faut déjà savoir qu’à l’époque les puces sonores n’étaient pas au top (surtout en ce qui concerne la Megadrive), mais certains développeurs ont su bien exploiter leurs capacités.

Certaines bandes son sont variées et plaisantes. Comme les musiques de Spirou sur Snes qui ne sont pas exceptionnelles mais agréables à écouter. D’autres sont beaucoup trop répétitives. Et d’autres encore enchainent des musiques moyennes voire de mauvaise qualité.

C’est assez drôle de voir que certains bruitages sont les mêmes entre les jeux, la réutilisation des bibliothèques de sons était assez courante. C’est même parfois déroutant lorsque l’on enchaîne des jeux, de retrouver les mêmes types de sons.

Mais pourquoi est-ce si difficile ?

Les jeux Infogrames ont une qualité commune, ils sont tous fidèles à l’œuvre dont ils font l’objet mais ils ont également le même défaut, leur difficulté.

Voilà des jeux qui donnent beaucoup de fil à retordre. Il faut être extrêmement précis avec les sauts, il faut être rapide, agile et observateur. Concrètement, il faut avoir beaucoup de skill, de patience et s’acharner pendant des heures. Les finir devient presque une corvée.

Il fallait souvent consulter une soluce pour pouvoir en venir à bout. Il faut se souvenir qu’à l’époque, pour avoir une soluce, il fallait chercher dans les magazines, Internet n’était pas encore là. Du coup si on se retrouvait bloqué dans un niveau et qu’on ne trouvait pas la soluce dans la presse, on était foutu. Soit il fallait attendre un bon moment le temps que la soluce soit publiée soit, si on avait de la chance, demander à un ami qui avait le jeu, de nous aider.

Pourtant, souvent, le level design est bien pensé, les niveaux sont bien construits. Les séquences de jeu sont variées, elles suivent souvent les scènes de la BD, on mélange de la plate-forme, de l’action et des « énigmes ».

Cependant les hitbox sont assez mal gérées ; il va falloir jouer au millimètre près pour taper sur les ennemis, la plupart du temps on se fait toucher en essayant de les éliminer. Comme par exemple dans Astérix sur Snes où il n’y a qu’un coup qu’il faut donner lorsqu’on est très proche de l’ennemi. Ou alors il va falloir tout faire pour éviter des ennemis qui ne semblent pas être des ennemis, comme les serveurs, les enfants, la cloche ou l’ombre dans Tintin au Tibet. Ou comme dans Tintin et le temple du Soleil sur Snes où les ennemis se cachent dans les bilboquets des enfants.

On a l’impression que les développeurs étaient un peu vicieux avec ces sauts au pixel près et une visibilité limitée où on se demande ce qu’il faut faire ou comment le faire, ces passages sont mal pensés. D’ailleurs, les « combats » sont une vraie plaie, on se fait toucher juste parce que l’on veut taper l’ennemi, on a parfois même pas le temps de réagir. Comme dans Astérix et Obélix sur Snes où il y a un niveau où des ennemis tombent sur nous ou courent vers nous et que l’on a du mal à éviter. Il faut dire aussi que la maniabilité est souvent plus que limite voir mal accordée.

La difficulté vient également des systèmes de sauvegarde qui ne sont pas très au point. Il y a pas mal de soucis avec cette quasi-absence de password pour passer les niveaux, voire leur absence tout court. Comme le système de combinaison à retenir de Spirou. Ou alors les codes de sauvegardes disponibles que tous les 3 ou 4 niveaux. Et lorsque l’on perd, on recommence souvent tout le niveau, de même que parfois, le game over est définitif.

Ces jeux deviennent alors frustrant tellement ils sont durs. La difficulté semble presque malsaine et va faire s’arrêter bon nombre de joueurs. Certains niveaux ont une difficulté presque légendaire, pouvant vous faire frôler l’infarctus.

On se dit que la cible de ce genre de jeux, à l’époque, était les enfants. Mais il faut se demander s’ils ont réellement été programmé pour cette cible. Surtout que parfois, le premier niveau est simple et dès le second apparaît un pic de difficulté fou où la majorité des enfants s’arrêteront.

On peut dire que ce sont souvent de bons jeux de plateforme, mais pas de grands jeux. Clairement, il ne faut pas comparer ces jeux de plateformes à un Mario ou à un Sonic, on n’est pas dans la même catégorie.

D’autres adaptations ?

Infogrames a su sortir de superbes jeux sur les consoles 16bits avec des qualités indéniables, mais lorsque les softs sont transposés sur des plateformes moins puissantes (comme la GameBoy et les consoles 8bits), cette qualité se voit bien amoindrie. A part quelques exceptions, la plupart des titres sont assez banals.

Avec l’évolution des consoles, il a fallu s’intéresser à ces nouvelles plateformes. Des tentatives sur PSone avec Tintin Objectif Aventure ou même sur Gameboy Advance n’ont pas été très fructueuses.

La société ne s’est pas intéressé qu’aux bandes-dessinées franco-belges, ils ont développé pas mal de jeux différents. On pourrait parler de la bande dessinée Les Tuniques bleues, dont ils ont fait une adaptation en 1989.

A retenir

Infogrames a beau être descendu en flèches par de nombreux joueurs, cette société a permis de montrer que la France avait sa place dans le monde du jeux vidéo parmi les géants japonais et américains. De plus, ses adaptations de BD ont permis à de nombreux enfants (et adultes !) de redécouvrir leurs bandes dessinées sur leur écran.

Salut mon serpent.

Quand j’étais minot, j’étais ce que l’on peut appeler un bon élève. Et même un très bon élève ! Aujourd’hui, on dirait un nerd. Et c’est vrai que je ressemblais pas mal à ça : binoclard, boutonneux, nul en sport, nul en drague, et par contre incollable sur les sujets qui me tenaient à coeur, sujets parmi lesquels figurait le jeu vidéo bien sûr, mais pas que. J’avais lu Lautréamont à quatorze ans. Je m’intéressais déjà la politique en me demandant pourquoi ces porteurs de cravate à l’Assemblée de permettaient de décider pour d’autres personnes. Bref, j’étais une parfaite caricature, et aujourd’hui je m’en rends compte tout en l’assumant parfaitement. Bon, je suis sans doute toujours une caricature, après tout je suis très béret-baguette, et également un râleur professionnel, un peu comme Astérix tiré de son sommeil par les fantômes sur la Plaine des Trépassés. Bref je n’ai pas beaucoup changé, j’ai pris environ soixante-dix kilos et perdu ma pilosité, mais à part ça, ton Yace de 2018 n’est pas si différent du Yace de 1992/93. En ces temps reculés, j’étais également très excité par l’interdit, et notamment celui de la Game Boy en pleine nuit, caché sous la couette avec une lampe de chevet à côté afin d’éclairer l’écran…

J’avais bien demandé à mes parents de m’acheter la lunette éclairante, mais va savoir pourquoi, ils avaient plus ou moins sèchement refusé d’accéder à ma doléance. Sans doute pour que je ne joue précisément pas la nuit ! Pourtant, tout était calculé : je ne jouais de nuit que les lundis et jeudis, car le mardi matin, je n’avais que cours de maths puis de physique, et le vendredi matin, on commençait la journée par deux heures dEPS, parfaites pour roupiller un peu et donc être fin prêt pour le cours de Langue Vivante 1 juste après. Et oui mon Serpent, même dans la transgression, je raisonnais déjà en termes de priorités, et jamais je n’ai pris le risque de me retrouver fatigué pour un cours de français, de langue ou d’histoire. Même le latin, langue morte de son état, aura toujours été pour moi plus vivante que cette langue étrangère que sont les mathématiques ! Oui mon serpent, mais tu le sais déjà, j’ai toujours été plus sensible aux belles figures de la langue française qu’aux belles figures de la langue algébrique…Bon, il faut reconnaître que même si ce n’est pas de bon ton, j’ai couplé transgression et jeu vidéo, et c’est un délicat frisson de jouer de nuit quand on a quinze ans, encore plus grisant que celui de regarder le film érotique de M6 le dimanche soir. Cependant, il est des fois où mieux vaut ne pas trop prendre ses géniteurs pour des canards boiteux, car après bien des transgressions réussies (et de sommeil récupéré en lieu et place de faire le triple saut ou d’apprendre les vecteurs), j’ai fini par me faire choper.

Et la sanction est tombée aussi sèche qu’un coup de trique : confiscation de l’engin et du câble Péritel de toutes mes consoles, afin de m’apprendre un peu la vie. Et pourtant, mon culot était un culot raisonné, car aujourd’hui, je ne souffre guère d’être infoutu de courir le 100 mètres en moins de quinze secondes, ni d’être aussi doué pour les maths que BHL pour l’intelligence. Mais j’aurai sans doute été beaucoup plus malheureux de n’avoir pu maîtriser ces jeux sur NES, Game Boy, Super Nintendo,Master System et Megadrive ! Car oui mon adorable confident, parmi les jeux qu’aujourd’hui encore je suis à même de finir à chaque partie, figurent bon nombre de ces titres que j’ai précisément connus en cette période. Il y a bien des jeux que j’ai finis depuis, mais entre un jeu que je finis pour le finir et un jeu que je garde en mémoire -et à coeur !- depuis un quart de siècle, il y a un écart… Alors pourquoi ce nouvel état de rabâchage ? Tout simplement pour te dire mon Serpent que la semaine passée, en me levant pour aller pisser (car la nuit quand on a envie de pisser on n’a pas d’autre choix, ou alors il faut faire tourner la machine à laver en plus de passer une nuit dans des draps souillés), j’ai entendu un son feutré qui s’échappait de la chambre de mon gamin, qui a l’âge que j’avais entre 1992 et 1993… Et je l’ai ainsi gaulé à 3h46 en train de jouer à Paper Mario ! Et quelle fut ma réaction ? Lui retirer l’engin et de l’en priver pour une semaine !

Et non, je préfère ne pas trop y réfléchir, je n’ai pas changé, point. Ou alors si, un petit peu quand même.

Franchement, le temps qui passe pousse à bien des interrogations. Je deviens non pas un arroseur arrosé…Mais un arrosé arroseur ! Subtil, n’est-il pas ? Et que devrai-je dire le jour où mes petits-enfants se plaindront que leurs parents leur auront confisqué leur console ultra HD 4096 bits avec détecteur d’ADN incorporé ? Plus que jamais, penser à l’avenir m’effraie, me rebute. Allez, revenons en 1992 !

Yace, vieux grincheux pas si vieux.

POST SCRIPTUM : ce 30 mars 2018, le seul Président que j’aie jamais soutenu et aimé, Christophe Salengro, nous a quittés. Un Président qui contrairement à tous les autres sans exception, n’aura jamais dit de conneries ni sur les jeux vidéo, ni sur tout autre sujet. A toi Président, je te souhaite un apéro éternel, mais qui sait ! Puisque tu es mort un Vendredi Saint, peut-être vas-tu ressusciter le lundi de Pâques, mais j’en doute fort malheureusement…

ALLEZ SALUT, ET BANZAI !

Notre Président
Christophe SALENGRO
9 aout 1953-30 mars 2018

 

Bienvenu dans la nouvelle émission du Serpent Rétrogamer : Les jeux de mon enfance. Présenté par Bramz, nous allons revenir sur des jeux des années 80-90 par le spectre de la difficulté.

Notre Bramz international va jouer à des jeux dans une difficulté très élevée, parfois même en se lançant des défis ! Le tout en direct sur notre chaine twitch (http://www.twitch.tv/lsretrogamer).

Vous retrouverez sur Youtube les meilleurs moments de ce live ! Il s’agit de la toute première émission ! Nous allons bien sur nous améliorer au fur et à mesure du temps.

Je vous invite à aimer la vidéo et à la partager !