Amis gamers, retro ou non, l’heure est grave. En fait, ça fait un moment que ça dure. La démocratisation du jeu sur support connecté à internet aura vu l’apparition d’une pratique commerciale assez méprisable : la technique du jeu en kit. Oh, pas immédiatement, non. Au début, c’était du vrai contenu additionnel téléchargeable qui nous était proposé, du DLC, soit des aventures autonomes et facultatives, des possibilités de prolonger l’aventure, des cerises optionnelles sur un gâteau dont on avait apprécié le goût… Mais ça, c’était avant. Assez rapidement, on a vu apparaître, au lieu de l’obtention d’un contenu optionnel externe, un déblocage payant de contenu déjà sur la galette – donc du C même pas DL – et là, c’était déjà limite. Et on ne parle pas d’éléments cosmétiques, on parle de personnages verrouillés dans des jeux de combats, de vaisseaux dans des shmups, de stuff cheaté dans des jeux en ligne, bref, du contenu sérieux, qu’à une époque reculée on débloquait à coups de skills et non à coups de carte bleue. Et l’on se souvient tous de l’affront Arkam City avec le personnage de Catwoman bloqué par un code, ainsi que l’aventure qui allait avec et qui complétait celle du Dark Knight, histoire de casser le marché de l’occase! Bref, les pratiques cradoques diverses et variées se démocratisent, et ma foi, tant que le gamer ne boycotte pas, le commercial rempile!

Ce qui nous amène à aujourd’hui, où la distinction entre stratégie commerciale et extorsion pure et simple a la vie dure. Destiny flirte déjà dangereusement avec le concept du jeu en kit en proposant la fin de son jeu en DLC. On pourrait croire à une blague, un troll, et pourtant, ceux qui ont testé ne peuvent que confirmer la chose. Et c’est maintenant au tour de Techland de forcer la main des gamers via une stratégie plus que douteuse. Le FPS horrifique Dying Light, annoncé pour janvier 2015 – et qui semble prometteur, soit dit en passant -, se verra targué d’un mode particulièrement excitant, Be The Zombie, où l’on incarnera un zombie boosté aux hormones, le Night Hunter, grâce auquel on pourra s’incruster dans les parties des autres joueurs et malmener leur caleçons en les faisant chier de trouille… Enfin, on pourra, c’est vite dit. Car ce mode sera exclusivement réservé à ceux qui auront précommandé le jeu! Et là, c’est le coup de trop, la goutte de pipi dans le verre à moité vide qui tant va à l’eau que la masse de mousse qui roule sur le colombin baveux du crapaud… euh, bref, je dis non! NON!

Ce n’est pas de l’info retrogaming, et pourtant, indirectement, ça l’est. Car les rétrogamers ont connu l’époque pas si lointaine où les jeux n’était vendus qu’une fois terminés, où l’on pouvait prétendre à profiter d’un jeu en entier sans avoir à acheter des suppléments à répétition. Et cette époque fait désormais office de retromarketing, de Paradis Perdu, à l’image des jeux qui ont marqué cette époque bénie. Le DLC day-one était déjà limite foutage de gueule, mais là, on retire littéralement du contenu pour le réserver à ceux qui paient. Pire, on opère une inversion des valeurs en faisant croire qu’on offre du contenu bonus à ceux-ci, alors qu’au contraire, il s’agit de priver TOUS LES AUTRES, soit une grande majorité de gamers de tous poils, d’un contenu auquel ils devraient pouvoir légitimement prétendre. Techland va-t-il faire son Microsoft et nous dire que c’était un malentendu, ou persévérer dans le mode vaseline and sand ? Affaire à suivre…

En attendant, jugez par vous même : s’agit-il d’un contenu additionnel bonus ou plutôt d’une partie du jeu dont tout acheteur, préco ou non, devrait pouvoir légitimement profiter ?

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