D4-1

En 2014 après Jésus Christ, toute la ludothèque Xbox One se retrouve sur PC. Toute? non! Car certains jeux résistent encore et toujours à la transition forcée. Dark Dreams Don’t Die est de ceux là, et à ce moment m’avait beaucoup intrigué en temps que joueur. Un jeu épisodique mêlant enquête policière et voyage dans le temps, il y avait de quoi se laisser tenter. Par chance en 2015 celui ci sort sur Steam. Le jeu est il à la hauteur de son ambiance?

DAVID YOUNG / X ANS / VOYAGE DANS LE TEMPS

Amanda, mi-chatte mi-folle

Amanda, mi-chatte mi-folle

le jeu de Access Games (Ace Combat, Deadly Premonition) vous plonge dans la vie de David Young. Policier à la PJ de Boston et tout juste marié, sa vie bascule lorsque sa femme (Little Peggy) se fait froidement abattre dans la salle en sa présence, en représailles de son implication dans l’enquête sur la drogue Red Blood. Juste avant de mourir toutefois, elle énonce une dernière phrase : Recherche “D”. Cet événement le transforme (évidemment) en drogué et alcoolique notoire, mais avec une particularité. Grâce à des objets appelés mementos, souvent des choses en lien direct avec des enquêtes passés, notre héros peut aller dans le passé pour espérer changer le cours des choses et sauver sa bien aimée. Il sera « aidé » par deux personnages ayant chacun leur fort caractère. D’un côté nous avons Amanda, une jeune fille qui habite avec David dans le même appartement, avec comme particularité de se prendre pour un chat. C’est en quelque sorte le side-kick rigolo du jeu, avec le personnage principal devant gérer des problèmes d’animaux de compagnie…faisant 1m75. Et de l’autre côté nous avons Forest Kaysen alias Teddy, un flic bourru, qui d’ancien partenaire de la PJ devient le meilleur ami du héros qui lui a décidé de tout quitter. Par contre il croit difficilement à cette histoire de memento et de voyage dans le temps, et tente de raisonner David, sans succès. Teddy va donc proposer à son ami de revenir sur une ancienne enquête qui pourrait l’intéresser, où un avion s’est fait subitement foudroyé provoquant la disparition comme par magie d’un passeur de drogue. De plus, l’officiel des services Américain chargé de son escorte a été tabassé à mort, son badge recouvert de sang ayant été retrouvée.Après que Young ait d’abord refusé, il accepte de se replonger dans ce fait divers après que son pte de flic lui précise que le passeur…est lié au Red Blood et connaît le mystérieux « D ». David se cache alors dans sa salle de bain, et revient dans le passé avec son memento. Il arrive dans le vol et va à la fois résoudre l’enquête sur le crime, et son questionnement personnel.

D4 EST LOUFOQUE

et les personnages secondaires ne sont pas mieux

et les personnages secondaires ne sont pas mieux

Cet amorce de l’histoire est classique mais une fois en jeu de nombreuses découvertes seront faites. L’aventure de D4 se divise en deux parties : l’appartement de David Young et le passé. Côté appartement, c’est le background des personnages, et l’histoire plus lointaine de la mort de Little Peggy qui est abordée. Cela nous permet de nous familiariser avec le gameplay, qui est on ne peut plus simple : on se déplace, on fouille et on discute. Par moments le rythme s’accélère avec des passages en QTE (action rapide demandée), et je serais plus précis en parlant de phase mi QTE/mi Elite Beat Agent. Pour info Elite Beat est un jeu de rythme sorti sur DS, qui demande de touche l’écran à certains moments ou de tracer des lignes sans lever le stylet. D4 reprend un peu ce principe sans tactile, et le premier exemple est la bataille avec Amanda qui s’énerve et se met à cracher sur le héros. Ce moment là excepté, cette dernière vous permettra d’acheter des objets pour remplir trois jauges. Tout d’abord la jauge d’endurance, qui influe assez peu directement sur le gameplay, mais qui sera tout de même dangereuse si elle est vide, car elle entame la barre de vie. Cette deuxième info parle d’elle même, et la vie descendra à la moindre fausse action du joueur. Enfin la juge de vision est la transposition d’une aide de jeu, se manifestant par une surbrillance des indices/objetctifs à réaliser. Et ce n’est pas du luxe car la phase enquête peut se montrer parfois déroutante, car vous rencontrez des personnages tarés. Entre la psychopathe qui pense que le moindre bruit est synonyme de mort, le stewart qui se drogue devant les passagers ou encore le top model amoureux d’une statue dorée, on a plus l’impression d’être devant la cour des miracles qu’en enquête. On essaye tant bien que mal se recueillir à la fois des informations pour Teddy mais également sur le Red Blood. Comme dans la série Life On Mars il est très compliqué de savoir si le héros délire, remonte dans le temps ou est mort en même temps que sa compagne. Et malheureusement le peu de ventes n’a pas donné pour le moment de saison 2, et même si l’aventure est plutôt intéressante et contient ses rebondissements, le jeu est très court, avec des baisses de rythme du au format épisodique. Et ce n’est pas le seul reproche que l’on peut faire au jeu.

D4 EST DATÉ

Un QTE façon "D4"

Un QTE façon « D4 »

La jouabilité a été légèrement évoqué auparavant mais une précision est à apporter. En effet, le jeu a été pensé à la base pour être joué avec Kinect. Afin de transposer le jeu sur PC, tous les contrôles ont été adaptés pour n’utiliser que la souris et le résultat est rigide. On ne peut pas comme dans un point’n’click classique cliquer où l’on veut pour avancer, il faut cliquer sur des « icônes de pas » précises. Pour tourner la caméra, il faut cliquer sur les rebords de l’écran, ce qui rappellera des  bons souvenirs aux joueurs de Myst (1993). Les phases de « QTE » quant à elles, notamment le moment où il faut suivre des flèches, pêchent moins par leur ancienneté que par un problème de portage direct. Plus précisément, ce qui se faisait d’un geste sur One, demande mettre la souris à la base de la flèche, cliquer et bouger dans la direction demandée. Cela donne un manque flagrant de précision, et dans un moment de rapidité, on a tout sauf le temps de faire dans le détail.  Rien de pénalisant en soit, mais nous sommes en 2015 et les plus exigeants laisseront tomber le jeu rapidement. Le côté vieillot est également présent dans les graphismes, faisant plus penser à du Telltalle Games en petite forme (développeur entre autres de The Walking Dead). Je sais qu’un site faisant la comparaison avec du rétrogaming ne devrait pas s’attarder sur ça, mais lorsque le développeur sort un jeu sur la dernière génération de console, et que pour sa version pc ce dernier demande une carte graphique de 400 euros, il y a de quoi râler sur le résultat : les modèles son moches, les animations parfois étranges et l’aliasing se sent comme chez lui. L’ajout du Cel-Shading par dessus ne fait que renforcer les imperfections techniques, qui ne remet pas en cause toute la Direction Artistique, mais nous renvoie quelques années auparavant. Enfin comme dit plus haut, le fait que le jeu ne soit qu’une saison un avec seulement un prologue et deux épisodes font que l’immersion progressive du joueur est stoppée par un énorme retournement de situation, coupé net par le générique. On termine donc l’aventure avec un gros « seulement? » qui nage dans notre cerveau, surtout que le jeu ne mérite pas vraiment l’appelation d’OVNI : c’est un point & click sympathique, avec une ambiance très bonne, mais trop court et pas assez bossé.

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