Dino Dini’s Kick Off Revival

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L’attente était là, curieuse, nostalgique. Mais au final, elle est malheureusement déçue. Non, on ne parle pas de l’Euro 2016, quoique… Depuis son annonce, Dino Dini’s Kick Off Revival avait suscité un intérêt certain chez les geekeux-footeux vieux de la vieille (espèce rare, mais ô combien inestimable). Revenir aux fondamentaux, à du gameplay 90s et sortir un peu du schéma FIFA-PES, tout en attendant de voir de nouvelles idées implémentées et une évolution douce mais significative, voilà ce que l’on était en droit d’espérer de ce remake/reboot/revival. A vrai dire, cela semble difficile à définir. Explications.

Fondations

En 1989, Dino Dini sort Kick Off sur Amiga, Atari ST, Amstrad CPC, MS-DOS et ZX Spectrum (puis sur consoles de salon à partir de 1991). Le choix de la plateforme originale, l’ordinateur, est judicieux par rapport à l’installation des machines dans les foyers d’alors. Mais il a fallu au concepteur vénéré l’intelligence d’optimiser la mémoire et un gameplay à un seul bouton et au joystick pour proposer une expérience consacrée essentiellement au jeu. Au football. La simulation de ballon rond va être alors complètement bouleversée et Kick Off devenir un étalon du genre dont les plus grandes séries seront les héritières. Le point de basculement dans l’histoire du jeu vidéo de football se situe certainement là. Le ballon n’appartient plus aux pieds du joueur, mais à l’espace. Il possède sa propre physique, dessine ses contours avec des trajectoires brossées. Il appartient alors au joueur de prendre le contrôle des jambes du sprite, de penser que le cuir est une entité indépendante qu’il ne faut pas oublier, de doser ses courses et ses changements de direction. Un peu à la manière d’une boule maniée et poussée par « une queue de billard, prolongement virtuel de la jambe du footballeur », comme le dit Julien Fyot dans Football Stories. Kick Off a probablement connu son pic de popularité avec sa seconde itération.

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Le bébé de Dino Dini fera évidemment des enfants (Player Manager, Goal! considéré par beaucoup comme le véritable troisième et meilleur épisode Kick Off et Dino Dini’s Soccer), des fans et surtout, des émules. Sur un plan plus personnel, je me souviens surtout avoir passé un nombre important d’heures, dans ma chambre des quartiers Nord de Marseille, à tâter de ce gameplay curieux. Difficile, mais suscitant l’envie de le comprendre et d’en savoir plus, sur ma Master System, et jouant à… Champions of Europe, jeu officiel de l’Euro 92 (cela ne nous rajeunit pas). Clairement inspiré de la simulation de Dino Dini, ce titre était, parmi tant d’autres, le représentant d’une génération où diriger ses petits footeux dans huit directions différentes avec une vue de dessus et un radar donnant la position des sprites, tenter de construire un circuit de passes, placer une petite accélération en poussant le ballon devant soi et tromper le gardien sur une frappe des familles bien brossée, étaient devenues des pratiques incontournables. On oppose souvent à Kick Off et le rival et successeur Sensible Soccer qui proposait une vue plus large, un jeu à une touche de balle, un large éventail de compétitions officielles et personnalisables, plus de possibilités tactiques, un contrôle du cuir conditionné par les caractéristiques du footballeur et un mode management (à ce propos, un nouvel épisode de la série créée par Jon Hare et Chris Yates est attendu pour 2017). Un autre étendard d’une génération où un jeu vidéo se construisait souvent grâce à la passion, aux idées et au travail de quelques personnes seulement.

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