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Dix incontournables sur Game Gear pour les vacances et même après

Le principal argument de la console portable de Sega résidait en son écran couleur retro-éclairé, puis après en la possibilité via un adaptateur de jouer sur Game Gear aux jeux de la Master System. Cependant, bien des écueils ont frappé la portable : arrivée en Europe en juin 1991 alors qu’une autre portable était déjà confortablement installée en position de leader de par sa primauté, une ergonomie infiniment moindre, catalogue de jeux considérablement plus réduit…Et au surplus, deux défauts conceptuel rédhibitoires pour un support portable, à savoir une autonomie très limitée  ainsi qu’une usure inexorable des composants, entrainant à terme le moins bon fonctionnement de l’écran. Le tout couronné par un prix bien plus élevé.En dépit de ces inconvénients donc, la Game Gear dispose tout de même d’une ludothèque honorable qui recèle son lot de perles plus ou moins connues, et aura à jamais pour elle d’avoir été la première console portable couleur (elle était arrivée au Japon en octobre 1990), là où Atari tentera bien infructueusement de pénétrer le marché avec une Lynx puissante mais souffrant encore plus de défauts d’éclairage, et là où la PCE GT n’était finalement qu’une relais portable pour Hu-Card.

Pengo Un classique en guise de test 

Sega a contribué activement au monde de l’arcade. Sa nouvelle console portable arrivée, quoi de plus évident -et de plus facile- que donner à ce support une réputation grâce au portage de hits arcade maison ? C’est bien en ce sens que Sega dotera sa Game Gear d’une version d’un vieux carton des salles obscures : Pengo. Pengo est clairement de ces vieilleries ludiques dont la qualité mise plus sur l’immédiateté de sa prise en main et la simplicité de son principe que sur une débauche d’effets visuels : cousin lointain de Pac-Man, Pengo met en scène un brave pingouin prisonnier de dédales infestés de vilains méchants mortels au contact. Chaque tableau s’achèvera quand votre pingouin aura réussi à le vider de ses occupants…en les écrasant contre les parois grâce à ces mêmes parois mobiles ! Le jeu est long, addictif et peut tant se jouer pour le plaisir que dans l’optique d’une performance, bref : succès en arcade, Pengo remplissait également toutes les conditions pour être parfaitement adapté à un format portable. Clairement un ancêtre certes, mais une parfaite illustration de l’efficacité d’un principe simple sur un support portable, Pengo est devenu un classique, récréatif et exigeant, dont les derniers tableaux réclameront sang-froid, analyse et rapidité comme peu de jeux savent le faire.

Sonic Même sur console portable ! 

Maintenant que Sega est également engagée sur le terrain des consoles portables et qu’ainsi la guerre des consoles se poursuit donc partout, des transports en commun aux salles de classe, il semblait couler de source que la mascotte de Sega s’arrêtât sur ce nouveau support ! Enfin, s' »arrêter » n’est pas le terme le plus adéquat, car le passage au format portable n’a en rien entamé la vélocité de ce hérisson bleu qui vient prouver les capacités de la Game Gear ! Très proche de la version Master System, dont elle ne se différencie que par des détails graphiques mineurs, la déclinaison Game Gear de Sonic n’a en rien souffert et au contraire, nous offre un jeu haut en couleurs et très maniable. La seule conséquence relativement fâcheuse de cette transposition sur console portable réside en une fenêtre de jeu plus réduite, à laquelle les sprites ne se sont pas adaptés comme l’avait fait Mario dans sa première aventure sur Game Boy, d’où une facilité accrue pour cause d’ennemis moins nombreux. Sonic sur Game Gear est en effet un pur parcours de plates formes avec les affrontements récurrents contre le méchant Dr Robotnik. Mais pour sa première incursion sur console portable, Sonic réalise une entrée fracassante qui semble tout de même étudiée pour les débutants et les jeunes enfants, loin de l’image branchée et rebelle du héros sur Megadrive.

Power Strike II Le shoot them up classieux même sur portable

 En dépit de l’identité de leurs titres, les versions Game Gear et Master System de ce jeu sont très différentes. La version console de salon était d’ores et déjà un chef d’oeuvre, cet épisode sur Game Gear ne le sera pas moins. Genre peu représenté sur la console portable de Sega, le shoot them up ne brille en outre guère sur cette console, mais c’était compter sans le savoir-faire de Compile qui avait dès lors acquis une certaine notoriété dans le cercle fermé des amateurs de shoot them up sur console. Et avec ce Power Strike II (également connu sous le titre GG Aleste II), l’éditeur démontre à nouveau à quel point il sait s’adapter aux exigences des supports tout en repoussant leurs limites. Power Strike II est un shooter haut en couleurs et d’une grande beauté visuelle, qui se paie le luxe d’afficher de multiples sprites travaillés et typés sans que ni l’animation ni la visibilité à l’écran ne s’en trouvent altérées. Les niveaux s’enchainent sans se ressembler et sont entrecoupés de phases bonus de grande tenue, et l’on se prend ainsi à ce rythme soutenu qui entraine le joueur vers une fin de jeu très éprouvante et des ennemis féroces et superbes. Le jeu est de plus d’une difficulté bien dosée et saura s’adapter à tous les joueurs, et comme tout Aleste, il se double d’une dimension stratégique dans la construction de l’attaque. On est loin du shoot them up formaté et routinier, qui hélas est la plus exacte définition du genre sur la portable de maitre Sega… Avec ses boss grandioses et son action intense, Power Strike II sur Game Gear est un véritable bijou de shoot them up portable. Compile aura donné leur meilleur shooter vertical à la Master System, à la Game Gear, ainsi qu’à la Megadrive et à la Super Nintendo.

Defenders of Oasis Un RPG de charme 

Le RPG est un genre à part sur portable. L’histoire de ces jeux se mesure à leur complexité et à leur caractère envoûtant, pour donner une aventure qui se doit d’accompagner le joueur…Et quoi de mieux qu’un support portable pour progresser à tout moment et en tout lieu ? La Game Boy avait Mystic Quest, la Game Gear a quant à elle le sublime Defenders of Oasis, version portable d’un RPG similaire à un Phantasy Star tout en se démarquant par son univers. Univers unique pour ce jeu à une époque où les RPG flirtaient dans leur immense majorité avec l’Heroic-Fantasy : ici, l’aventure se déroule dans le monde charmeur et enchanteur des Mille et Une Nuits. Univers subtilement transposé au gré d’une épopée riche en rebondissements. De plus, la prise en main du jeu est très simple et permet de solides combinaisons de magies et rend les combats à la fois techniques et instinctifs, ce qui contribue au rythme de l’action. Defenders of Oasis est un bijou de RPG portable qui, malgré de très bonnes critiques à sa sortie, ne réussit pas à obtenir la renommée qu’il méritait. Le genre de jeu que l’on redécouvre en se demandant pourquoi on ne l’a point connu plus tôt…Même s’il est vrai que la décidément trop faible autonomie de la Game Gear constituait pour ce jeu un handicap majeur.

Columns Challenger de Tetris 

La Game Boy était proposée avec l’inépuisable Tetris dont elle a largement contribué à la renommée. Logique d’affrontement, Sega proposera avec sa console portable un autre jeu d’action-réflexion selon la terminologie de l’époque, à savoir : Columns. Les atouts d’un jeu de ce genre les rendent parfaitement adéquats à un support portable : idée simple, gameplay instinctif, challenge présent et inépuisable : si Nintendo avait réussi à associer sa Game Boy au Tetris précité, Sega ne sera pas en reste avec son Columns qui calque trait pour trait ce qui fait l’attrait du puzzle game de Bullet Proof Software . Deux modes de jeu sont offert, l’un consistant en une boucle d’endurance, l’autre en un exercice de réflexion visant à détruire un bloc particulier, et comme de juste difficilement accessible…Et pour décidément ne guère laisser l’avantage à son concurrent sur Game Boy, Columns propose également un mode deux joueurs, qui en rend la durée de vie rien moins qu’infinie. Là où Tetris commandait de faire des lignes, Columns fonctionne selon un système de regroupement d’éléments de même couleur. 3 couleurs identiques côte à côte feront disparaitre les blocs en question. Le jeu prend toute son ingéniosité dans les alignements certes (horizontaux, verticaux ou en diagonale), mais voit son étendue décuplée par les possibilités d’enchainements qui boosteront les scores ! Des blocs pouvant en entrainer d’autres, à vous de provoquer réactions en chaine sur réaction en chaine. Tout l’aspect réflexion poussée se manifeste dès lors, comme lorsque l’on s’affaire à la construction d’un monticule afin de faire un Tetris ! Bref, un jeu qui réussit le pari pourtant difficile de directement concurrencer l’exemplaire Tetris sur son propre terrain, celui du puzzle Game à emporter partout avec soi.

Sonic 2 Encore plus fort ! 

Si le premier Sonic de la portable de Sega capitalise rien que sur son nom son statut d’indispensable, sa suite le dépasse totalement, ce qui augure du meilleur ! Sonic 2 sur Game Gear est un jeu tout à fait différent de son homologue sur Megadrive. Ici, Sega n’a évidemment pas renouvelé l’exploit d’un mode deux joueurs, mais grâce à une pirouette scénaristique, Sonic 2 s’insère parfaitement dans la chronologie des aventures du hérisson bleu. Tails, le nouveau personnage jouable sur 16 bits, tient ici un rôle moins enviable : celui du captif à délivrer. Et pour ce faire, Sonic devra récupérer les six émeraudes du chaos et les remettre au vilain Dr Robotnik, qui tient lui le rôle du ravisseur. Ce scénario a une conséquence : les boss de fin de niveau ne seront donc plus les machines du Dr Robotnik, (pourquoi viendrait-il vous mettre des bâtons dans les roues alors que vous travaillez en quelque sorte pour lui ?), mais de nouvelles créatures robotiques très esthétiques, ce qui apporte une variété nouvelle et rompt les codes classiques en vigueur dans les autres Sonic. De plus, le jeu est tout aussi ingénieusement construit, et obligera le joueur désireux de voir le véritable dernier niveau à avoir tout trouvé auparavant ! Joueurs dilettantes, faudra faire des efforts…car le jeu est bien plus difficile que son prédécesseur. Après un début modeste, le jeu devient rapidement un enchantement et un délice de jouabilité et de vitesse réellement impressionnant sur Game Gear. Les phases en véhicule rappelleront aux joueurs qu’il fut un temps où Alex Kidd lui aussi brillait de tous ses feux ! Si le premier Sonic avait pour lui d’avoir été justement le premier, c’est avec ce Sonic 2 que le hérisson montrera qu’il règne sur le monde de la plate-forme de Sega, et l’ignorer tant sur Game Gear que sur Master System et Megadrive n’est rien d’autre qu’une faute impardonnable.

Dr Robotnik’s mean bean machine folklore Sega et casse-tête Compile 

Contrairement à ce que pouvait laisser présager son titre, Dr Robotniks mean bean machine n’a aucun rapport avec la série Sonic, si ce n’est la présence du maléfique docteur. Et d’ailleurs il ne s’agit pas même d’un jeu de plates-formes ! Mais bel et bien d’un puzzle game déjà connu des habitués des salles d’arcade, à savoir Puyo Puyo, casse-tête chinois ou plutôt japonais qui consistait à assembler des paires de « smileys » très similaires au Randar mascotte de Compile pour groupes de quatre de couleur identique pour ainsi les faire disparaitre. Ce principe est entièrement repris sur Game Gear. L’originalité du jeu est d’être un duel perpétuel. Bien évidemment, un mode deux joueurs est au menu, mais en mode solo, le joueur se bat contre l’intelligence artificielle, le but étant de saturer l’écran adverse de « beans » robots qui paralyseront le tableau du joueur ou de l’ordinateur. Le principe n’est guère éloigné de celui du Columns précité, mais les interactions entre joueurs sont à l’évidence plus nombreuses et surtout plus fréquentes ! La clé de la réussite réside en l’obligation de procéder à des enchainements avec possibilité de placer les paires de haricots en diagonale. Un puzzle game addictif est certes un excellent investissement pour une console portable, et quand celui-ci atteint un tel niveau d’ingéniosité, on ne peut que se déclarer satisfait. Maintenant, l’apparition du Dr Robotnik ne sert finalement qu’à montrer que Sega avait associé son personnage au jeu sans pour autant en avoir créé le concept, inventé par Compile. Qui sait, le jeu serait peut-être sorti même sans l’aval du méchant de Sonic, pourquoi pas baptisé GG Puyo Puyo ?

 

Tail Adventures Rusé comme un renard 

 

Après avoir été traitreusement cantonné au rôle peu enviable de trophée dans Sonic 2, Tails, le renard à deux queues, ne pouvait décemment pas en rester là ! Et en 1995, le compagnon de Sonic prend sa revanche avec un jeu qui lui est totalement dédié : Tails Adventure.
Le jeu est un nouvel exercice de plates-formes mais se démarque du schéma cher à Sonic : ici, point de courses vitesse grand V, mais un gameplay beaucoup plus conventionnel por un jeu du genre. Tails se retouve seul sur une île investie par de méchants robots (clin d’oeil quand même à l’univers mécanisé de Sonic 2) et devra franchir divers niveaux afin de quitter l’endroit en un seul morceau et toujours avec ses deux appendices arrière. Mais attention, ce jeu est un vrai bonheur tant sa construction est ingénieuse et intègre avec brio les aptitudes de votre renard malformé ! L’étendue des territoires à explorer en fait un authentique jeu de recherche, parsemé de bonnes idées comme les items à découvrir et sans lesquels votre progression serait fortement entravée. D’une beauté flatteuse et d’une réalisation sans reproche, Tails Adventure résonne un peu comme une nouvelle attaque contre Super Mario, auquel il emprunte beaucoup. Les déplacements sur l’atlas de l’ile rappelleront peut-être qu’en 1990, Super Mario lui aussi se baladait sur Yoshi’s Island…Mais au delà de cette rivalité emblématique, Tails Adventure est un jeu extraordinaire, qui rend donc justice à ce personnage et devrait encore lui assurer bien des fans.

Sonic the Hedgehog Triple Trouble Evolution ultime 

Quoi d’étonnant à ce que l’on retrouve à nouveau Sonic sur Game Gear ? Nous sommes ici en 1994 et la Game Gear ne peut décidément pas résister face à une Game Boy toujours plus populaire, mais Sega adapte à nouveau un épisode de sa mascotte sur sa portable. Et après un premier Sonic sympa et un Sonic 2 excellent, le hérisson revient pour un jeu cette fois carrément extraordinaire. Après avoir été capturé dans Sonic 2 et avant d’avoir son jeu à lui, Tails est cette-fois bien présent et son aptitude à voler est admirablement mise à contribution. A vrai dire, Tails supplanterait presque le hérisson bleu dans ce volet ! Exclusif à la Game Gear, Triple Trouble met Sonic et Tails aux prises avec le Dr Robotnik, Knuckles l’échidné et Metal Sonic, pour une course aux émeraudes du chaos…Comme d’habitude, mais cette fois le jeu revêt une telle démesure qu’il ne peut que laisser pantois. Les niveaux sont titanesques et leur construction est sans égale. Et avec toujours ce subtil équilibrage entre phases de plates-formes et phases de course et de vol, au service d’une quête étonnamment variée et à la réalisation superbe. Graphismes flatteurs, animations rapides, détaillées et totalement assumées par la console, Sonic Triple Trouble vient faire oublier la relative déception constituée par un Sonic Chaos finalement assez peu abouti et achève l’histoire du hérisson bleu sur portable avec brio.

Mickey Mouse in Land of Illusion Une souris aventureuse sur Game Gear 

Suite plus ou moins officielle du superbe Castle of Illusion sorti sur Master System et sur Game Gear, ce Land of Illusion reprend les ingrédients qui ont fait le succès de son prédécesseur. Egalement disponible sur Master System, Land of Illusion est donc un jeu de plates-formes qui sur console de salon comme sur portable frappe immédiatement par sa beauté et la très haute tenue de ses contrôles, qui accrochent dès le début le regard et donnent envie toujours d’aller plus loin dans cet univers coloré et à nouveau très typé « cartoon » Walt Disney des années 50. La version Game Gear s’impose donc sans problème parmi les meilleures productions du genre sur ce support, en dépit d’une facilité avérée et d’un problème latent de défilement de l’écran, moins rapide sur portable que sur son homologue de salon. Ce qui ne gâche cependant en rien un plaisir de jeu intense et une sensation de dépaysement qui à n’en point douter est une des grandes forces de ce jeu. Avec un aspect recherche travaillé et un niveau qui saura sans peine séduire les plus jeunes, ce Mickey Land of Illusion est une excellente introduction à la magie des jeux Disney, pour tout public.

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