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Dragon Quest VIII : L’Odyssée du Roi Maudit 3DS

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Il paraît que le véritable amour est éternel. C’est peut-être romantique, voire complètement désuet et naïf de dire cela. Mais le temps n’a parfois pas de prise sur les sentiments et la qualité d’une oeuvre. Et jouer au remake 3DS de Dragon Quest VIII: L’Odyssée du Roi Maudit permet de mesurer l’intemporalité de ce jeu et de sa réalisation, ainsi que l’exploit majeur réalisé alors par Level-5. À savoir celui de fournir le premier épisode de cette saga mythique à s’exporter en Europe, en prolongeant la logique mise en place dans le VII sur PS1 en profitant de la puissance de la PS2, le tout en respectant l’ADN de la série. Alors, on (re)met ça? Et comment!

Premier amour, un beau jour…

Il faut avouer que la première crainte en lançant ce portage est celle de retomber sur un système trop old school, qui aurait tendance à freiner les envies de reconquête et de nostalgie, parce qu’il aurait définitivement fait son heure. Mais, que ce soit pour les anciens chevronnés de la série ou les petits nouveaux, on recommande, comme dans un Souls par exemple, de choisir d’emblée une voie et un build pour chacun des personnages. Ainsi, en se focalisant sur un type d’arme et sur les statistiques spécifiques à chacun, cela permet d’aller directement à l’essentiel et de mieux profiter des forces des protagonistes. En parlant de ça, cette mouture 3DS offre la possibilité de jouer avec deux autres personnages, Rubis (pour ceux qui aiment les meufs badass) et Morry (la classe à l’italienne), mais ceux-ci ne sont déblocables qu’à certaines conditions et plutôt tard dans le jeu. Les habitudes auront probablement déjà été prises avec l’équipe de base, qui reste également un modèle de complémentarité, avec le Héros polyvalent, Yangus tank et frappeur, Jessica mage et Angelo healer. Certes, il ne faut pas oublier que nous sommes dans un Dragon Quest et tradition oblige, on ne renie pas les vieilles formules et c’est toujours ici du combat au tour par tour, qui a du moins la bonne idée de pouvoir être désormais mené à vitesse accélérée.

Tout comme l’option de sauvegarde rapide et la suppression des joutes aléatoires (les monstres apparaissent désormais à l’écran) renforcent et magnifient ce qui étaient déjà les principales qualités du soft: l’exploration et le voyage. La promenade ainsi libérée invite encore plus à la magie de la découverte des décors et du chara design. La patte d’Akira Toriyama fait toujours mouche, ainsi que celle de Koichi Sugiyama, même s’il faudra se contenter ici des compositions digitales. DQ VIII 3DS est donc un pur moment de nostalgie qu’une technique moins bonne et moins lumineuse que la version originale sur PS2 n’entache pas, la profondeur de champ accrue ajoutant un vrai plus au plaisir pris à la contemplation des panoramas. Tant et si bien que la nouvelle quête des photos de Rémi (Zopoin, appréciez le jeu de mots) demande de mater et de rechercher les objets et endroits convoités par l’explorateur (comme les fameux Gluants Dorés cachés dans les villes et qui ne sont pas sans rappeler les Kerotans de Metal Gear Solid 3). DQ VIII est définitivement l’un des plus beaux représentants du voyage vidéoludique, et plus généralement de l’histoire de son genre, de sa série et de son médium.

Parmi les qualités d’alors qui n’ont pas pris une ride, il y a également l’humour des dialogues et des situations,  la puissante mélancolie des histoires particulières (comme dans le VII), ces personnages très attachants avec leur caractère bien défini, cette narration et ce rythme si précis, si justes, ces donjons vraiment bien travaillés sur l’ambiance et le design, également parsemés de quelques belles énigmes. D’ailleurs, ce remake propose un palais supplémentaire et développe un peu plus le passé du Héros. Il est surtout dommage de le voir sacrifier le joli menu coloré et iconique de la version PS2 pour une interface purement textuelle – l’écran tactile aurait alors pu être utilisé de manière idoine et ne pas être limité à l’affichage des cartes. Et de souffrir de temps de chargement parfois un poil longs, dans les transitions entre la mappemonde et les combats, ou entre deux zones. La difficulté reste globalement bien calibrée, malgré l’évitement de combats (les monstres plus faibles auront tendance à fuir), mais il y a toujours certains pics (boss) qui nécessitent des phases de levelling parfois un peu pénibles. Mais c’est l’école DQ, et le joueur assidu et impliqué sera récompensé. Et beaucoup de temps sera gagné grâce à une modification bienvenue de l’Alchimarmite qui donne désormais des résultats instantanés et aide à la cuisine en surlignant les items qui peuvent se combiner entre eux.

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A propos de l'auteur

Photo du profil de Toma Überwenig

Aimer jouer et être bon aux jeux ne vont pas forcément de concert, j'en suis la preuve (à peu près) vivante. Vaguement musicien, je joue dans Scorpion Violente, le groupe qui souille le dance floor, fait hurler les gnous, et sent le stupre, la luxure et les pratiques que la morale réprouve.

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