Il faut bien comprendre que ce trailer d’annonce ne montre QUE des images issues du Tanker, sans doute en partie pour des raisons techniques : il aura surement été développé et peaufiné en premier pour servir de démonstration du concept. Or, les joueurs du soft final ont vite compris que cette séquence ne représentait qu’environ une heure et demi de jeu, cinématiques comprises. En cela, ce trailer représente un condensé des réponses aux attentes graphiques, techniques, et de design des joueurs du précédent opus. Tout y est, de la scénographie à la structure scénaristique du trailer, du point d’infiltration au combat contre le Metal Gear, attentes que l’on s’emploiera à déconstruire, à commencer par le héros qui va changer au terme de cette séquence. Nombreux sont les traumatisés qui parlent aujourd’hui d’une trahison, et pour cause, réitérer ce tour de force serait très difficile, on parlerait de publicité mensongère ou d’affaire à la Watch Dogs, mais on oublie combien cette courte séquence est développée in-extenso, avec énormément de détails au moins sur la partie gameplay, pour précisément laisser une grande place à la découverte ce qu’on regrette souvent sur des trailers contemporains un peu trop bavards.

Il nous reste maintenant quelques détails à observer qui ne me semblent pas de moindre intérêt. Tout d’abord, la collusion entre le gameplay et les cinématiques est un processus qu’on ne retrouve quasiment plus aujourd’hui, les éditeurs préférant séparer les deux dans deux vidéos différentes. A cette époque, il était relativement commun de procéder ainsi car l’accès à Internet n’était pas aussi puissant et répandu que maintenant. On préférait donc tout insérer dans la même vidéo, quitte à la faire durer 9 minutes. Enfin, il faut bien imaginer que nombreux sont les visiteurs de l’E3 à avoir vu ce trailer sur le grand écran du stand de Konami au salon, sans explication argumentée de qui que ce soit contrairement à ce qui est fait aujourd’hui pour les jeux stars, qu’on accompagne d’un producer ou d’un directeur créatif qui va longuement commenter les images. C’est donc aussi cette « pureté » du message qu’on retient, laissant le spectateur libre de son interprétation (ou de sa mésinterprétation) et de la projection de ses attentes sur ce qu’il voit, mais pour cela c’est surtout l’E3 2001 qui le démontrera pour MGS2.

E3 2001 – la grande trahison ou la grande illusion ?

Lors de cette édition du salon, nous ne sommes que quelques mois avant la sortie du jeu aux Etats Unis et au Japon (presque un an avant la sortie européenne, on avait une patience d’un autre temps à cette époque pas si reculée que ça) et la majeure partie du jeu a déjà dû être bouclée. C’est donc là que la trahison a été la plus remarquée, et pourtant, ceux qui nous en parlent oublient que c’est ici que la projection de leurs propres envies avait le plus masqué les mots mêmes qui sont prononcés au début du trailer « Solid Snake est bel et bien mort ». Bien sûr, il est facile pour moi de commenter ceci avec l’expérience du jeu final, j’ai moi aussi cru que Solid Snake serait le seul et unique héros du jeu, mais il faut bien reconnaître que cela avait le mérite d’être clair, au moins rétrospectivement.

2 réponses
  1. Yannou
    Yannou dit :

    Excellent article Victor je viens de me revoir jeune à la vue de ces vidéos qui m’ont fait bouillir pour MGS 2 surtout que j’avais pas encore la PS2 à cet époque. Je suis dans le même état que pour MGS 5 et j’ai pas la PS4. Merci Konami de l’avoir mis sur la PS3 ^^

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