L’aventure Retrogame

Florent Gorges était rédacteur en chef de ce fameux magazine

Le Serpent : Je suis d’accord par rapport à cet effet de formule, mais ne crois-tu pas qu’en disant cela, ces gamers n’adressent pas une critique à la 3D et souhaiteraient un retour à un gameplay plus simple, en 2D surtout ?

Florent Gorges : Oui mais aujourd’hui il existe encore des choses en 2D bien plus évoluées, il n’y a qu’à voir Rayman Origins. Enfin bref, il y en a pour tous les goûts.

Le Serpent : Tu nous a bien expliqué ton activité au Japon, mais à ton retour en France, as-tu eu des aventures rédactionnelles avant de te lancer dans l’aventure Pix’n’Love ?

Florent Gorges : Ma première activité en rentrant du Japon, était de finir mes études en présentant mon mémoire sur la vie de Gunpei Yokoi, ce génie ayant inventé la Gameboy. En même temps, j’ai participé à la fondation du premier magazine spécialisé dans le retrogaming, en France, J’ai nommé Retrogame, en 2005, dont j’étais en fait co-rédacteur en chef. Cela a très bien marché, mais d’autres magazines de la maison d’édition étaient un gouffre, et tout l’argent amassé par Retrogame servait à boucher ce trou. De fait, le magazine s’est arrêté au bout de quelques numéros en même temps que la faillite de l’éditeur. Un magazine assez novateur, dont les idées ont été reprises à la création de Pix’n’Love.

La Succes Story Pix’n’love

Une des plus belles couverture du mook

Le Serpent : Justement, est-ce que tu pourrais développer ces idées de bases ?

Florent Gorges : On a monté Pix’n’love avec un ami, qui était aussi sur Retrogame. On a d’abord voulu combler un manque. En effet, Retrogame compter une assez large communauté de fans qui redemandait ce genre de contenus rétro. Et où on avait encore des choses à dire, sans moyen de nous faire entendre. De mon coté, j’avais commencé la rédaction de mon premier tome de l’Histoire de Nintendo. Je voulais le présenter à un éditeur car je n’avais aucune connaissance ni expérience dans le domaine de l’édition. Tous les éditeurs ont adorés mon livre mais m’ont répondu par la négative : « 200 pages sur une période qui prépare l’arrivée des jeux vidéo, c’est beaucoup trop long ». On me demandait souvent d’ailleurs un seul livre sur toute l’histoire de Nintendo, alors que je voulais quelque chose de novateur et d’inédit. Et c’est à ce moment là que nous avons croisé le troisième larron de l’aventure Pix’n’Love, Sébastien, qui nous a suggérer de créer notre propre boite d’édition, avec son aide. C’est comme ça que c’est parti. Pix’n’love a donc été créée dans la volonté de publier l’histoire de Nintendo. Malgré tout, je voulais continuer a écrire sur le rétro, et notre toute nouvelle boite était l’occasion de donner du contenu aux fan de Retrogame. Nous avons fait d’une pierre deux coup !

Le Serpent : Nous parlerons plus tard de ces fameux bouquins sur l’histoire de Nintendo, mais il y a d’abord quelque chose qui m’empêche de dormir la nuit : pourquoi avoir choisi le format « mook », un hybride entre magazine et livre ? Non pas que je n’aime pas, bien au contraire, mais d’où t’es venu l’idée ?

Florent Gorges : En fait, les gens se trompent, mais c’est notre faute car nous n’avons pas assez bien communiqué là-dessus. Le mook, ce n’est pas une question de taille. De fait, beaucoup de gens disent qu’IG mag est aussi un mook, mais c’est faux, c’est un magazine, tout simplement. Un beau magazine, certes, mais un magazine quand même. Le mook est en fait un contenu de magazine mais vendu comme un livre. Tu vas donc le trouver en librairie, et non pas chez un marchand de journaux ou dans une presse. C’est çà la nuance ! Nous n’avons d’ailleurs pas inventé le mook, c’est un concept que nous avons emprunté aux Japonais. La raison est en plus assez simple. Nous n’avons pas voulu distribuer dans les kiosques parce que cela coûte trop cher, et comme le rétro est, encore aujourd’hui, un marché de niche, cela n’aurait rien rapporté en terme de chiffre d’affaire. De plus, un autre avantage du mook, c’est qu’il est intemporel, dans un kiosque, le mois suivant tu as d’autres magazines, pas dans une librairie ou dans des établissements plus grands liés à la culture en général, de type Cultura. La gestion des stocks en devient  alors super avantageuse !

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  1. […] idées de design et de narration. C’est à ces Oubliés de la Playhistoire que Florent Gorges consacre une émission diffusée sur la chaîne Nolife depuis septembre 2012. L’ensemble des […]

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