Une diversité exemplaire

Le premier tome de la fameuse Histoire de Nintendo

Le Serpent : Mais plus précisément, où peut-on se procurer les mooks de Pix’n’love ?

Florent Gorges : Au départ, et c’est encore un petit peu le cas aujourd’hui, puisque nous ne sommes encore qu’une toute petite entreprise, on fonctionnait comme un fanzine. Mais le succès, et tant mieux pour nous, a été plus important que prévu. Pour éviter de prendre trop de risque financiers, nous avons décidé de faire de la vente directe, sur les salons et sur notre site internet, puisque nous savions où trouver les gamers et retrogamers. Il y avait en plus ce coté de quasi-collector ! Et puis le succès aidant nous avons réussi a atteindre un plafond, et il fallait dépasser cette vente simplement directe. Et ce fût beaucoup de travail car beaucoup de revendeurs n’avaient même jamais entendus parler de nous ! C’est là que nous avons décidé d’être présents dans les librairies. Nous sommes alors passé par un distributeur, qui prend sa marge au final tout de même, mais qui nous offre une plus grande visibilité. Pix’n’love est donc aujourd’hui présent dans les FNAC et les VIRGIN, même si cela a été très difficile. Les revendeurs pensent encore que les gamers ne lisent pas, hors, nous savons que c’est faux. La preuve, l’Histoire de Nintendo fut un gros succès. Tout cela changera lorsque les chefs de rayons seront de notre génération ! Pour le moment cela reste difficile de conjuguer littérature et jeux vidéos dans les têtes de ces chefs, encore plus si cela n’intègre que peu de visuel.

Le Serpent : Parlons maintenant de ton premier tome de l’Histoire de Nintendo, véritable ouvrage fondateur. As-tu rencontré des problèmes lors de son écriture ?

Florent Gorges : J’ai travaillé durant 6 ans sur ce bouquin, et la principale difficulté fut le temps. En effet, je ne pouvais y travailler à temps plein puisque j’exerçais, au Japon, une activité de traduteur/interprète, qui me permettais de manger. A part cela, je ne vois vraiment pas, mis à part peut-être les difficultés à trouver un éditeur, comme j’ai déjà pu te l’expliquer. Nintendo est tout de même une société vieille de 120 ans, et je ne pouvais pas passer du jour au lendemain du jeu de carte à la Wii ! Il s’est passé quelque chose entre les deux. Il s’agit d’une des entreprises familiales les plus anciennes du Japon. Et puis ce fut l’occasion d’aborder les prémices du média jeux vidéo, ceux du jouet aussi mine de rien. C’est une oeuvre culturelle à 100 %. Désolé j’ai un peu digressé.

La volonté de faire connaitre le patrimoine de Nintendo

Hiroshi Yamauchi, président charismatique de Nintendo, de 1947 à 2004

Le Serpent : C’est pas grave ! On va d’ailleurs continuer dans cette optique. Il faut savoir que tous tes tomes, et d’autant plus le premier, ont finalement été de gros succès. Tu parles d’une société qui est presque la plus connue du Japon, quelle est ta théorie sur leur réussite ?

Florent Gorges : Il faut d’abord savoir que Nintendo doit un peu son succès à la chance. La famille Yamauchi s’est toujours entouré des bonnes personnes. Travailler avec des individus exceptionnels comme Gunpei Yokoi est déjà une chance en soi. Mais je ne peux me limiter à cela, puisqu’il y a aussi beaucoup de persévérance. A cause de la mauvaise opération de présentation de la Wii U et les premiers chiffres assez peu encourageant de la 3DS, Hiroshi Yamauchi, président de Nintendo de 1947 à 2004, a perdu sa place de deuxième homme le plus riche du Japon avec une fortune estimée à plus de 6,4 milliards d’euros ! Ce fut un homme formidable, au sens de l’adaptation au marché tout simplement ahurissant !

Le Serpent : Même si tu m’as déjà répondu, j’aimerais que tu approfondisses ton propos : comment a germé en toi l’idée de te lancer dans la rédaction de livres sur l’histoire de Nintendo ?

Florent Gorges : Nintendo avait une histoire bien plus vieille que ce que je croyais. Sincèrement. J’étais persuadé que cela commençait avec les game & watch. Je savais vaguement qu’ils avaient fait des cartes à jouer par le passé, mais rien de plus. Et lorsque j’ai pris connaissance de l’existence des hanafudas et des autre objets fabriqués par la firme, je me suis dit : « mais c’est passionnant ! Comment une entreprise peut passer d’un simple atelier de fabrication de cartes à jouer, basée à Kyoto et uniquement connu dans son quartier, à une multinationale aujourd’hui leader du marché des jeux vidéo, et forcément connue dans le monde entier ? ». J’ai donc commencé à chercher de petites anecdotes dans les bibliothèques, et puis en rencontrant des gens plus ou moins liés à Nintendo. C’était vraiment dommage de garder ça pour moi. C’est donc là que m’est venu vraiment l’idée d’écrire un livre, et de partager les connaissances que j’avais pu assimiler, avec tous les passionnés de jeux vidéo.

A retenir

Alors ? Vous êtes impatient de retrouver la suite de cet entretien ? Rendez-vous la semaine prochaine. Vous connaîtrez alors la suite de la vie de ce personnage, de ses bouquins, de ses envies, de ses idées sur le rétro, et surtout, sur les futures sorties ! A très vite !

Le Serpent

5 réponses

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  1. […] idées de design et de narration. C’est à ces Oubliés de la Playhistoire que Florent Gorges consacre une émission diffusée sur la chaîne Nolife depuis septembre 2012. L’ensemble des […]

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