Il y a environ un mois, le noble et illustre Laurent Wauquiez s’était fait choper en flagrant délit d’excès de vitesse avec des pointes à 160 km/h, célérité outrancière pour laquelle il a depuis présenté ses excuses. Oui bon je sais, c’est un peu cavalier de ma part d’introduire cet article par ce bien triste rappel, et au-delà je me permets même de souligner que cette attitude qui aurait valu à un vulgaire quidam de jolies conséquences semble ne pas être si gênante quand elle émane d’un individu qui a champignon sur rue. Bref les sans-dents, contentez-vous de ce bien pitoyable jeux de mots.

Cependant, moi je ne m’en contenterai pas et même, je surenchéris comme suit : Monsieur Wauquiez, tout émule de Fangio ou de Donald Campbell que vous soyez,  vous ne serez jamais qu’une petite frappe si l’on compare vos exploits de vitesse aux miens ! Car moi, et ce dès 1992, je faisais régulièrement des pointes à plus de 400 km/h, et de plus et contrairement à vous, sans mettre personne en danger. Mais comment ? Tout simplement en jouant à F-Zero sur ma Super Nintendo !

Car oui, F-Zero c’est un peu le jeu qui introduisit et même mit en exergue les capacités de cette bombe atomique de l’histoire du jeu vidéo qu’était la Super Nintendo. Sincèrement, cette simulation de course n’avait alors de limites que celles de l’imagination avec cette vitesse insensée et cette réalisation fulgurante, couplée à une bande sonore devenue culte et reprise par la suite dans ce qui sera la saga F-Zero. Mute City ou Big Blue se reconnaissent dès leurs premières mesures…

Avant de nous intéresser à l’épisode GX (oui, si vous avez lu le titre, vous savez d’ores et déjà qu’on va en arriver à ce titre sorti sur Game Cube et en arcade sous le nom à peine différent de F-Zero AX), il faut poser les bases du gameplay « made in F-zero » qui m’apparaît comme l’un parmi les plus intransigeants et démesurés de toute l’histoire du jeu de course automobile. Je profite de l’occasion au surplus pour vous signaler l’excellent volume 3 de la collection Games History, dédié à ce genre à la fois technique et débridé…Débridé comme le moteur d’une bécane de chef de gang ! Et dans lequel votre serviteur s’était déjà quelque peu intéressé à la série F-Zero…

QUELQUES RAPPELS

F-Zero c’est avant tout le futur imprimé aux mécanismes rôdés et établis du jeu de course, au point d’avoir institué ce genre très particulier du jeu de course futuriste. Un genre qui finalement ne souffre aucune limite et se passe allègrement de codes de bonne conduite (sans jeux de mots cette fois-ci !), car si dépasser Mach 1 devient possible, tenter de mettre ses concurrents hors d’état de nuire peut tout aussi être une stratégie. Et ce ne sont pas Satanas et Diabolo qui me diront le contraire.

Brut et frénétique, F-Zero GX est un monstre.

Brut et frénétique, F-Zero GX est un monstre.

Or, F-Zero se joue en permanence sur le fil du rasoir avec son extrême exigence. A plus de 400 km/h, la moindre erreur se paie cash, et si les premiers circuits sont encore abordables, les courses les plus avancées sont de vrais parcours du combattant qui ne toléreront aucun manquement, à la manière d’un shoot them up oserai-je dire. Le tracé des parcours vous forcera à une totale maîtrise de vos fusées tant dans l’accélération à tombeau ouvert que dans l’adhérence au sol lors des phases de rétrogradation pour négocier ces !*@¤? de virages pernicieux ou pour franchir les routes morcelées…Bref vous voyez le tableau : dans F-Zero, il faut user du volant comme un orfèvre retaillerait un diamant brut avant de l’offrir au roi du Swaziland, car dans un cas comme dans l’autre, il y va de votre vie. Et le plus drôle, c’est que l’exigence déjà quasi tyrannique de ce premier volet n’est rien comparée à ce qui se fera par la suite….

2003 : la quintessence finale

Après un passage remarqué sur N64, on ne pouvait que se réjouir : à la manière de Mario ou Metroid, F-Zero devenait une série culte de chez Nintendo, et l’évolution des hardwares présageaient de grandes choses pour cette saga. F-Zero X apportait en outre un mode multijoueur qui offrait une dimension nouvelle à une série déjà appréciée ou redoutée pour son niveau technique. L’épisode X, formidable en soi, aura de plus tenu parole, tant il laissait entrevoir des possibilités démoniaques pour la suite…Et la conclusion arriva en cette année de canicule avec F-Zero GX.

Car oui mes agneaux, F-Zero GX, c’est un peu le Saint Graal du jeu de course : si vous n’êtes pas un pilote aguerri, et au delà un casse-cou de première, vous feriez mieux d’aller jouer à l’élastique avec votre petite soeur.

F-Zero GX, jeu historique dans sa version arcade intitulée donc F-Zero AX car marqué de la collaboration entre Nintendo (dont les intrusions en arcade étaient assez rares) et Sega a tout du monstre ultime à dompter. Les épisodes de la série, bien que relativement espacés dans le temps et donc fort peu nombreux, ont toujours suivi cette route vers la démesure et, dernier jeu en date, l’opus GX avait à l’époque tout d’un parangon du genre.

Concentration et précision extrêmes sont les mamelles du destin.

Concentration et précision extrêmes sont les mamelles du destin.

Si la technique est simplement irréprochable (graphismes flashy impeccables et bien dans le ton futuriste, effets de vitesse et de dénivellation inouis et de nouveaux modes aux possibilités quasi-infinies comme celle de créer vos propres circuits), le jeu a marqué les esprits par une difficulté parfois ressentie comme…excessive ! Ici, l’obligation de finesse de conduite synthétise et dépasse ce que les épisodes de 1990 et 1998 avaient apporté. Les accélerations vous coûteront cher et pourtant sont bien évidemment indispensables tant la compétition sera féroce et ce dès les premières secondes de jeu.

Cet aspect va finalement de pair avec tous les autres points caractéristiques de cette production : il eut été incohérent de revenir à un gameplay plus simple au regard de ce qui se dégage de la bête. F-Zero GX est un jeu brutal voire cruel mais qui jamais ne manque de logique et garde une fidélité à son essence même : celle du trophée ultime pour les fans qui avaient fait gentiment leurs classes sur les épisodes précédents. Et vus les drastiques impératifs des jeux en question, comprenez que l’ adverbe « gentiment » est à la fois volontaire et comique dans l’emploi !

1 réponse
  1. Konino
    Konino dit :

    Merci pour la piqûre de rappel. Ceci dit je trouve que tu n’effleures que trop peu le polish de ce mythe avec ton chiffon peau de chamois nostalgique.

    F-zero Gx et son homologue Ax ( respectivement pour GameCube et Arcade) sont 2 jeux complémentaires et aussi fous l’un que l’autre.
    Ax disposait a l’époque d’une borne complètement pétée, montée sur verrins hydrauliques avec une connexion réseau pour jouer à 4 et comble du bonheur un spot carte mémoire GameCube pour sauvegarder ses records et accessoirement débloquer les circuits et pilotes d’Ax sur la GameCube.

    Cet opus est aussi symbolique par l’alliance du savoir faire de Sega, alors encore maître en arcade, et de Nintendo.
    D’ailleurs le game play s’en ressent, plus arcade et vif que le X plus lourd à jouer.
    Une autre philosophie, on aimera plutôt lune ou l’autre des façons de jouer, mais les deux apportent leurs rythmes aux jeux.
    Les anciens concurrents réunis pour le meilleur !

    En résulte un jeu âpre, magnifique, toujours en 2016, qui tourne en 480p avec le câble HD de la GameCube, avec une courbe d’apprentissage longue mais régulière.
    Il sera aisé de débloquer toutes les courses. Plus difficile en revanche d’accéder aux pilotes de la version Ax et aux coupes de rang maîtres.
    Mais quel pied une fois ceci fait.

    L’opus Ax/Gx tranche avec ses prédécesseurs par une ambiance plus glossy, electro.
    Tant mieux, ça a réactualisé la license qui risquait de s’embourbait dans un univers trop HardRock des 70’s 80’s s’en pouvoir en sortir.
    Sega à ici mêlé cet univers violent avec un style plus épuré, intemporel, jusqu’alors propre à Wipeout. Tant mieux, aie je envie de dire tant ce choix permet au jeu d’être beau en dépit de l’âge de son support.
    L’opus Gx est aussi celui ou le background est le plus développé, que ce soit via l’histoire, via les scenettes cinématiques propres à chaques persos ou encore le choix des réponses à l’interview finale.
    Un véritable travail d’orfèvre. Soucis du détail permanent rendant même les pilotes dans les vaisseaux durant les courses.
    Je digresse et n’arrive pas à canaliser tout ce que je pourrais dire sur ce monstre vidéo ludique tant il y a à dire.

    Mais je reste persuadé que si Nintendo n’a pas sorti un nouvel épisode c’est qu’il leur est compliqué d’apporter du neuf après le formidable aboutissement que la version Gx représente.
    Cependant cette folie me manque et une nouvelle histoire, avec des persos aussi charismatiques, des circuits aussi fous, plaisants, exigeants et dépaysants, des graphismes au goût du jours et un gameplay toujours aussi précis ainsi que le côtés collection et je signe !
    D’ailleurs jouer à ce jeu avec Dolphin en 1080p c’est du pur bonheur… En attendant que Ninty se décide.

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