Résumer la technique de F-Zero GX en quelques lignes serait aussi difficile qu’écrire une déclaration d’amour à Michèle Aliot-Marie, alors je me permettrai de synthétiser en rappelant que le principal défaut de F-Zero GX est aussi sa principale qualité, ou inversement : sa technique huilée jusqu’aux cardans fait plus que le réserver à des monstres de précision qui n’ont pas peur de rouler à Mach 1 en sachant que chaque demi seconde peut tout ruiner faute d’une erreur même légère, même minime. Se lancer dans F-Zero GX, c’est implicitement avoir déjà un niveau de compétition sur les deux volets précédents.

A notre époque où tout jeu se doit de flatter l’égo de joueurs même débutants en donnant l’illusion même à un manchot d’être le meilleur joueur au monde (tournure un peu hyperbolique mais totalement assumée, non mais), F-Zero GX reste l’un des derniers titres qui assumait sa condition même de jeu à réserver aux « pros », aux joueurs déjà aguerris qui n’ont pas peur d’apprendre les circuits comme un pianiste professionnel travaille ses gammes : des heures et des heures d’entrainement et de pratique, le tout pour ne franchir que quelques courses parmi les plus simples du jeu !

Repoussez toujours vos limites !

Repoussez toujours vos limites !

Il y a certains titres en effet, qui se situent au delà des autres tant leur apprentissage se révélera homérique même pour des pratiquants chevronnés.

F-Zero GX est de ceux-là. Et c’est une qualité autant qu’un défaut. Reste bien sur le mode multi-joueurs qui est réellement orgiaque, mais comme l’intense difficulté se manifeste tant au niveau des courses en elles-mêmes que du contrôle de l’engin également particulièrement pointu, vous comprendrez dès lors que F-Zero GX c’est comme le fruit défendu ; y goûter vous vaudra un exil douloureux…mais libérateur aussitôt que vous aurez appris à piloter « à la GX ».  Et ce autant face à vos concurrents virtuels que réels.

Allez, préparez-vous, vous avez du travail. Mais le jeu en vaut la chandelle. D’autant qu’il reste à ce jour le dernier volet « original » de cette série hélas abandonnée par Nintendo qui a préféré séduire avec des cabots virtuels qu’avec de nouvelles itérations de sa seule et unique série de jeux de course « sérieuse ».

Et un booster sur le vif. In game ça vous en mettra plein les chicots !

Et un booster sur le vif. In game ça vous en mettra plein les chicots !

Certes, la GBA a été honorée de trois épisodes de F-Zero qui eux mêmes ont suivi une route similaire à celles des épisodes de salon, mais qui au final s’inspiraient énormément de ces jeux sur console. Ce qui est suffisant pour dire que si la série F-Zero semble aujourd’hui reléguée au passé (chose étonnante si l’on pense aux possibilités plus ou moins étendues qu’auraient pu offrir la Wiimote ou le Nunchuk !), elle n’a jamais vraiment quitté la mémoire de ceux qui auront conduit encore plus vite que l’attelage de ce monsieur Wauquiez.

Et ça, c’est un coup de maître qui n’a pas de prix. Un peu comme le plaisir de jouer à des jeux de gloire.

Pour finir, je vous renvoie à cet article que j’avais commis sur l’excellent site ZePlayer, qui hélas reste aujourd’hui d’actualité…Et c’est pas près de changer.

 

Informations sur le jeu

Plateformes : Arcade (F-ZERO AX), Nintendo GameCube (F-Zero GX)

Genre : Course futuriste ultra-technique qui décoiffe sa race

Développeurs : Amusement Vision

Éditeur : Nintendo

Date de sortie :  2003

1 réponse
  1. Konino
    Konino dit :

    Merci pour la piqûre de rappel. Ceci dit je trouve que tu n’effleures que trop peu le polish de ce mythe avec ton chiffon peau de chamois nostalgique.

    F-zero Gx et son homologue Ax ( respectivement pour GameCube et Arcade) sont 2 jeux complémentaires et aussi fous l’un que l’autre.
    Ax disposait a l’époque d’une borne complètement pétée, montée sur verrins hydrauliques avec une connexion réseau pour jouer à 4 et comble du bonheur un spot carte mémoire GameCube pour sauvegarder ses records et accessoirement débloquer les circuits et pilotes d’Ax sur la GameCube.

    Cet opus est aussi symbolique par l’alliance du savoir faire de Sega, alors encore maître en arcade, et de Nintendo.
    D’ailleurs le game play s’en ressent, plus arcade et vif que le X plus lourd à jouer.
    Une autre philosophie, on aimera plutôt lune ou l’autre des façons de jouer, mais les deux apportent leurs rythmes aux jeux.
    Les anciens concurrents réunis pour le meilleur !

    En résulte un jeu âpre, magnifique, toujours en 2016, qui tourne en 480p avec le câble HD de la GameCube, avec une courbe d’apprentissage longue mais régulière.
    Il sera aisé de débloquer toutes les courses. Plus difficile en revanche d’accéder aux pilotes de la version Ax et aux coupes de rang maîtres.
    Mais quel pied une fois ceci fait.

    L’opus Ax/Gx tranche avec ses prédécesseurs par une ambiance plus glossy, electro.
    Tant mieux, ça a réactualisé la license qui risquait de s’embourbait dans un univers trop HardRock des 70’s 80’s s’en pouvoir en sortir.
    Sega à ici mêlé cet univers violent avec un style plus épuré, intemporel, jusqu’alors propre à Wipeout. Tant mieux, aie je envie de dire tant ce choix permet au jeu d’être beau en dépit de l’âge de son support.
    L’opus Gx est aussi celui ou le background est le plus développé, que ce soit via l’histoire, via les scenettes cinématiques propres à chaques persos ou encore le choix des réponses à l’interview finale.
    Un véritable travail d’orfèvre. Soucis du détail permanent rendant même les pilotes dans les vaisseaux durant les courses.
    Je digresse et n’arrive pas à canaliser tout ce que je pourrais dire sur ce monstre vidéo ludique tant il y a à dire.

    Mais je reste persuadé que si Nintendo n’a pas sorti un nouvel épisode c’est qu’il leur est compliqué d’apporter du neuf après le formidable aboutissement que la version Gx représente.
    Cependant cette folie me manque et une nouvelle histoire, avec des persos aussi charismatiques, des circuits aussi fous, plaisants, exigeants et dépaysants, des graphismes au goût du jours et un gameplay toujours aussi précis ainsi que le côtés collection et je signe !
    D’ailleurs jouer à ce jeu avec Dolphin en 1080p c’est du pur bonheur… En attendant que Ninty se décide.

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