Final Fantasy IX – iOS / iPad

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Final Fantasy IX, un bijou pour certains, une madeleine pour la plupart et certainement un monument du jeu vidéo pour tous. Comment ne pas fondre de nostalgie devant ce petit chef d’œuvre de pixels ? Dès l’introduction, on est emporté par la mélodie, comme dans un doux songe, les souvenirs nous enserrent, les larmes montent, et… Bon, OK : je n’y ai jamais joué. Quoi de mieux qu’un regard neuf pour tester la réédition ? Attention, reset !

La nostalgie… ou pas

Intro FF9En fait, je n’ai pratiqué que très peu la licence Final Fantasy, à part le troisième opus et FF Tactics que j’ai terminé sur Nintendo DS, je n’ai joué à aucun épisode de la saga sur Playstation. Je ne compte pas mon expérience de Final Fantasy VII sur PC, qui a buggé au bout de vingt minutes de jeu. En résumé, ça ne m’évoque pas grand chose, mis à part les fameuses invocations que j’ai pu voir chez des camarades, très enthousiastes de me montrer leurs personnages avec 9999 points de vie.

Cela dit, tout cela ne me laisse pas indifférent : j’ai tout de même un cœur. Et il faut l’avouer, ce jeu a un effet indéniable sur l’organisme : il replonge le joueur dans une époque lointaine, où les seuls soucis étaient le devoir de maths, et où les jeux vidéo nous habitaient profondément, corps et âmes, (presque) vierges que nous étions. Une époque bénie où je jouais plus volontiers à la N64 que la PS1. Oui monsieur.

Revenons à l’introduction : une musique magnifique, douce et mélodieuse, accompagnant un diaporama de lieux et de personnages, où se fond une carte du monde, donnant ainsi et la promesse d’une aventure épique et mythique. Rien à dire, malgré l’ancienneté de la console et la qualité de la vidéo un peu dégueulasse, on perçoit l’âme d’un grand jeu. « Nouvelle partie » : c’est parti les enfants.

Beurk ! Qui a vomi sur ma tablette ?

FF9 Beurk

Bouh c’est moche !

Ca commence. Une tempête, le crissement du bois, une princesse qui rêvasse sur une chaise, un paysage somptueux: joli mais un peu gnangnan. Premier constat, c’est un peu moche. La cinématique devait être exceptionnelle à son époque, mais il faut avouer que ça a mal vieilli.

J’incarne donc Djidane, 16 ans, petit blond au physique énervant, aux oreilles et à la queue de chat. Il est membre d’une troupe de voleurs / comédiens ayant pour plan d’enlever la princesse Grenat. Les premières minutes nous expliquent le fonctionnement du jeu et les mécaniques de combat. Le tactile de l’iPad fonctionne bien, et le tout est lisible même si les textes sont un peu gros et les habillages un peu grossiers.

Second constat, lui aussi graphique : si les personnages sont plutôt fins, les environnements sont affreusement pixellisés, comme s’ils n’avaient subi aucune retouche. Cette différence de traitement est clairement visible à de nombreux moments, et cela va même jusqu’aux titrages qui sont parfois à la limite du détourage fait par un aveugle. Pour un jeu à 20,99 sur iPad, on s’attend à quelque chose d’un peu plus travaillé.

C’est clairement le principal défaut de ce portage : il y a un écart monstrueux entre le traitement de certains personnages ou monstres (à la touche artistique effet « pinceau » en HD très réussie) et les arrière-plans, certes très beaux, mais complètement flous et pixellisés. Ces éléments ne s’intègrent donc pas du tout au fond, ce qui enlève de la magie à l’ensemble.

C’est une grosse déception : à chaque découverte d’un nouvel environnement durant les heures jeu qui ont suivi, j’ai cessé de me dire à quel point il était dommage qu’il n’y ait pas eu plus de travail sur ce jeu, parce que oui, c’est un très bon jeu.

Le jeu, l’histoire, le gameplay & Cie

Des persos trop Kawai

Des persos trop Kawai

Je comprends l’engouement pour ce titre : des personnages attachants, une histoire riche et surtout une très grosse durée de vie. Après plus de dix heures de jeu, j’ai l’impression de ne voir qu’une infime partie du tableau final. Les quêtes sont nombreuses, mieux vaut jouer régulièrement, car il est difficile de reprendre une partie laissée après plusieurs semaines. En effet, les objectifs et les quêtes ne sont pas affichés dans le jeu, il faut du temps avant de se rappeler où l’on doit aller.

Techniquement, le jeu est fluide. On se balade pas mal pendant l’aventure, l’univers est vaste, on explore des lieux variés et des villes différentes. Les environnements sont beaux, et malgré la piètre qualité du portage à ce niveau, on voit tout le talent des graphistes de Square Enix, et le soin apporté aux décors. Les thèmes musicaux sont un des gros points forts du jeu : envolées magistrales ou thèmes sonores plus discrets, la bande son colle parfaitement à l’action, et contribue grandement au charme du jeu.

Côté R.H., on dirige des groupes allant de 1 à 4 personnages, changeant selon les quêtes : votre équipe s’agrandira au fur et à mesure des rencontres, et certains protagonistes quitteront également le navire. Il existe différentes classes de personnages : magicien, épéiste, dragon, mage blanc…  Tous sont à utiliser avec intelligence, en attaque ou en soutien, lors des combats qui se déroulent au tour par tour. Pour les faire évoluer rapidement, il ne faut pas rechigner à combattre beaucoup de monstres et ainsi maîtriser de nouvelles compétences. De nombreux équipements et items sont au rendez-vous, permettant à vos personnages d’acquérir de nouveaux pouvoirs s’ils les portent assez longtemps, afin d’absorber leurs capacités magiques. Ils peuvent être trouvés, achetés ou forgés à partir d’autres objets.

Les fameux combats made in FF

Les fameux combats made in FF

Comme dans les autres opus, les combats aléatoires font partie des mécaniques de jeu. Pour ma part, je ne suis pas très fan, c’est parfois pénible lorsque l’on doit aller d’un point A à un point B ou que l’on cherche un lieu sur la carte. Notez que les rencontres aléatoires peuvent être désactivées, je reviendrai sur ce point un peu plus tard.

Autre spécificité durant le jeu, les A.T.E ou Active Time Event, qui ajoutent une touche d’humour et de profondeur au scénario : le principe est d’interrompre l’action en cours pour jouer un autre protagoniste, situé dans un autre lieu. Cela donne lieu à des situations comiques et des mini-branches parallèles dans l’histoire. Enfin, il existe un jeu de cartes, une sorte de jeu dans le jeu, qui permet d’affronter des PNJ et de collectionner des cartes. Le principe est simple et très addictif. C’est un petit plus qui est le bienvenu.

A mon sens, le point négatif du gameplay réside dans les dialogues : il y en a énormément ! Je comprends qu’il faut développer l’histoire, mais c’est parfois interminable, et au final on se retrouve à zapper des pavés entiers de texte, au détriment d’éléments importants du scénario. Côté ergonomie, comme dit précédemment, le contrôle tactile est plutôt bon, même si parfois on manque un peu de précision sur certaines passages.

Les menus du jeu, zoom pour aveugles

Les menus du jeu, zoom pour aveugles

Enfin, côté interface, le menu du jeu n’est pas très intuitif, et voire un peu grossier : même s’il s’agit d’un portage, le rendu est très austère, et tout est trop gros. Ce n’est pas très agréable d’y naviguer, surtout quand on sait qu’on passe pas mal de temps sur ces écrans. Une mise à jour aurait été appréciable.

Il est possible d’activer 4 boosters dans le menu « pause » du jeu : coups critiques systématiques à 9999 points, vitesse du jeu accélérée, désactivation des combats aléatoires et points d’ATB, HP et MP au max. Ces derniers sont symbolisés par des icônes, une légende explicative aurait été le minimum syndical. Il est également possible de trouver d’autres boosters dans les réglages afin d’activer toutes les compétences et les pierres magiques et d’avoir les Gils infinis. Contrairement aux 4 premiers, une fois activés, ces 3 boosters ne peuvent plus être désactivés.
On notera donc l’effort des développeurs pour raccourcir la durée de vie, permettant aux joueurs qui connaissent déjà le jeu, et à ceux qui souhaitent tout simplement découvrir l’histoire, de pouvoir avancer sans buter sur un boss ou autre. De nos jours, il est difficile de passer 40h de jeu sur une tablette.

Il existe également une sauvegarde automatique, permettant d’interrompre la partie entre deux sauvegardes, pour reprendre dans la dernière salle explorée. C’est un petit plus sur les mobiles ou tablettes, où l’on est plus susceptible d’être arrêté en cours de jeu.

En résumé

Final Fantasy est indéniablement un bon jeu. Même s’il a un peu vieilli sur bien des aspects, et que ses personnages sont un peu caricaturaux, la magie opère, et l’on a envie d’avancer dans l’aventure. Certaines phases sont un peu longues mais la richesse du scénario et son univers permettent d’oublier ces points négatifs. La durée de vite est conséquente, et sur ce point-là, vous en aurez pour votre argent.

On regrettera principalement la qualité du portage, qui aurait pu être meilleure et de donner à ce jeu la chance de nous en mettre plein les yeux. Les quelques bonnes idées (boosters, sauvegarde automatique) ne changeront malheureusement pas la donne.

En résumé, c’est un gâteau un peu moche, parsemé de quelques pauvres éléments déco sympas, qu’on aurait payé un peu cher. Mais une fois en bouche, il dégage une saveur tout à fait délicieuse, au bon goût d’antan.

A conseiller aux fans de la saga Final Fantasy, et aux curieux désireux de parfaire leur culture vidéoludique.

 

Informations sur le jeu

Plateformes : iOS et Android

Genre : J-RPG

Développeurs  / Éditeur : Square Enix

Date de sortie :  2016

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