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Grand Theft Auto 5, le nom le plus entendu ces mois de septembre et octobre, le plus vu, le plus joué, le plus vendu, le plus martelé dans les médias généralistes ou sur certains sites internet spécialisés plus ou moins avant 16 heures. C’est aussi une oeuvre qui confirme l’aura de Rockstar du studio du même nom. Dire que GTA 5 a été attendu est un euphémisme, jamais un jeu n’a eu une campagne marketing aussi bien amenée et efficace. En sortant ces news en compte-goutte avec moult promesses d’innovations sur le terrain du bac à sable, un scénario prometteur, une map gigantesque, un monde online persistant, trois personnages différents et un retour dans la région du volet le plus connu du grand public : « San Andreas ». L’attente était à son comble avec des niveaux de précommandes jamais atteints dans l’industrie. C’est simple, GTA 5 est au jeu vidéo ce qu’est The Avengers au cinéma, il est adulé aussi bien par les « Nerds » avertis que les « Douchebag » illettrés. Sortie le 17 septembre dernier et hier au pays du soleil levant, avait-on droit au nouveau chef-d’oeuvre populaire tant espéré ?

GTA before it was cool.

GTA before it was cool.

Je tiens à faire une mise au point avant la critique, j’adore tout d’abord ce que fait l’éditeur Rockstar en prenant la globalité de tous ses studios et productions confondus (Red Dead Redemption, Manhunt, Bully, Midnight Club, Max Payne 3). Ils ont sû avec leurs multiples travaux dans différents domaines montrer qu’ils peuvent gérer avec brio les licences présentes dans le portefeuille Take Two. GTA est pour eux un excellent pot-pourri créatif et technique sous forme de bacs à sable de toute l’expérience accumulée au fur et à mesure des jeux sortie du four New-Yorkais. Avec cette licence houleuse et décriée par son côté subversif et provocateur depuis le premier volet jusqu’à la trilogie GTA IV, les Haters sont légions de façon plus ou moins justifiée. Il faut avouer que ce jeu a de quoi énerver, regardez ses chiffres de ventes exploser tous les records en se permettant même de bouffer des parts de FIFA ou COD. Du point de vue d’un cadre de chez Activision ou un Hipster qui haït les jeux Hypes, des grosses plaques rouges leur collent au train. De toute manière, si vous n’aimez pas cette saga, vous n’aimerez pas ce volet, c’est simple, GTA V a été créé pour ceux qui aiment les productions « Made by Rockstar » et le grand public. Là nous arrivons à une règle d’or et paradoxalement putassière que m’a apprise Menehan, la règle du 80/20. Grosso modo ce ratio démontre que 80 % de la population industrialisée est considérée comme grand public et les 20 autres ont une base culturelle plus tranchée et éclairée que les autres. Techniquement si on fait le comparatif sur ce volet, la comparaison basée sur du vent marche de tonnerre : 80 % l’ont acheté parce que « çay Kewl on fé ls gangsta § », 10% ne l’ont pas acheté rien qu’à cause de la gigantesque Hype ou par principe du soft en lui-même. Puis il reste moi, peut être même bien toi sombre lecteur qui ose dire avoir aimé ce jeu en reconnaissant les défauts frustrants de ce volet. Cela tombe bien, moi et le « Crew de maronneur Serpent-retrogamer », on te rédige une critique pour te sentir moins seul, le mode online et son lancement foiré inclus.

Mon fils depuis qu’il joue à GTA 5 me dit : « Welcome Back Biatch !»

gta-v 01San Andreas, West coast des États unis version Rockstar, ça faisait au moins 8 ans que je n’avais pas eu de contact avec Los Santos. Le 17 septembre, je décide de prendre un ticket à 50 euros et une installation de 8 GO sur ma bonne vieille Playstation 3 pour partir de Liberty City et revenir à une ville que je connais si bien. À vrai dire, le « Welcome Back » se fait après le tutoriel qui se passe en 2004 à Ludendorff, dans la peau de Michael, Trevor et deux de leurs complices durant un braquage de banque routinier qui va se finir par deux morts, une balance sous protection du FBI et un disparu. 2013, Los Santos, la crise économique passée se fait sentir dans les rues, des sans domicile fixe (ou des hipsters) déambulent dans les rues ou s’exilent dans la campagne crados du comté. Ceux qui arrivent à joindre les deux bouts vivent à crédit avec leur logement et voiture qu’ils peuvent perdre à tout moment. Les riches quant à eux zonent tranquillement au nord de la ville à jouer au golf ou au tennis, partager leurs moments les plus intenses entre deux « greens » sur Lifeinvader avec leur « Ifruit ». Puis dans cette populace, il y a ceux qui passent leur temps à jouer avec les lois, voler des voitures, braquer des banques ou magasins, agresser des passants ou tuer pour se faire du fric. Qui a dit que GTA est mature ? Mais quelle maturité ?

« Mature ? Je tue et je vole des voitures, la maturité, c’est pas trop mon truc. – Franklin »

Carl Johnson 2.0

Carl Johnson 2.0

Franklin, banlieusard d’une vingtaine d’années sera le premier personnage à vous initier à la vie si particulière de Los Santos. Après le passage chez le psy de Michael, vous vous retrouverez avec Franklin et son pote Lamar dans le rôle de « repreneur de bien » aka « Repo Men » pour le compte d’un concessionnaire de voitures à crédit plutôt véreux. Voilà le point d’accroche pour une aventure sur plus de 69 missions principales et autres activités qui vous fera voyager dans le monde du crime moderne abusé et improbable by Rockstar sous la plume du stylo bic usé de Sam Houser. Pour accueillir les inepties scénaristiques et maladroites de notre ami Sam (dont les impressions seront à la fin de l’article), il fallait une map si possible énorme et détaillée. Les techniciens de chez Rockstar North ont fait une prouesse sur nos vieilles consoles huées par les pcistes. Vous vous souvenez de Red Dead Redemption (à par si vous avez un PC) ? Prenez la carte des aventures de John Marston, multiplié sa superficie par 5 et vous obtenez le nouveau Los Santos, sa campagne, sa faune, sa flore, ses montagnes ainsi que ses fonds marins. Cette nouvelle version qui colle plus à la vision de ce que voulaient faire les développeurs sur GTA San Andreas à l’époque. Ils réalisent une autre prouesse que les concurrents « open-world » foirent à tous les coups. Il n’ y a pas de temps de chargement durant la partie excepté cinq minutes d’attente avant chaque début de session. Petit clin d’oeil à Assassin’s Creed 3 qui sans lui, le mot « chargement » n’aurait pas de sens.

4 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Mec, j’ai pris un putain de pied en lisant ta critique!
    On sent le mec qui a non seulement passé du temps sur le jeu, mais qui a pris la tâche de transcrire son expérience au sérieux, d’autant que c’est pas évident en particulier pour des jeux au contenu aussi dantesque. Mais tu te débrouilles, et malgré la longueur excessive du papier (bon, comme tu le sais, c’est une zone dans laquelle je plaide coupable^^), tu as réussi à rester passionnant. Bien joué, quoi!

    Et petite parenthèse sur la scène de torture, que je n’ai pas vu, je n’ai pas encore tâté de la bête, mais dans un jeu où l’on revendique des références aussi marquées au cinéma, comment ne pas y voir un clin d’oeil implicite aux deux premiers Tarantino ?
    Les débats que le jeu vidéo soulève m’affligent généralement, ils puent la bondieuserie et le consensuel, et qu’ils soient menés par des incompétents réactionnaires notoires qui ne comprennent à l’évidence strictement rien au medium et voudraient imposer sur le vidéoludique le même climat de censure dictatoriale que dans le cinéma sous Franco (ou Staline) (ou Bush).

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  2. Koreana_
    Koreana_ dit :

    Merci du retour, ça fait toujours plaisir de recevoir des fleurs sur son écriture :). La scène de torture du jeu, se rapproche plus d’une mise en scène à la 24 qu’a un Reservoir Dogs si tu veux mon avis, donc pas de clin d’œil avec Tarantino de façon implicite ou explicite (même dans le jeu en globalité).

    Le jeu vidéo a ses codes mais sa place et ses limites ne sont toujours pas vraiment en place. Choquant pour les bobo dans les périodes où la violence se faisait de plus en plus dans les jeux vidéo, maintenant les médias et les gens en général ont compris qu’il y a autre chose que du massacre virtuel dans cet art. Maintenant, ils faut qu’ils apprennent en quoi le jeu vidéo peut apporter à la culture élitiste et populaire. Ça, c’est un autre combat.

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  3. Le serpent
    Le serpent dit :

    De manière générale je suis tout à fait daccord avec toi sur l’analyse globale de gta 5.

    Pour moi chaque gta depuis l’ère du troisième épisode doit justifier sa violence. D’un cote ça paraît logique sinon ce serait de la violence gratuite et non stylisé.

    Alors que vice city trouvait cette justification dans une reference cinématographique aux films de truand des années 80 et San Andrea sur la critique de la pauvreté américaine, gta4 menait une critique globale sur le reve américain.

    Effectivment dans gta5 ya un peu de critique de notre Societe voyeuriste et postcrise.

    Mais la ou gta trouve sa justification de la violence c’est a travers trevor. Ce mec est dingue il peut don. Faire n’importe quoi sans qu’on puisse lui reprocher quoi que ce soit ! Et ce sont souvent ses missions qui sont les plus violentes !

    Voilà 20 lignes pour une p’tite idée !

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