High School! Kimengumi : Le Collège fou fou fou sur Sega Mark III (et oui !)

Attention : combinaison improbable ! Les Joyeux Loufoques, ça vous parle ? Cinq tordus de première qui furent les « héros » de High school ! Kimengumi, plus connu sous nos latitudes sous le titre « Le collège fou fou fou ». Véritable référence du manga comique, le collège trois fois fou a connu une déclinaison sur Sega mark III, la version japonaise de la Master System. Et si. Et ça donne quoi au fond ?

Attaque « KIMENFLASH » ! Voilà par quoi tout commence !

Souvenez-vous : le Club Dorothée, saison 1989-1990, une nouvelle série faisait son apparition entre Nicky Larson, Les Chevaliers du Zodiaque et les cabotineries de Dorothée, Ariane, Jacky, Patrick et du regretté Corbier. Le collège fou fou fou vient conter les tribulations de Laura, jeune élève quelque peu « girl next door », de Julie une autre élève quelque peu colérique ainsi que des Joyeux Loufoques, cinq jeunes garçons quelque peu…originaux ! Ray, le chef de bande, est un tordu typique, accompagné de Ted violent et alcoolique, Jim le boulimique qui garde toujours la ligne, Jean dit Jeannot aussi obsédé sexuel qu’il est hideux et Dan, homosexuel affiché dont la sensiblerie s’apparente à une profonde candeur teintée de bêtise. D’autres bandes d’élèves ainsi que toute une clique d’enseignants parfois même plus tordus encore viennent compléter le casting. Et voilà pour les ingrédients d’une série que je qualifierai de culte sans vergogne !

La map. Chaque endroit a son utilité.

Créé en 1983 par Motoei Shinzawa et d’abord diffusée sur le réseau NAS, Le Collège fou fou fou a en son temps illustré la liberté dont jouissaient encore les émissions jeunesse sur TF1, gommant ainsi les tristes doublages de Ken le Survivant (oui, tristes !) et les diverses censures qui émaillaient les épisodes de Juliette je t’aime (la bière traduite par du jus de pomme) ou Nicky Larson (les fameux restaurants végétariens ou la censure de l’épisode où Nicky abat un boxeur véreux d’une balle spéciale dans la tête). Ici, rien n’est dissimulé : de l’alcoolisme de Ted qui s’envoie des bouteilles de saké comme si c’était de l’eau minérale, l’obsession de Jeannot ainsi que ses mains baladeuses et son goût pour les revues pornographiques explicitement annoncé, l’homosexualité de Dan ainsi annoncée dans l’épisode des rencontres sportives : « On ne devait pas former des équipes mixtes ? Oh mais je suis un garçon très adaptable tu sais » ! Bref un véritable bras d’honneur lancé aux convenances, chose d’autant plus remarquable que lors de la seconde diffusion de la série en 1997 dans Récré Kids sur TMC, ces passages furent finalement et subrepticement gommés.

Julie vient régler son compte au pauvre Jim.

Le Collège fou fou fou fut donc bien un grand moment du Club do, et aurait sans doute donné deux ou trois poussées d’urticaire à madame Ségolène Royal, auteur du Ras le bol des bébés zappeurs

Une salle de classe, attention aux élèves revêches.

Après ces considérations nécessaires (votre dévoué est un enfant de la télé de cette époque et avait sa carte de membre du Club Dorothée, hein) accordons un petit coup d’œil à l’adaptation vidéoludique de cette série. J’avoue ma stupéfaction lorsque j’appris l’existence de ce machin, qui était d’autant plus incompréhensible qu’il n’était sorti qu’en version japonaise. Mais certaines personnes font des miracles, en l’occurrence ont développé un patch de traduction !

Le tout convenablement installé dans l’émulateur et c’est parti. Le jeu est un semblant de jeu d’aventure en milieu scolaire dans lequel le but est de faire sortir les Joyeux Loufoques de leur cachette pour les punir d’avoir fait une bien mauvaise blague à la pauvre Julie qui, victime de ses nerfs à fleur de peau, a fait une syncope. Laura va devoir s’y coller et donc débusquer les cinq tordus.

Attrapez-les tous comme qui dirait ! Les Pokémon n’ont finalement rien inventé !

Pour ce faire, elle devra user des faiblesses de chacun des Loufoques pour les amener à sortir de leur planque. Le jeu est graphiquement simple mais réussi, les expressions faciales des protagonistes sont on ne peut plus satisfaisantes. Mais c’est à peu près tout ce que l’on pourrait dire en fait ! Le reste n’est finalement que pur délire sans intérêt autre que celui de se dire, quoique incrédule, que l’on est entrain du jouer précisément à une adaptation du Collège fou fou fou.

Le principe général pourrait se décrire comme suit : aller à un point précis de la map, collecter un item, se rendre à tel endroit, activer l’item à un point précis pour faire sortir le loufoque et ainsi le capturer pour l’envoyer en salle de retenue et ainsi venger la malheureuse Julie.

La salle de physique-chimie, gardée par deux loubards tirés de la série.

A la manière d’un jeu de rôle ou d’une simulation de drague en milieu scolaire, le but sera donc d’accomplir certaines actions définies, et sans se faire ni toucher ni même surprendre par les surveillants du bahut ou d’autres élèves. Débusquer ainsi les cinq fâcheux et le jeu est accompli. En gros, une fois que l’on connaît la marche à suivre (merci les tutos de Gamefaqs au passage), le jeu n’est plus qu’une suite de commandes à exécuter. Difficile aujourd’hui de trouver encore un intérêt réel à ce type de jeu, qui au surplus se plie en moins de dix minutes. A nouveau, le fait de jouer à cette curiosité est un accomplissement en soi ; pouvoir dire avec des trémolos dans la voix « J’ai joué au Collège fou fou fou sur Sega Mark III la version japonaise de la Sega Master System » attirera à vous des regards incrédules ou amusés et fera donc de votre personne le centre d’intérêt durant quelques secondes, mais cela s’arrêtera là !

Appâtez Jeannot l’obsédé avec une lettre d’amour !

Alors savourez bien l’effet de surprise que vous susciterez après avoir prononcé la phrase susmentionnée, car tel est le véritable intérêt de cette cartouche : provoquer la stupéfaction.

L’univers du collège fou fou fou aurait justifié un bon jeu de plates-formes, surtout lorsque l’on sait à quel point les tribulations des loufoques ont dépassé le simple cadre de l’établissement scolaire (qui sert selon Ray à manger à volonté, à dormir en attendant de trouver du travail). Ici on a donc une véritable curiosité, mais l’aspect ludique est si limité que l’on n’accorde à ce titre qu’une attention de principe. Mais bon, le jeu existe et l’avoir testé est en soi une anecdote qui vous fera donc briller en société, avant de vous retaper quelques-uns des épisodes délirants de cette série culte. Ah, les colères de mademoiselle Hillary, les exploits de Ray, ou un mémorable match de volleyball…

Et pour finir comme d’hab, un lien pour illustrer (et en prenant son temps).

Le jeu vous le dit lui-même : allez lire le manga ou mater la série. Au lieu de perdre votre temps avec ce « jeu » !

Informations sur le jeu

Plateformes : Sega Mark III

Genre : Semblant de jeu d’aventure

Développeurs : Sega

Éditeur : Sega

Date de sortie : 1986

4 réponses
      • gruute
        gruute dit :

        Pour le coup, pour avoir joué à Mikie sur Amstrad à l’époque (et sur arcade maintenant), le gameplay n’est pas tout à fait le même quand même (dans les salles de classe, il fallait bousculer les élèves assis à leurs places, etc.).
        Mais j’ai l’impression que l’inspiration (graphique, du moins) est bien là.

        https://www.youtube.com/watch?v=1-JJAkfSdJw

        Par contre, je viens de découvrir le site (par l’entremise d’un contact sur senscritique qui rédige ici ^^), je ne connais pas encore « notre » Yace mais je compte sur lui 😀

        Répondre
  1. Yace
    Yace dit :

    Mikie est en effet un jeu assez proche mais plus axé « action » avec des épreuves sur un écran, le parti pris graphique venant à mon avis plus du côté « standardisé » du milieu scolaire au japon (comparez les salles de classes visibles dans Le Collège Fou fou fou, Kimagure Orange Road, Video Girl Ai, Ramna1/2, Urusei Yatsura ou encore GTO). Konami avait avec Mikie voulu pasticher ce milieu en axant ce jeu autour des conneries du principal personnage et ainsi donner la possibilité à des élèves disciplinés de s’encanailler un peu ! A l’époque des jailbreak et autre Green Beret, Mikie était un poil plus délirant. Et bienvenue sur LSR, le site où il fait bon lire ! Y.

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *