UBERSELECTION DE toma überwenig

(NDT : oui, je suis en premier, privilège du larbin de service qui a eu l’erreur de dire « envoyez moi vos top, les gars, je me charge de la mise en page! »)

TOPFLOPfez

A la question « doit-on se limiter aux jeux PS3/Xbox360 pour ce top/flop ? », on m’a répondu en backstage, de façon tout à fait sensée, que non, vu que cette génération, la septième, comprenait aussi la Wii, la PSP et la DS. Un réponse qui m’a chiffonné, pour tout vous dire, et ce pour deux raisons. A mes yeux, le basculement de génération s’opère principalement par la nouvelle next gen HD, la Wii étant un outsider sur bien des plans, notamment de par ses choix d’interface et son rejet de la HD. La date de sortie de la WiiU, à cheval sur deux générations, confirme ce statut à part. Il en va de même pour le duo/duel des consoles portables, toutes deux sorties en décalage par rapport aux monstres HD, De plus, les portables représentent, toujours à mes yeux, un microcosme, une logique à part. La DS, si elle fait front avec la Wii dans son exploration de nouvelles interfaces de jeux, trace malgré tout une ligne bien à elle et strictement Nintendo, prolongeant la lignée GameBoy, qui évolue indépendamment des notions de générations. La PSP de son coté réussit la prouesse de transposer dans une portable les performances des consoles de salon de la génération « précédente »… Enfin pas vraiment, dans la mesure où la PSP est contemporaine de la PS2, et la PSVita de la PS3. Donc elle aussi se retrouve avec un statut un peu batard, transgénérationnel.

Mais l’autre raison qui m’a fait froncer du nez à la réponse sans appel de mon camarade, c’est un constat un peu glaçant, partagé avec Totof, entre autres respectés collègues : cette génération a quand même beaucoup de jeux excellents, mais lorsqu’il s’agit de faire une sélection de trois titres, aucun ne ressort véritablement, constat cruel d’un semi-échec générationnel. Bien sûr, vous allez me dire « Et GTAV, bordel de fesse!? et Skyrim (-job) (hé hé) ?! Red Dead Redemption ?! Bioshock ?!! Amy ?!! » Le fait est que d’une, je n’aime pas vraiment les GTA, les jeux d’aventure « à la PC » (whatever that means) m’indiffèrent, même si je leur reconnait toutes les qualités du monde (donc simplement une affaire de goûts), mais surtout, il manquait à tous les grands jeux de cette génération HD ce petit supplément d’âme qui habitait des oeuvres comme Ico, Okami, Shadow of the Colossus, Kingdom Hearts, God of War, bref, des jeux qui se démarquaient de façon incontestable du lot et offraient quelque chose d’unique.

Ce long préambule pour expliquer que finalement, les vraies tueries de cette génération sont dans les marges, ont déserté le marché des jeux « boites » HD. Mais du coup, tant par souci de cohérence interne (fêter l’arrivée du next step HD), et par défi, j’ai finalement décidé de focaliser sur la génération HD, histoire de corser le challenge! J’ai donc dit adieu à mon cher XenoBlade Chronicles, mon indispensable Bit.Trip Saga, et le gigantesque Kingdom Heart Birth By Sleep (oh, quelle subtile technique pour glisser mon trop 3 initial, je suis machiavélique, subtil et fin, vraiment…), pour me creuser les méninges, et trouver des jeux qui sortent vraiment du lot sur les deux géants HD, que j’ai aimé, que j’ai fait, et qui méritent VRAIMENT une médaille. Et c’était pas facile, mais après quelques nuits blanches, deux saignements de nez, trois trips au Peyote et un jeûne de 23 jours, voici ma sélection (oui, je prends les choses au sérieux, même lorsque tout le monde s’en fout, c’est comme ça).

TOP (tous ex-aequo, c’est la fête chez burve!)

FEZ

Sous des atours de petit jeu indé on ne peut plus mignon exploitant une idée géniale, l’utilisation de la troisième dimension dans un monde en 2D en pouvant basculer à 90° à l’aide des gachettes afin de révéler et d’exploiter la profondeur du décor (pas clair, je sais, mais limpide lorsqu’on a le jeu en main), FEZ est en réalité un monstre de profondeur. Les idées de génie s’entrechoquent tout en formant un tout cohérent, la richesse du jeu donne le vertige tout en laissant au joueur le choix de se laisser emporter dans les replis du jeu et ses multiples niveaux de lectures, ou jouer en surface (au strict comme au figuré), et l’on se retrouve rapidement à sortir, comme à la belle époque, un cahier pour travailler sur les énigmes les plus retorses, décrypter les langages secrets à base de tetrominos, à se relever la nuit pour jouer, et à se dire que bon, même les pires des connards peuvent apporter quelque chose à l’humanité.

Journey

Plus encore que God of War 3, c’est ce jeu qui m’a convaincu, après bien des hésitations au fil des années, de m’acheter une PS3. Moi qui nourrissait une haine farouche du jeu en ligne, rencontrer dans ces décors désolés et poétiques dignes d’un anime de Miyazaki un compagnon d’infortune, être lié à lui par une empathie au delà des mots, c’était tout simplement magique. Un gameplay simple et d’une cohérence exemplaire, en cela inspiré de la production précédente du studio, l’excellent Flower, Journey assure un sans faute en offrant naturellement ce que Quantic Dream s’escrime à tenter de nous jeter à la face à coups d’artifices souvent creux : une expérience différente du vidéoludique, avec toute la force du cinéma, sans sacrifier pour autant la dimension ludique de la chose…

The Last of Us

The Last of Us n’est pas un des trois meilleurs jeux sorti sur cette génération. Pourtant, il incarne à la perfection les forces et les limites de cette génération, et par extension de la course à la HD. Un scénario puissant, une mise en scène digne d’un blocbuster intelligent (pardonnez l’absurdité d’une telle association d’idée), sans virer dans les travers du pourtant excellent Uncharted 2, à savoir sacrifier au spectacle jusqu’à en perdre cohérence et âme, The Last of Us est une certaine vision de la génération HD, tout simplement. Et là encore, il représente un magistral doigt d’honneur fait à Quantic Dream (que j’aime bien, pourtant, j’vous jure!), osant le langage cinématographique, le vrai, sans jamais sacrifier le ludique. Nous étions enfants lorsque la SuperFamicom nous berçait, ados rebelles lorsque le CD et le DVD ont imposé leur mesure dans le jeu vidéo, nous sommes désormais adultes dans un monde de merde, comme nous le rappellent de concert George Abidbol et The Last of Us.

Alors ça m’énerve parce que j’ai plus de place pour parler de l’exemplaire Resonance of Fate, le seul vrai J-RPG next gen – là où Lost Odyssey est simplement un FF classique déguisé, pour le meilleur et pour le pire-, de l’excellent et audacieux Deadly Premonition qui réussit le pari de faire fi de l’impératif de überHD 260000 frames par seconde et une explosion par minute pour nous offrir une aventure qui repose sur son excellente ambiance, sa finesse d’écriture et qui nous renvoie au meilleur de Twin Peaks de David Lynch, ou encore de Mushihime Sama Futari, le point de ralliement dans le shoot’em up contemporain, un danmaku d’une richesse hallucinante, tant en terme de réalisation et de mise en scène que de puissance de gameplay, voire de gameplays, vu que chaque mode proposé est tellement différent des autres niveau scoring et mécaniques de jeu qu’on quasiment parler de jeux différents. Pierre angulaire, introduction idéale dans le monde du danmaku, axe d’un renouveau possible du genre, ce n’est pas mon préféré à proprement parler, mais certainement le plus important. Mais comme j’ai déjà claqué mes trois tops, je n’en parle pas, c’est dommage, ça m’énerve, mais bon, si j’en parlais, ça serait tricher…

FLOP

Bizarrement, c’était aussi plutôt difficile de trouver des jeux exceptionnellement mauvais, la norme étant une médiocrité relative mais pas marquante. J’ai délibérément exclus les adaptations de films pour une raison simple : ce ne sont pas des jeux mais juste des pompes à fric destinés aux pauvres parents bien intentionnés mais mal renseignés qui veulent faire plaisir à leurs enfants en leur achetant un jeu.

Steel Battalion Heavy Armor (Xbox360)

Le second plus gros gag vidéoludique de sa génération. Après avoir sorti un premier épisode sur Xbox, avec la manette qui va bien, émulant l’intérieur des fameux Tank Verticaux, cet épisode faisait fantasmer à distance, je veux dire, merde, des mécas rétros sur console HD, impossible de se louper sur un projet comme ça… Sauf si on décide de le rendre incompatible avec l’énoooorme manette que les fans avaient gardé amoureusement, de tout basculer vers du Kinect plus qu’approximatif, rendant l’ensemble injouable, et… Bon, c’est tout, mais c’est déjà pas mal, dans le genre Fail, non ?

AMY (PSN, XBLA)

Quand médiocrité, désinformation et manque de moyens se rencontrent dans le monde du jeu vidéo, ça donne AMY. Les promesses : Imaginez un croisement entre Silent Hill, Resident Evil et Ico, un survival horror flippant et passionnant, avec de l’émotion, et une relation profonde entre le joueur et le second personnage dirigé par l’IA qui ne manquera pas d’évoquer celle qui vous liait à Yorda dans Ico. La réalité : … un faux triple A réalisé avec les pieds, avec une ergonomie digne d’un VS fighting géré avec un tapis de danse, une gamine qu’on essaie de tuer dès le premier quart d’heure, des mécaniques répétitives à pleurer, des bugs à foison, des ennemis échappés d’un train fantôme de fête patronale. Bref, faudrait être fou pour tester ce jeu…

Duke Nukem Forever (PS3, Xbox360)

Le Duke joue avec son caca, faut-il vraiment en dire plus ? Absence totale d’adrénalyne, les ennemis arrivant au compte goutte (au lieu de la masse dense des origines),  de poseur macho avec des cojones grosses comme ça, le Duke est devenu un vieux ramoli dégueulasse sénile jouant avec son caca. Et le jeu est à l’image du perso, les hordes d’ennemis en furie cédant place à des déserts d’inaction de temps en temps interrompus par une petite brochette de vilains. Fallait-il vraiment nous faire attendre 10 ans pour ça ? Bon, ils auraient pu faire pire et nous sortir cet étron sur Next Next Gen, remarquez… C’est pas comme si on était à quelques années près, hein!

Voilà voilà, mes trois flops… Mais je crois que les flops de cette génération ne sont pas à proprement parler des jeux, même si ce trio se défend particulièrement bien, attention! Non, le vrai flop de cette génération, c’est la dictature du DLC payant. Procédé déjà pas très élégant en soi, il s’est développé au cours de cette génération et est passé de « complément de jeu payant » à « complément de jeu pas fini à la sortie déguisé en bonus », pour devenir dans sa version la plus odieuse et la plus tristement répandue « morceau d’un jeu retiré artificiellement pour que le joueur qui veut simplement profiter de son jeu en entier soit obligé de payer un complément ». Personnages de jeu de baston déjà présent sur le disque mais bloqués par un code, une Catwoman bloquée par un code pour empêcher la revente du jeu, pseudo fin alternative qui s’avère être tout bonnement la « vraie » fin, les exemples abondent et son carrément scandaleux! Plus que le Kinect, plus que Amy, la véritable honte de cette génération, le Flop Total, c’est le DLC! Halte aux jeux en kit, halte à la politique de la vache à lait, MORT AUX DLC PAYANTS!!!!

7 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Allez, j’en profite histoire de lacher quelque chose que j’ai sur le coeur concernant Assassin’s Creed, le jeu qui divise (vite fait) les rangs de LSR :
    même si la série se vautre à une vitesse impressionnante dans la redite sans qualité,
    même si chaque jeu n’étant rien de plus qu’un remake/add-on annuel du précédent (on se croirait dans un MMO…),
    même si je ne supporte pas la fausse classe d’Ezio,
    même si les modélisations du second épisode sont d’une laideur affligeante (je suis allé me laver les yeux au savon après avoir relancé par erreur AC2)
    même si la technique du « je m’assois sur un banc » fait vraiment pitié et manque de l’humour qui caractérisait le carton de Snake,
    et même si le scénario séduisant sur fond de conspiration (en soi plutôt excitant a priori) a été dilué jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un café ralongé à la pisse d’âne,
    il ne faut quand même pas oublier quelques points :
    – AC premier du nom a été d’une part le premier à proposer une foule en mouvement avec collision et « réactions ». Même si c’était finalement pas assez bien fichu pour faire illusion, au moment de sa sortie, je crois (sans y mettre ma main à couper) que c’était une première à cette échelle-là.
    – AC a réussi à proposer des sensations que seul Prince of Persia (Sables Oubliés) avait effleuré jusqu’alors, et à donner même par moment un semblant de vertige. Sauter de toits en toits en se laissant porter par un moteur physique permissif qui donnait vraiment le sentiment de n’avoir aucune limite. Une sorte de God of War de l’agilité, pour caricaturer.

    Bref, AC n’était pas à la hauteur de ses ambitions démesurée, mais a été, un temps seulement peut-être mais ça compte quand même, le porte étendard des capacités de sa génération de consoles, une ouverture vers ce qu’auraient pu proposer les jeux d’avenir en terme de qualité plastique, rêve que même Ubi ne réalisera finalement jamais, en tout cas pas sur cette génération de consoles.
    un jeu dont on revient, mais que je lançais parfois juste pour me balader en ville en sautant comme un diable (en cage, au final, mais qu’importe).
    C’est simplement, ni plus, mais certainement pas moins non plus, une sorte de Prince of Persia (celui de l’époque Amiga) pour cette génération de console.
    Voilà, il fallait que ce soit dit.
    Cela ne m’empêche pas de pisser à gros jets sur AC 2 et toutes ses suites et de un shampoing au vomi à Ezio.

    • Bloodevil
      Bloodevil dit :

      Personnellement j’ai jamais aimé les sagas Ubisoft.
      Jolies, bien huilées, gameplay sympa, bonnes notes tout ça, mais il y a un truc que je ne retrouve jamais en elles : l’âme. Ou la personnalité, le modjo quoi.
      Ou du moins le peu de jeux qui en ont, ils lui pompent sa personnalité à travers des suites qui vont peu à peu diluer son caractère.
      Sa passe par la narration, la direction artistique, l’envie ou je ne sais quoi… Mais à chaque fois j’ai l’impression de me retrouver avec des blockbusters bien foutus mais sans passion. Comme un manque de vision d’auteur, on sent bien trop le gros cahier des charges derrière tout ça.
      J’attends Wacth Dogs pour me faire mentir, mais de ce que j’en ai vu j’ai du mal à le considérer autrement qu’un GTA sans ce que j’aime dans GTA.
      ‘Fin bref coup de gueule gentillet, ça m’empêche pas d’acheter leurs jeux ^^.

      Sinon les gars super article je vous kiffe, toma tu dois être mon jumeau (maléfique bien-sûr), Jean j’adore j’ai envie de découvrir plein de jeux grâce à toi, Cristophe et Yannou tel le yin et le yang avec MGS4 (moi-même je sais pas quoi en penser xD), Franz ton top/flop surprenant mais super intéressant (et +1 pour Limbo ^^), Victor pour ta justesse de toujours, Luc pour son écriture bien classe et tout le reste.
      Merci pour cette année en tout cas !

        • Toma Überwenig
          Toma Überwenig dit :

          Alors soit j’ai perdu le mail du chef (et vu le nombre d’heures (oui, heures au pluriel!) passé à écumer ma boite, ce serait étrange) soit, en bon lascar, le chef ne me l’a pas envoyé, ce qui explique le machiavélique « non, mais t’inquiète, toma, si tu trouves pas mon top, t’embête pas, publie-le comme ça, c’est pas grave *sanglot*, non, vraiment, t’inquiète… » que j’ai reçu suite à mon aveu d’impuissance.

          (et oui, Bloodevil, communion d’esprit +99^^!!!)

  2. Totof
    Totof dit :

    Ah enfin, merci Toma ! Je rejoins bien évidemment Franz en général et en particulier sur Limbo qui est une souffrance, et je me réjouis de voir que je ne suis pas le seul à penser du mal de la saga AC.

    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      De rien Totof, tu connais l’adage, « mieux vaut tard qu’encore plus tard » (et tu recevras probablement la semaine prochaine une nouvelle illustration de cet adage, que je risque d’ériger en épitaphe, à la longue…).
      Je me retrouve avec AC dans une position trouble : d’un coté, je rejoins de bon coeur le camp des AC-haters, pour les raisons mentionnées plus haut, et le principe mécaniste sans âme de la série dénoncé maintes fois dans ce top/flop, mais sans oublier qu’à l’époque où l’open world n’était pas encore la norme stricte imposée ad nauseum (apprend le latin avec tomus uberwenigum), où l’on n’avait pas encore Red Dead Redemption pour nous éblouir avec les étendues sauvages au soleil couchant, où courir sur les toits était vraiment une sensation libératrice et nouvelle, quand bien même ces toits ressemblassent à des constructions lego nivelées uniformément, et bien AC premier du nom offrait quelque chose d’audacieux, de nouveau, d’enivrant, malgré toutes les promesses tenues qu’à moitié.
      Mais dès le second épisode, le ton est donné : augmentation du nombre d’heures de jeu de façon artificielle via des quêtes annexes qui n’influent en rien sur le déroulement de l’histoire, recyclage des mêmes erreurs, aucune capacité de remise en question, application à la lettre de la technique « Lost » pour ne pas faire évoluer le scénario et ralonger la sauce de cette « trilogie » jusqu’à ce qu’on n’en ait plus rien à foutre du tout.

      Enfin, dommage, quoi!

  3. Flbond
    Flbond dit :

    J’arrive un peu après la bataille, mais je vois de très beaux tops/flops là. Je pensais ne pas être d’accord à 100 % avec certains mais même les argumentaires me vont, avec une préférence pour celui de Totof avec qui je partage beaucoup.

    Merci Toma.

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