SELECTION DE TOTOF

TOPFLOPbayonettaSi vous voulez mon avis argumenté sur cette génération de consoles qui s’éteint, je vous invite à lire ma réflexion. Vous comprendrez bien que je n’en suis pas un grand fan. Je n’y ai pas retrouvé la richesse et l’émotion de la précédente. Peut-être que je grandis voire je vieillis mal, mais toujours est-il qu’elle ne me laissera pas autant de bons souvenirs que ses devancières. Cependant, il y a eu quelques moments sympas. Je pense surtout à la scène indépendante ou aux concepts simples et efficaces comme Portal. Finalement, choisir seulement trois titres a été difficile. Les voilà :

TOP

3. The Witcher 2 : Assassins of Kings (Xbox 360)

Le podium a été âprement disputé entre le RPG polonais et le sombrissime Dark Souls, dont je suis un grand fan reconnu. Finir ce jeu, c’est devenir un homme. Mais c’est un peu pareil pour The Witcher 2, parce que survivre à ses premiers actes n’est pas chose aisée. Et voir toutes ces meufs à poil et ce sexe assumé, c’est savoir que les développeurs respectent notre maturité et notre intelligence. Et oui. Ce que j’ai préféré dans ce jeu, c’est sa recherche de la qualité et de la justesse. Pas de monde ouvert, mais tout est bien pensé pour être riche et intéressant. Que dire aussi de l’écriture ? Merci CD Projekt.

2. The Elder Scrolls V : Skyrim (Xbox 360, PS3)

Jusqu’ici, mon plus grand voyage vidéoludique avait été dessiné par Akira Toriyama. Les promenades, les couchers de soleil, les monstres folkloriques de Dragon Quest VIII constituaient des souvenirs indélébiles et inégalés. Mais ça, c’était avant. Avant Skyrim, avant le monde majestueux de Bordeciel, avant de voir la ville de Solitude se dessiner à l’horizon, avant d’admirer les cascades de Markarth, avant de trembler face aux dragons et aux draugrs, avant de décider ce que sera mon destin dans cet univers magnifique. Skyrim, c’est le voyage d’une vie.

1. Bayonetta

En 2009, j’ai été coincé neuf mois au chômage. Neuf mois à m’ennuyer profondément, à rechercher la perle vidéoludique qui viendrait éclairer mon quotidien, me redonner espoir. J’ai eu beau jouer des heures durant à Street Fighter IV, il n’y a eu guère que Batman: Arkham Asylum pour raviver la flamme. Mais en dépit de toutes ses qualités, le titre de Rocksteady n’est pas un « grand » jeu. Il a fallu que Hideki Kamiya vienne avec sa sorcière en latex, que je trouvais ridicule à première vue, une semaine avant de retrouver une activité professionnelle. Mais c’était sans compter et sans comprendre que le degré de lecture de Bayonetta était au moins le huitième. Putain, botter des culs d’anges sur fond de Fly me to the moon, si ça ce n’est pas du génie, je ne m’appelle plus Totof.

FLOP

Ensuite, les flops. Je vais pouvoir sortir les sécateurs. Beaucoup de choses m’ont déplu dans cette génération: les DLC, les triples A sans saveur, les déclinaisons 1.5, le faible nombre d’exclusivités, les reboots et les remakes à la mords-moi-le-nœud, le déclin de l’empire japonais malgré quelques soubresauts (PESoutai?), le manque d’initiatives, d’originalité et de poésie, bref le jeu vidéo fade. Alors, ne soyez pas étonnés de retrouver un peu de tout ça dans mon flop 3 :

3. Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriot

J’avais fait jaser à l’époque où j’avais placé le quatrième épisode de MGS dans mon Toptof 50 section Déceptions. Bah oui, cet opus me laisse un goût amer. Et pourtant, je l’ai terminé deux fois. Pourquoi? Parce que je suis un fan de la série, ayant torché le 1 et le 3 comme il faut (le 2 me plait beaucoup moins, bisous greyfox, tu sais pourquoi). Mais est-ce que Kojima savait quoi faire de ce MGS 4, franchement? A part faire de l’auto-référence et du fan service, c’est quoi la ligne directrice? Découpé en actes et en scènes ennuyeuses, avec un Snake armé jusqu’aux dents, le soft se perd et se laisse vivre. Et rien pour la fin petit kiki, il mérite d’être dans ce flop 3.

2. Tomb Raider

J’ai hésité entre ce jeu et Uncharted 2 pour placer en dauphin un représentant du jeu d’aventure, dont on moque un peu trop les codes ces derniers temps. Ces deux jeux sont certes très beaux, et alors? Suis-je le seul à avoir espéré du renouveau de la saga de Lara Croft une aventure au sens noble du terme, et surtout pas à un TPS longuet (bien moins bon qu’un Max Payne 3 pour moi)? J’ai dû me tromper de crèmerie, mais l’esprit n’est pas là et c’est toute la saveurdu soft qui en prend un coup. On m’avait promis survie et violence; je n’ai vu que de l’action pour l’action et des scènes bien mal jouées.

1. Assassin’s Creed

L’assassin d’Ubisoft est pour moi l’incarnation du mal de cette génération. Avec son monde ouvert gigantesque mais ennuyeux au possible, il a alimenté pas mal de discussions avec mon ami Yannou. Une belle meuf qu’on peut juste regarder sans avoir le droit d’aller voir ailleurs, n’est-ce pas frustrant? Une Porsche qu’on ne peut sortir que le dimanche matin de 10h à 11h pour faire le tour du quartier en seconde vitesse, à quoi ça sert? Assassin’s Creed est rempli d’incohérences gênantes (les combats, Desmond, les sauts dans la paille), de vide, de routine, d’ennui incommensurable… Et en plus, il a eu la mauvaise idée de sortir pratiquement tous les ans. M’énerve…

7 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Allez, j’en profite histoire de lacher quelque chose que j’ai sur le coeur concernant Assassin’s Creed, le jeu qui divise (vite fait) les rangs de LSR :
    même si la série se vautre à une vitesse impressionnante dans la redite sans qualité,
    même si chaque jeu n’étant rien de plus qu’un remake/add-on annuel du précédent (on se croirait dans un MMO…),
    même si je ne supporte pas la fausse classe d’Ezio,
    même si les modélisations du second épisode sont d’une laideur affligeante (je suis allé me laver les yeux au savon après avoir relancé par erreur AC2)
    même si la technique du « je m’assois sur un banc » fait vraiment pitié et manque de l’humour qui caractérisait le carton de Snake,
    et même si le scénario séduisant sur fond de conspiration (en soi plutôt excitant a priori) a été dilué jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un café ralongé à la pisse d’âne,
    il ne faut quand même pas oublier quelques points :
    – AC premier du nom a été d’une part le premier à proposer une foule en mouvement avec collision et « réactions ». Même si c’était finalement pas assez bien fichu pour faire illusion, au moment de sa sortie, je crois (sans y mettre ma main à couper) que c’était une première à cette échelle-là.
    – AC a réussi à proposer des sensations que seul Prince of Persia (Sables Oubliés) avait effleuré jusqu’alors, et à donner même par moment un semblant de vertige. Sauter de toits en toits en se laissant porter par un moteur physique permissif qui donnait vraiment le sentiment de n’avoir aucune limite. Une sorte de God of War de l’agilité, pour caricaturer.

    Bref, AC n’était pas à la hauteur de ses ambitions démesurée, mais a été, un temps seulement peut-être mais ça compte quand même, le porte étendard des capacités de sa génération de consoles, une ouverture vers ce qu’auraient pu proposer les jeux d’avenir en terme de qualité plastique, rêve que même Ubi ne réalisera finalement jamais, en tout cas pas sur cette génération de consoles.
    un jeu dont on revient, mais que je lançais parfois juste pour me balader en ville en sautant comme un diable (en cage, au final, mais qu’importe).
    C’est simplement, ni plus, mais certainement pas moins non plus, une sorte de Prince of Persia (celui de l’époque Amiga) pour cette génération de console.
    Voilà, il fallait que ce soit dit.
    Cela ne m’empêche pas de pisser à gros jets sur AC 2 et toutes ses suites et de un shampoing au vomi à Ezio.

    • Bloodevil
      Bloodevil dit :

      Personnellement j’ai jamais aimé les sagas Ubisoft.
      Jolies, bien huilées, gameplay sympa, bonnes notes tout ça, mais il y a un truc que je ne retrouve jamais en elles : l’âme. Ou la personnalité, le modjo quoi.
      Ou du moins le peu de jeux qui en ont, ils lui pompent sa personnalité à travers des suites qui vont peu à peu diluer son caractère.
      Sa passe par la narration, la direction artistique, l’envie ou je ne sais quoi… Mais à chaque fois j’ai l’impression de me retrouver avec des blockbusters bien foutus mais sans passion. Comme un manque de vision d’auteur, on sent bien trop le gros cahier des charges derrière tout ça.
      J’attends Wacth Dogs pour me faire mentir, mais de ce que j’en ai vu j’ai du mal à le considérer autrement qu’un GTA sans ce que j’aime dans GTA.
      ‘Fin bref coup de gueule gentillet, ça m’empêche pas d’acheter leurs jeux ^^.

      Sinon les gars super article je vous kiffe, toma tu dois être mon jumeau (maléfique bien-sûr), Jean j’adore j’ai envie de découvrir plein de jeux grâce à toi, Cristophe et Yannou tel le yin et le yang avec MGS4 (moi-même je sais pas quoi en penser xD), Franz ton top/flop surprenant mais super intéressant (et +1 pour Limbo ^^), Victor pour ta justesse de toujours, Luc pour son écriture bien classe et tout le reste.
      Merci pour cette année en tout cas !

        • Toma Überwenig
          Toma Überwenig dit :

          Alors soit j’ai perdu le mail du chef (et vu le nombre d’heures (oui, heures au pluriel!) passé à écumer ma boite, ce serait étrange) soit, en bon lascar, le chef ne me l’a pas envoyé, ce qui explique le machiavélique « non, mais t’inquiète, toma, si tu trouves pas mon top, t’embête pas, publie-le comme ça, c’est pas grave *sanglot*, non, vraiment, t’inquiète… » que j’ai reçu suite à mon aveu d’impuissance.

          (et oui, Bloodevil, communion d’esprit +99^^!!!)

  2. Totof
    Totof dit :

    Ah enfin, merci Toma ! Je rejoins bien évidemment Franz en général et en particulier sur Limbo qui est une souffrance, et je me réjouis de voir que je ne suis pas le seul à penser du mal de la saga AC.

    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      De rien Totof, tu connais l’adage, « mieux vaut tard qu’encore plus tard » (et tu recevras probablement la semaine prochaine une nouvelle illustration de cet adage, que je risque d’ériger en épitaphe, à la longue…).
      Je me retrouve avec AC dans une position trouble : d’un coté, je rejoins de bon coeur le camp des AC-haters, pour les raisons mentionnées plus haut, et le principe mécaniste sans âme de la série dénoncé maintes fois dans ce top/flop, mais sans oublier qu’à l’époque où l’open world n’était pas encore la norme stricte imposée ad nauseum (apprend le latin avec tomus uberwenigum), où l’on n’avait pas encore Red Dead Redemption pour nous éblouir avec les étendues sauvages au soleil couchant, où courir sur les toits était vraiment une sensation libératrice et nouvelle, quand bien même ces toits ressemblassent à des constructions lego nivelées uniformément, et bien AC premier du nom offrait quelque chose d’audacieux, de nouveau, d’enivrant, malgré toutes les promesses tenues qu’à moitié.
      Mais dès le second épisode, le ton est donné : augmentation du nombre d’heures de jeu de façon artificielle via des quêtes annexes qui n’influent en rien sur le déroulement de l’histoire, recyclage des mêmes erreurs, aucune capacité de remise en question, application à la lettre de la technique « Lost » pour ne pas faire évoluer le scénario et ralonger la sauce de cette « trilogie » jusqu’à ce qu’on n’en ait plus rien à foutre du tout.

      Enfin, dommage, quoi!

  3. Flbond
    Flbond dit :

    J’arrive un peu après la bataille, mais je vois de très beaux tops/flops là. Je pensais ne pas être d’accord à 100 % avec certains mais même les argumentaires me vont, avec une préférence pour celui de Totof avec qui je partage beaucoup.

    Merci Toma.

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