Si l’on étudie la personnalité d’Heny Jones, jr, plus connu sous son pseudonyme d’Indiana, on ne peut que se trouver frappé du flagrant contraste qui unit les deux facettes du personnage. Brillant universitaire portant beau le nœud pap au point de se faire draguer par ses étudiantes d’un côté, baroudeur infatigable et limite inconscient de l’autre, toujours à la recherche d’antiquités et tricard sur l’île de Zanzibar dont le sultan a juré de lui faire couper les attributs virils…le personnage est une contradiction permanente mais finalement reste fidèle à ses deux visages pour constituer le héros de trois films sublimes. Et je dis bien trois.

Un tel personnage ne pouvait que faire un protagoniste parfait sur console, et les concepteurs ne s’y sont pas trompés ! Sur Super Nintendo arriva au surplus un jeu unique car triple : là où les jeux mettant en scène ce cher Indy se basaient le plus souvent sur une seule et même aventure, liée ou pas aux trois films de la trilogie (oui, LA TRILOGIE), ce titre en question bouffera à tous les râteliers : Indiana Jones Greatest Adventures, sorti en 1994 par JVC, dèjà responsable de l’excellente trilogie de jeux Star Wars sur la même console. Plutôt que de créer une trilogie de jeux avec les aventures du professeur Jones, JVC nous sort cette-fois un concentré, ouf, pas besoin de claquer cinq cents balles pour revivre l’intégralité des tribulations de l’homme au chapeau. Merci pour ma bourse, ou plutôt celle de papa et maman .

Les cutscenes résument bien les situations et sont superbes.

Les cutscenes résument bien les situations et sont superbes.

Un jeu de plates formes à l’évidence

Les mecs de JVC nous proposent donc de revivre les pérégrinations d’Indiana Jones suivant la chronologie des trois films, laquelle est rappelons-le désordonnée, Les Aventuriers de l’Arche perdue se déroulant en 1936, Le Temple maudit en 1935 et La dernière Croisade commençant en 1912 pour s’achever en 1938. Simple question de logique pour les programmeurs, mais bon, un pot-pourri des trois épisodes qui aurait redressé un peu l’axe du temps aurait témoigné d’un sérieux supplémentaire qui aurait été tout à l’honneur de JVC, m’enfin, ne soyons pas trop vache. On commence donc par aller percer le mystère de l’Arche d’alliance avant de restaurer la prospérité et la joie d’une petit village des Indes avant d’enfin conquérir le saint Graal, le tout en une seule et même cartouche, excusez du peu. Comme beaucoup de jeux à licence de l’époque, il s’agit de baser des séquences de jeu sur les scènes marquantes de films et d’en faire des passages interactifs qui prendront plus ou moins de liberté avec leur modèle sur grand écran. Et c’est ici que commencent les soucis : la trilogie Indiana Jones recèle tant de morceaux de bravoure que proposer un condensé exhaustif en une seule cartouche est déjà un défi de taille. Bon, et comme il faut bien rentabiliser la licence, la narration du jeu se fait au moyen de cutscenes très réussies, il ne fallait pas rater ça..

A la poursuite de l'Arche sur les toits...

A la poursuite de l’Arche sur les toits…

Pour le reste, on découvre un jeu finalement très classique qui avait tout pour bénéficier de toute une grandiloquence ludique, comme à mon sens l’ont réussi les adaptations micro des aventures d’Indy en point-‘n’ click ( The Last Crusade ou encore Fate of Atlantis) mais qui malheureusement échoue et se borne au statut, fort honorable déjà, de bonne pioche. Le souci graphique est bien présent mais laisse une impression de déjà vu ou plus exactement de « aurait pu faire mieux tout de même », surtout compte tenu de la variété des lieux que notre universitaire aura parcouru au gré de ses trois déclinaisons hollywoodiennes. La jouabilité est riche mais réclame une adaptation qui aura raison des joueurs, toujours plus nombreux, pour qui le contrôle d’une jeu de plates-formes doit être à l’image de celui d’un Mario, c’est à dire parfait. Ici, les sauts et la gestion des ressources et notamment du fouet sont pour le moins exigeants, un peu comme c’était le cas dans les trois jeux adaptés de Star Wars. Et en dépit d’une variété assumée, l’ensemble du jeu apparaît comme bien mené mais dépourvu de cette dose de majesté qui avait fait, souvenez-vous, la grandeur perceptible de Super Star Wars.

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