En quelques minutes de jeu, tout est dit…

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Après un titre en rouge désaturé sur fond de forêt sombre, un garçon au pullover rouge déboule une pente rocheuse, lançant de fait le joueur sans explication aucune, sinon l’indication de la direction à suivre, dans une situation de fuite, d’urgence tranchant avec les décors bucoliques des premiers écrans. L’analogie avec Limbo est évidente, délibérée, tant pour poser un socle commun, car Playdead ne renie en rien ce qui a fait son succès, que pour consommer la rupture entre les deux jeux. Car rapidement, après avoir gravi un tronc d’arbre faisant office de pont, remarqué la beauté du jeu de profondeur tout en finesse, le joueur gravit une barrière barbelée, croise un camion rempli de civils qui semblent être kidnappés, et échappe de justesse à deux gardes armés et masqués – faisant tout d’abord, si l’on manque de prudence, l’expérience d’une mort moins gore que dans Limbo, mais tout aussi violente, voire plus -. Quelques foulées plus tard, le joueur se retrouve face à un mur trop haut pour lui. Il vient de courir devant un vieux frigo rouillé qui ne lui a pas bloqué la route. Ses réflexes de gamer ont relayé ce frigo dans le background. Pourtant, curieux, il repasse devant ce frigo, appuie sur la touche Action et voit le garçon agripper le frigo, pour le faire basculer.

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Pourquoi une description aussi détaillée d’une action aussi anecdotique ? Tout simplement parce que ça change littéralement TOUT ! La gestion du gameplay en 2,5D est un exemple de simplicité, d’efficacité. L’action est toujours intuitive et fluide, le joueur pourra grimper sur le frigo, quelle que soit sa position par rapport à lui, il pourra le déplacer en le poussant, le tirant, le faisant glisser en se plaçant à coté de lui, ou simplement le contourner nonchalamment en passant devant. Et ce sera la cas pour chacune des interactions avec les objets du jeu. Nombre de jeux revendiquent la 2,5D ou la 2,3D, comme se plaisaient à l’annoncer les créateurs de Not a Hero, mais aucun n’a su le faire avec autant de brio qu‘Inside, dont la fluidité de l’enchaînement entre chaque action, la beauté des mouvements ne manquera pas de faire écho à la sensation ressentie en 1989 face au Prince de Perse sur Amiga 500.

Mais l’émerveillement sera de courte durée puisque rapidement, l’enfant se fait prendre en chasse par un chien, auquel il échappe de justesse! Et là encore, en quelques écrans, un rythme est posé, une tension s’installe, comme l’annonce d’un programme : le jeu sera une fuite vers un but inconnu, dansant entre prise en chasse, énigmes à résoudre et contemplation. Et effectivement, le jeu tient ses promesses, mais fera bien plus que ça, offrant des ruptures radicales tant dans l’ambiance que dans le gameplay, des mises en abîme de processus de gameplay qui tiennent du génie – et de l’indice… je n’en dis pas plus… -, des moments de grâce absolus – la découverte du sous-marin m’a laissé bouche bée, littéralement -, dont préciser la nature serait cruel, car Inside est un jeu qui mérite d’être abordé sans s’être fait spoiler.

C’est pourquoi je n’en dirai pas plus, à mon corps défendant. Enfin, pas beaucoup. Je m’accorde quelques courts points qui, je l’espère, rendront justice à l’oeuvre de Playdead.

5 réponses
  1. Le serpent
    Le serpent dit :

    Bon les gars….. Je crois que j’ai pas la choix la… Je vais devoir me faire mon avis. bravo pour cet article d’une qualité tout simplement phénoménale !
    Petit question: ça se fini en combien de temps ?

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  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Merci, ô Serpent mon Serpent!
    Et voici une sage décision!

    Le jeu est plutôt court, façon Limbo, je dirais autour de 3 heures bien joufflues, voire 4, suivant le nombre de cassages de dents, l’envie d’explorer les recoins, de trouver tous les bonus, de tenter la fin cachée…Etc.

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    • Le serpent
      Le serpent dit :

      OK. Bon ben je m’y mets rapidement alors !
      On va dire courant septembre je le fini et je mettrai un petit avis ici même.
      Je te tiens au jus !

      Répondre
  3. Totof
    Totof dit :

    Quel putain de bon article, merci Toma! Brillante analyse, documentée qui plus est. Tu m’as régalé. Je lirai la partie Antigoomba quand je l’aurai fini!

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