Si le lecteur non aguerri s’est lancé dans la lecture de cet article en croyant trouver une explication et une analyse sur les jeux de rythme, c’est qu’il est bien trop rapide. Car non, il n’est pas question de jeux vidéo de rythme, mais bien de rythme dans le jeu vidéo. Quoique, des jeux de rythme peuvent avoir du rythme. Et des jeux avec un rythme plat peuvent faire appel à de la musique autrement rythmique. Enfin… Je m’égare moi-même. Le but de cet article est alors d’analyser ce qui fait qu’un jeu vidéo est rythmé, qu’il enchaîne phases intenses, phases calmes, avec ou non de l’exploration, des énigmes, puis des moments de tension, etc… Et pour se pencher sur le phénomène, nous allons prendre le cas du très bon, que dis-je de l’excellentissime Tales From The Borderlands – une Telltalerie comme on n’en fait plus… – et plus particulièrement au travers des scènes d’introduction des épisodes. Pour plus de clarté, et pour éviter quelques spoils inutiles, je vais placer toutes les analyses liées au jeu dans des encadrés fermés que vous n’aurez qu’à ouvrir. Allez, c’est tipar !

L’introduction

Très peu de jeux s’exonèrent de cette tâche indispensable qu’est la scène introductive d’un jeu vidéo. Et si c’est le cas, ce sont vraiment des jeux qui annoncent le pire. Mais je vais plutôt me pencher sur ce qui est bien, n’est-ce pas ? Et pour ces introductions, on peut dire qu’il y a de la variété. On peut déjà différencier celle qui sont interactives et celle qui ne le sont pas. Les premières sont souvent très intéressantes, bien que tout interaction reste souvent limitée. Je pense notamment à l’introduction de Skyrim qui, jusqu’à l’arrivée du dragon, ne laisse que la possibilité de bouger la tête. C’est un peu la même chose pour la mythique scène d’introduction d’Half-Life à bord du chariot.

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La scène d’introduction d’Half-Life, magique !

Les secondes maintenant, qui sont surement les plus représentées dans le jeu vidéo, peuvent être, elles aussi, très diverses (le genre du genre, le sous-genre quoi). En effet, comment peut-on faire pour rapprocher la scène d’introduction d’ISS Pro Evolution de celle de Resident Evil? Deux scènes très différentes, une avec des vrais acteurs, et une autre montrant des scènes récurrentes de jeu de football. Et encore, je ne parle pas de la merveilleuse scène de Final Fantasy VIII au risque de me faire basher par une partie de la rédaction. Mais j’allais oublier, ne pourrait-on pas considérer les didacticiels/prologues comme des scènes introductives à part entière ? En effet, lorsqu’on regarde celle de The Last of Us ou celle de Chrono Trigger, on est obligé de constater que ça donne le rythme. Car oui, c’est bien cela dont il s’agit : la scène d’introduction, peu importe sa forme, doit donner le premier coup de boost au rythme d’un jeu. Si ce dernier se veut calme, alors l’introduction doit aussi l’être. S’il se veut festif, elle doit l’être, etc. Dans ce cadre-là, et au-delà des qualités plastiques d’un tel moment, la scène d’introduction demeure à mon sens, le premier moment important pour insuffler du rythme à un jeu.

[toggle title= »L’introduction de Tales From the Borderlands » load= »hide »]C’est un peu bizarre d’écrire ça… Car dans la mesure où il s’agit d’un jeu épisodique, il y a autant de scènes d’introduction que d’épisodes. Malgré tout, il y a bien une scène d’introduction pour le premier épisode, et c’est sur celui-là qu’on va se pencher dans un premier temps.

Avant d’analyser cette introduction, je précise une constante dans les épisodes : la scène d’introduction arrive une vingtaine de minutes après le début effectif de l’épisode. Voilà c’est dit, on y va. Et autant le dire tout de suite : il y a tout dans cette introduction. Sans dire qu’elle est parfaite, on sait tout de suite dans quoi on plonge. Déjà, on reconnait du premier coup d’œil Borderlands, que ce soit sur les graphismes en eux-mêmes, ou sur l’univers : les chasseurs de trésors, l’humour à la con, Pandora, et le skag à la fin. Nous sommes en terrain connu, et tout fan de Borderlands sait dans quoi il plonge. Et pur ceux qui sont vierges de cet univers, c’est aussi sans équivoque : il s’agit bien là d’un jeu dont le rythme va être éminemment soutenu, avec des morts de tous les côtés, le tout sur un ton léger. J’en parlerai aussi pour un prochain épisode, mais cette mise en scène à tomber par terre… Bref, cette scène nous met dans le bain, y a pas à dire !

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  1. […] narrative la plus profonde possible. J’ai aimé The Walking Dead, surkiffé Tales from the Bordelands, et je voue un culte quasi identitaire à Fahrenheit (soit dit en passant, une de mes premières […]

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