Et sur 3DS, quoi de neuf ?

TEMPSMODERNEetrian4dragonNe pleurez pas sur les déboires de la Guilde du Serpent, ma succession à la tête de la Guilde m’aura permis, outre le changement d’uniforme et la mise en place de mesures disciplinaires particulièrement inventives, de venger mes frères et de m’aventurer plus profondément dans ce labyrinthe, de découvrir l’artefact levant les scellés des troisièmes grandes terres du jeu, entre glace et feu. Je ne vous en dis pas plus. La justice poétique et stylistique (même de bas niveau) impliquait que je m’arrête à la fin de ce manuscrit afin de respecter l’usage popularisé par Lovecraft. Mais c’est précisément pour une question de justice que je tenais à ajouter une dernière partie, rendre justice à Etrian Odyssey IV qui ose se frotter à l’international avec fierté et brio, et aux améliorations qu’il apporte à une série qui s’était déjà imposée comme majeure chez les gamers. Pour la première fois dans la série, les monstres sont modélisés en 3D, et apparaissent donc en mouvement, dynamisant l’habillage des combats de façon drastique. De même, jusqu’à présent, les FOEs apparaissaient sur les cartes et dans les labyrinthes comme des grosses boules de feu. Dans ETIV, vous aurez l’occasion de frissonner en voyant ces monstres vous poursuivre en chair et en griffes à travers les dédales. Là encore, l’effet est saisissant. Concernant l’essence du gameplay, Atlus respecte les bases installées, sans compromission, simplement en affinant ce qui était déjà en place. Entre les améliorations cosmétiques et le rééquilibrage de la difficulté (sans pour autant l’alléger!) on a du coup affaire à un Etrian Odyssey plus accessible, plus beau, et qui se donne les moyens de sortir de la niche dans laquelle la série avait été un peu trop hâtivement rangée suite à un premier épisode peut-être un peu trop aride pour que les joueurs mainstream prennent le temps de découvrir les richesses de cet excellent jeu au demeurant. Mais le principal ajout de cette version, c’est bien évidemment les voyages dans les airs, et là, autant le dire tout de suite, c’est du bonheur! Reprenant un peu le système d’exploration navale du troisième épisode, en l’allégeant de ses défauts, ces phases d’exploration s’avèrent tout simplement jouissive, et permettent à ETIV de nous offrir, en plus des désormais classiques explorations souterraines, le plaisir des grands espaces, de l’exploration à grande échelle, de la diversité des lieux. Et je ne parle pas de la tension qu’installent les adversaires géants, ni des dragons… Mmmmm…

La seule déception en ce qui me concerne, outre l’absence malheureuse mais peu étonnante d’une VF, provient de la 3D. En effet, j’aime la 3D, c’est comme ça, j’y peux rien, et j’avais donc fantasmé, connaissant l’esthétique de la série portée sur les champs de profondeur à pleins couloirs et au vu des vidéos et des screenshots consultés dans l’attente de la sortie du jeu, sur un relief soigné, en adéquation avec les choix de représentation dès les origines de la série. Or, de profondeur de champ, il n’y en a tout bonnement pas. Passé la magique page de présentation se clôturant avec la ville qui s’élève, révélant plusieurs strates à la façon d’un livre « pop-up », la 3D relief semble utilisée simplement pour distinguer divers champs, comme texte et images de persos 2D lors des dialogues, ou statistiques et menus. Par contre, pour ce qui concerne le in-game, l’absence de relief est assez cruelle. Doit-on parler d’un choix esthétique ou d’un échec ? La question est légitime. En effet, ceux qui ont pratiqué la 3D le savent, plus on fait appel à la profondeur de champ, plus l’image a tendance à se dissocier, à fatiguer l’oeil, et la 3D à « décrocher » au moindre mouvement, laissant apparaître les deux images de façon autonome. Il est possible que ce soit la raison de l’absence d’effets 3D trop tonitruants, le jeu tablant sur des sessions de jeu pouvant aller de l’anecdotique au massif, suivant les dispositions du joueur. Mais bon, bref, vous voyez le niveau de coupage de poils de cul pour trouver quelque chose à redire, quand même! Mais il fallait que ce soit dit, c’est tout…

A retenir

Au cas où mes efforts d’écriture vous aient laissé froid et que le dernier paragraphe n’ait pas été assez clair, Etrian Odyssey IV Legend of the Titan est une pure perle! Il se hisse dans le haut du panier de la console (qui a quand même à son actif des choses comme le magistral Fire Emblem Awakening!), et rejoint les grands titres, les vrais, ceux qui font la légende. La véritable finesse du jeu se dévoile lentement notamment en terme de gameplay où l’on bascule doucement d’une course à la survie, au loot et au level grinding, vers un abord souple et stratégique sans être lourd pour autant, avec l’apparition de sous classe et la possibilité de redistribuer les points de compétence en sacrifiant quelques niveaux difficilement gagnés. Cela vaut aussi pour le scénario, à peine une trame reléguée dans un premier temps au second plan dans ce jeu clairement « gameplay-driven », pour s’étoffer au fur et à mesure, et finalement raconter une histoire riche, épique, intense, sombre, une épopée à l’échelle d’un monde. Une fois de plus, Atlus frappe fort, frappe juste, et réussira peut-être avec cet épisode à donner à sa série le rayonnement qu’elle mérite depuis le début.

Informations sur le jeu

Plateforme : 3DS

Genre : dongeon-RPG

Développeur : Atlus

Éditeur : Atlus

Date de sortie : Juillet 2012 (Japon), Août 2013 (Europe)

toma überwenig

5 réponses
  1. Le serpent
    Le serpent dit :

    Autant j’adore tout tes ecris autant la je vais te le dire : je taime toma je taime d’amour !

    Non mais sans deconner tu sais que tu as un don pour sonner envie de jjouer au jeu que tu critique ? Halluciné de la qualité de cet article !

    Continu comme ca mon grand et fait moi kiffer !

    Répondre
    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      Et bien ça tombe bien, vu que mon texte est une double déclaration d’amour, au jeu d’une part, qui méritait bien une petite fantaisie pour en chanter l’éloge, et à la Guilde du Serpent d’autre part, où les membres sont de véritables compagnons d’armes, des vrais potos que j’aime, quoi!
      Alors pouvoir faire les deux, me faire plaisir dans la foulée, et qu’en plus ce soit communicatif, que demander de mieux^^!

      Merci, Tibor-le-Vaillant!

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  1. […] un Etrian Odyssey IV sur 3DS parfaitement rodé, riche, difficile, généreux, aux musiques magnifiques, […]

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