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En 2010, les fans de Ken le Survivant virent une nouvelle fois leurs fantasmes de gamers se faire piétiner par les développeurs : encore une adaptation qui tape à coté – un comble pour une série mettant en scène l’héritier d’un art martial ancestral, précis, mortel, le Hokuto Shin Ken. Koei attend près de trois ans avant de sortir une suite. Enfin, pas vraiment une suite, mais plutôt un upgrade massif du jeu original, histoire de faire oublier le pachidermique épisode précédent. Plus nerveux, plus rapide, plus violent, plus long, bref, plus tout, Ken’s Rage 2 est-il à la hauteur du challenge ? C’est ce qu’on va voir…

Hokuto No Ken

Le monde est devenu une véritable terre de désolation où les punks surdimensionnés font la loi.

Le monde est devenu une véritable terre de désolation où les punks surdimensionnés font la loi.

Ken le Survivant est arrivé chez nous via le Club Dorothée, dans une version, disons, particulière, avec ses doublages tonitruants, ses blagounettes rajoutées au vol dans la VF (Hokuto de cuisine, Nanto de fourrure, pour citer les deux plus classiques), et surtout ses épisodes amputés parfois de plus d’un tiers, rendant l’histoire incompréhensible. Reste qu’il a marqué toute une génération de bouffeurs de dessins animés. C’est donc sans grande surprise que, parmi les premiers mangas à engranger le pas sur Dragon Ball, on retrouve cette série, aux cotés de Nikki Larson ou Olive et Tom chez l’éditeur J’ai Lu. Sans surprise, mais avec grande excitation, car Ken le Survivant est une expérience qui ne s’oublie pas. On a donc pu enfin jouir de toute la portée dramatique de cette guerre fratricide sur fond de romance dans un monde sclérosé par la violence la plus extrême, réduit littéralement en cendre par une guerre atomique et où la loi du plus fort règne, au grand dam de ceux qui font moins de deux mètre trente et cent-soixante kilos de muscles, moule-burnes en cuir compris, et qui ne se sont pas mis au punk… Car oui, Tout est démesuré dans l’univers de Hokuto no Ken. Les méchants tout d’abord. Outre leur taille et leur musculature à faire passer Schwarzie pour un poids-plume (et probablement résultat de mutations génétique suite aux radiations, mais le scénariste ne nous en dira pas plus à ce sujet), ils sont d’un sadisme extrême, ne vivant que pour torturer, humilier et à l’occasion tuer les faibles, sans autre motivation que la méchanceté pure et l’instinct de domination. Les différents styles de combat ne donnent pas non plus dans la demi-mesure, entre le Hokuto qui explose et liquéfie littéralement le corps des adversaires, le Nanto qui, lui, découpe ces même corps, festival de tripailles garanti.

C’est dans ce contexte hyper-violent que l’on suit les errances de Kenshiro, l’héritier du Hokuto Shin Ken, l’homme aux sept cicatrices. Si à l’évidence le scénariste Buronson navigue un temps à vue, avec des situations qui se suivent et se ressemblent, il bascule vite vers une triste romance dans laquelle Ken recherche désespérément Yuria, kidnappée par Shin, un maître du Nanto responsable des sept cicatrices de Ken. Son périple se concluant étonnamment rapidement sur une vengeance frustrante et la mort supposée de Yuria, on débouche dès lors sur le véritable premier arc narratif étonnamment profond et épique, autour d’une rivalité entre les trois héritiers potentiels du Hokuto Shin Ken, entre les deux écoles du Nanto et du Hokuto, entre Kenshiro et le gigantesque et terrifiant Raoh, le tout baigné dans les larmes et le sang. Le manga continue sur un second arc narratif sans Raoh, mais les mangakas réalisent rapidement que l’histoire tenait beaucoup à la classe de l’antagoniste de Kenshiro, et recentrent le tout autour de l’héritage de Raoh, surfant sur un personnage absent, mais continuant à faire de ce dernier peut-être le vrai personnage principal de cette massive série.

14 réponses
  1. Le serpent
    Le serpent dit :

    Je ne connais pas du tout l’univers de Ken.
    Un jour je m’y mettrais peut-être mais surement pas en passant par ce jeu : j’ai horreur des dynasty warriors….

    Merci pour cette critique fort sympathique tout de même ^^

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    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      C’est clair que si tu n’as pas du tout la fibre Musso, mieux vaut éviter ce jeu, et lui mettre des petites claques s’il essaie de rentrer de force dans ta console^^!

      Alors après, je ne sais absolument pas quelle relation on peut avoir à Ken le Survivant en le découvrant aujourd’hui en fait.
      Les OAV + long metragesreboot d’il y a quelques années sont bien foutus et peuvent être un bon point d’entrée, vu qu’ils embrassent toute la période Raoh avec des moyens un peu moins cheap que dans la série originelle, avec plus de tension dramatique et toujours autant de violence.
      La série principale est excellente, mais avec quelques problèmes de rythme, chose inhérente aux séries animées japonaise dans l’ensemble, et surtout l’histoire des doublages, car là, soit ça passe, soit ça casse. Peut-être préférer l’intégrale en VOST, car les eps sont non censurés.
      Ce qui est sûr, c’est que vivre sans connaitre Ken le Survivant, c’est presque criminel!

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  2. Bloodevil
    Bloodevil dit :

    En fait toma j’ai découvert Ken y’a pas si longtemps, vers Noël dernier, en scans.
    Ca faisait longtemps que j’avais pas autant kiffé un manga, le design est délicieusement rétro, le rythme est fou, y’a facile deux combats clés par tome et on comprend très bien pourquoi ces persos sont entrés au panthéon des héros cultes du manga.
    Fonce Thibault, ne serait-ce que pour l’ère de Raoh <3

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    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      C’est vrai, Bloodevil, à force de voir le parcours « classique » des vieux comme moi : on commence par l’anime, on grandit, on regrette que ça ait été trop « kitschisé » par les traductions et censuré, puis on découvre le manga qui évacue cette dimension humoristique mal à propos et on se prend la claque de l’epicness, j’en viens à oublier qu’on peut simplement commencer par le manga sans avoir à subir la touche AB productions!
      Donc oui, je rejoins Bloodevil, pour pousser aux fesses Le Serpent, qu’il se prenne sa claque en rencontrant Raoh, l’homme musclé de partout, même du front^^! (sérieux, il fait pas flipper, le front de Raoh ?!!)

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  3. Bloodevil
    Bloodevil dit :

    Haha moi c’est surtout son cheval qui me fait flipper !

    Au fait ça vaut quoi la seconde moitié du manga ? J’me suis arrêté juste après l’arc de Raoh en mode « j’lirais la suite quand j’aurais le temps » et c’est toujours pas fait ^^.

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  4. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Mais c’est pas un cheval, c’est un poney! (allez, avoue que c’est marrant, imaginer Raoh sur un poney!) (mais si, je t’assure, c’est drôle!) (mais merde, je te dis que c’est drôle, ça suffit maintenant!)

    Le second arc vaut le coup dans l’ensemble, même si le début est parasité par des personnages ridicules (dont un connard déguisé en drapeau américain (non, ce n’est pas Captain America^^!) ), et quelques vannes mal à propos, mais rien que pour voir Lyn et Bat adultes et reprendre la légende du Hokuto, ça vaut le détour.
    Et on a notre quota de gentils qui se sacrifient, de méchants sadiques qui trahissent, sans compter que l’ombre de Raoh plane sur tout l’arc, et qu’au final ce perso gigantesque réussit encore à gagner en classe et en epicness incarnée.
    Donc oui, ça vaut le coup, en gros^^!

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