Bordelego

Même en lego, Ganfalf qui barre la route au Balrog, ça met le frisson! "Thou Shalt not pass!!"

Même en lego, Ganfalf qui barre la route au Balrog, ça met le frisson ! « Thou Shalt not pass !! ».

Ah, le plaisir de tout casser dans nos bon vieux beat’em all, de gagner des orbes de puissance et compagnie, débloquer des coups secrets… Et bien même ici, on s’en donne à coeur joie, tout étant plus ou moins cassable (peut-être moins que plus, si l’on compare cet épisode à d’autres de la série, que ce soit Indiana Jones ou Batman, en particulier sur les consoles portables où le cadre plus restreint concentre d’autant plus les puzzles et les objets destructibles), et plutôt généreux en piécettes. Celles-ci ne sont pas simplement là pour faire plaisir ou pour gonfler le score qui honnêtement ne représente pas grand chose (ce n’est pas sur Lego qu’on va s’amuser à faire du scoring quand même, si ?), mais serviront de monnaie d’échange pour débloquer des contenus, notamment le nombre impressionnant de personnages.Parce qu’on a beau faire notre fine bouche, Lego LotR est rien moins que massif! Déjà, on a droit à l’intégrale, sans DLC obligatoire pour débloquer je ne sais quelle partie du scénario, non, tout est là, les trois tomes, et dans la version longue (les fans pourront casser les dents du Balrog, entre autres bonus plutôt bienvenus). Et en plus, on a donc droit d’office à une belle pléiade de personnages, et celle-ci peut encore être augmentée à condition de dépenser les pièces trouvées le long du périple.

Si au début, c’est juste pour le fun qu’on casse tout ce qu’on croise (peut-être une DraQuéite aiguë…?), assez vite, on se met à courir après la moindre pièce grise qu’on aperçoit, et on va défoncer la moindre plante pour engranger de l’or. Mais non content d’offrir un contenu massif en terme de personnages, LLotR fait le choix du semi « open world », laissant au joueur tout le loisir de visiter les villes et découvrir quelques trésors cachés, effectuer des quêtes, basiques, certes (« oh, j’ai besoin d’un slip en mythril, je ne vous connais pas mais je fais du 42 », « Oh, j’ai perdu un trésor inestimable sur le chemin et j’ai décidé de vous faire confiance », vous aurez droit à la panoplie du RPG ultra basique, sans surprise aucune, mais on ne va pas cracher dans la soupe, ça dérange personne de faire le grouillot dans un FF ou un XenoBlade, mais là, on rechigne ?! Non mais, coup de pied au cul, j’leur foutrais des fois…), mais elles ont le mérite d’être là, et d’augmenter considérablement la durée de vie déjà massive. Car forcément, si on vous annonce un nombre de trésors par zone, ça ne peut que titiller l’envie d’aller les trouver tous! (et après, on me demande pourquoi je ne joue pas aux Pokemon…). Vous retournerez les villes de fond en comble, cherchant argent et trésors cachés, vous revisiterez des lieux une fois débloqués certaines capacités (ou plus précisément certains personnages, car les capacités sont immanquablement liées aux persos, donc oubliez, si vous vouliez jouer Aragorn ou Gandalf pendant tout le jeu, c’est pas comme ça que ça marche, il va falloir jongler!), rejoindre un lieu via un autre chemin. Bref, il y a carrément de quoi faire, sans compter qu’on peut jouer en coop’ en split screen, qui a la même souplesse dans sa gestion dynamique que lors des séquences où l’on gère deux aventures en parallèle évoquées plus haut. Et j’admets que malgré le début poussif, l’aventure prend relativement vite le dessus, les mécaniques de jeu se bonifie et s’affine au fil de son déroulement, et on se surprend à s’investir totalement dans ce Seigneur des Legos.

Mordor, si je t’attrape je te mords !

le passage de Frodon dans le monde des ténèbres a bien failli se transformer en clownerie, mais l'équipe a su réviser sa copie à temps...

Le passage de Frodon dans le monde des ténèbres a bien failli se transformer en clownerie, mais l’équipe a su réviser sa copie à temps…

Mais alors c’est du tout bon, ce p’tit jeu, non ? Et bien, pas tout à fait. Comme dit plus haut, alors que Lego s’était jusqu’à présent attaqué à des licences au ton humoristique comme Indiana Jones et Pirates des Caraibes, soit enfantin comme Harry Potter (enfin, enfantin quelques tomes durant…), ou encore qui font sens en Lego (l’adaptation de Star Wars par une boite qui a fait rêver une génération entière avec sa série Lego de l’Espace et ses fantastiques vaisseaux à construire, ça se tient), mais là, c’est de Lord of the Rings qu’il s’agit. Et force et de constater que ce n’est pas une oeuvre particulièrement comique, ni trop marquée par la légèreté. Bien sûr, il y a quelques gags pour rendre l’ensemble plus digeste, moins oppressant, et ils sont évidemment retranscrits dans le jeu, mais dans l’ensemble, on n’est pas dans un terrain propice au ton si caractéristique de la série Lego.

Les programmateurs sont loin d’être dupes, et ont réagi en conséquence. Ils suffit pour s’en convaincre de comparer les teasers, alors que le jeu était encore en cours de développement, au produit fini. Au départ, on avait des chevaliers noirs qui se transformaient en clowns démoniaques lorsque Frodon passait dans la dimension noire en enfilant l’anneau. Dans le même ton, dans les mines de la Moria, un des hobbits (ma mémoire défaille, je n’ai plus le nom en tête) fait tomber un seau au fond d’un puits. A la base, cela entraînait, entre autres objets loufoques, une vache (ben oui, c’est toujours drôle, une vache, z’avez jamais vu Sacré Graal ou quoi ?!). Les ressorts comiques se sont retrouvés réduits au minimum syndical, dédramatisant à peine la mort supposée de Gandalf par exemple, les hobbits continuant à se goinfrer tout en pleurant, ou celle de Boromir pour laquelle, vu qu’elle est définitive, celle-ci, on a carrément recours aux flèches dans le popotin pour faire oublier qu’il meurt pour de vrai (oui, il meurt, parfaitement, ha ha haaaa… Ah bon, vous étiez déjà au courant ? Bon, on repassera pour la tentative de spoil…). Il semblerait donc que l’équipe ait fait un choix. Et très franchement, c’est à l’évidence celui qui s’imposait, pour ne pas louper le coche de l’epicness faisant partie intégrante de l’oeuvre d’origine. Mais voilà, si le gameplay est toujours aussi riche, le jeu massif, au point qu’on l’oublie une fois pris dans l’aventure, la question du public visé refait surface une fois reposée la manette. Est-ce que cet univers était propice à l’édulcoration nécessaire pour en faire un jeu tout public, élément indissociable de l’univers Lego ? La réponse est non. L’équipe a fait un travail d’adaptation admirable, et à convenablement ménagé leurs fans et ceux de la trilogie, mais au final, si flamboyant que soit l’ensemble, si agréable à jouer que puisse être l’univers Lego, on (enfin moi en tout cas) sens quand même ce décalage, et la question du bien-fondé de l’adaptation reste en suspens,car, peut-être pour la première fois dans les adaptations made in Lego, le monde choisi ne se plie pas à l’ambiance bon enfant de leur univers de plastique.

Mais comme le plaisir de jeu est là, on peut décider que c’est un problème mineur (même si je veux bien voir un gamin de 7 ans jouer au le soir et aller se coucher après, mais bon…). Un autre un peu plus sérieux vient du fait que la licence n’a pas vraiment évolué depuis le précédent opus. Les mêmes problèmes de lisibilité viennent parasiter l’expérience, et comme dit plus haut, on se retrouvera plus d’une fois à chercher où il faut planter la pu*** de flèche de mes c*******, à recommencer un saut une dizaine de fois (parfois plus) parce que la profondeur est mal gérée et l’angle d’attaque peu lisible. Il y a même des moments où l’on se sent perdu, ne sachant pas vraiment ce que le jeu attend de nous. Et ça, dans un jeu Lego, c’est un problème. S’ajoute à cela une certaine répétitivité de l’ensemble, chaque action, quelle qu’elle soit, devant être effectuée au moins trois fois, quelle que soit sa longueur, et ça sent l’augmentation artificielle du temps de jeu au sein d’un soft qui n’en a pourtant pas vraiment besoin.

3 réponses
  1. temps
    temps dit :

    L’esprit et le respect de l’esprit de l’auteur.
    Tout est commerce quand l’auteur a dit non aux beatles qui voulaient faire un film de son oeuvre. La plus grande force du diable écrivait V.Hugo c’est d’arriver à faire croire qu’il n’existe pas.
    La plus grande force du commerce, c’est d’arriver à faire de l’argent en déformant des concepts qui le montre du doigts.
    Cordialement

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  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Merci pour ton commentaire un peu… obscur, en fait. (bon, je suis pas spécialement « réveillé » aujourd’hui, cela dit^^)

    Je mettrais en fait une nuance entre le respect d’une oeuvre et le respect de l’auteur.
    J’ai le sentiment, peut-être naif, que Peter Jackson a su mêler démarche commerciale fructueuse et respect sincère, presque candide, de l’univers de Tolkien, ou tout du moins sa propre lecture de l’univers en question.
    Tolkien aurait peut-être (voire sûrement) craché sur le projet (en même temps bien loin des délires psychédéliques potentiels des Beatles), mais ça ne change à mon sens par grand chose quant à la qualité ou la fidélité de l’adaptation du père Jackson.

    Et j’ai le sentiment que la vraie force du commerce, c’est de s’être rendu indispensable, un médiateur sans lequel les choses, qu’elles soient culturelles, sociales, politiques, ne se font pas. Convaincre le monde d’être une nécessité, voire un simple élément du décor, un rouage indispensable de la dynamique socioculturelle, c’est là à mon avis sa vraie force…

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  3. Flbond
    Flbond dit :

    Pour le cas de Tolkien Jackson et co, je ne vais pas radoter comme sur ton autre test. Mais pour le côté LEGO/Tolkien je suis tout à fait d’accord sur un concept qui stagne.

    Malheureusement le « on ne va pas plus loin » n’a pas été respecté, j’ai pu le voir avec Marvel.

    Bon test

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