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« Les Espagnols ont la merveilleuse particularité d’être tout le temps désorganisés, mais quelques fois, ils leur arrivent de faire des prouesses en étant un tant soit peu coordonnés, excepté que ça arrive très rarement. » Cette belle citation tirée « Hommage à la Catalogne » de l’écrivain George Orwell, oeuvre racontant son point de vue de la Guerre civile espagnole dans les années 30′, illustre à la perfection le bordel auquel je viens d’assister. Je n’ai jamais joué à un Castlevania, mais je connais la série, je sais les grandes lignes scénaristiques, je connais les subtilités et on me la rabâche depuis que je touche une manette, mais cela ne m’a jamais vraiment attirer, ni Symphony of the Night (considéré comme la Rolls de la licence) , ni le reboot « Lord of Shadow » de MercurySteam et Kojima Productions. Je commence tout naturellement sur le deuxième volet qui me caressait gentiment la rétine… Monde de merde !

Élu Boss de l'année

Élu Boss de l’Année.

En 2010, le premier volet avait su créer la surprise, la majorité des joueurs et la presse spécialisée, main dans la main, chantaient des louanges à son nom pour son souffle épique, sa narration et sa beauté. Co-produit par Kojima Productions, dont Hideo Him-self, le premier volet me fait toujours de l’oeil, mais passe en dernier ressort des nombreuses choses que j’ai à régler. Annoncé depuis la préconférence de Konami à L’E3 2012, Lord of Shadow 2 se faisait attendre, on aurait peut-être dû être un peu plus patient. Avant de se plonger dans la critique formelle, je voulais rédiger tout de même un avant-propos. Il faut savoir que le jeu sur les quatre ans de développement a été un bordel sans nom. D’après les dires d’un des développeurs du jeu, l’ambiance de travail au sein du studio MercurySteam était devenue l’enfer après le succès du premier volet. Sur les quatre ans de travaux, l’organisation et la planification du travail était complètement aléatoire, aucun chef ne prenait ses responsabilités, une mauvaise communication entre les équipes, le Game director Enric Àlvarez qui avait pris la grosse tête suite au succès de leur dernière production jusqu’à snober ses salariés. Tout ce magnifique bordel laissait le chantier en roue libre, ce qui a entraîné des départs volontaires de développeurs, un dépassement de date butoir qui coupa les financements du jeu sur les 6 derniers mois de développement. Il faut savoir que la production d’un jeu vidéo AAA (comprendre par jeu à multiples paquets de billets) est extrêmement coûteuse et quand un éditeur vous lâche son financement, vous devez vous démerder à payer les coûts de production, la masse salariale, les taxes et les locaux, bref, vous voilà dans la merde. Malheureusement, ça se ressent sur la globalité du jeu et je pense que l’introduction du jeu fait partie entre autres des six derniers mois de développement.

« La grande majorité de cette équipe est consciente que le jeu que nous avons fait est une vraie merde qui n’a rien à voir avec la qualité et les valeurs de production du premier… Personne n’est surpris par les mauvaises notes que le jeu reçoit.

S’il y a quelqu’un à blâmer ici, c’est Enric Alvarez. Il est la personne qui a dirigé un mauvais développement, basé sur ses critères personnels, négligeant complètement les programmeurs, les designers et les artistes. Malgré son capital sympathie auprès de la presse, souvent considéré comme un créateur « visionnaire » à l’image de David Cage ou Peter Molyneux, ce type a de sérieux problèmes. C’est un mec méchant et vilain, et depuis le succès du premier Lords of Shadow, son ego a grandit au point qu’on n’ose même plus lui dire « bonjour » quand on le croise dans les couloirs. »

castlevania1L’introduction du jeu est absolument affreuse, vous savez normalement, cette partie est dans tous les jeux vidéo la représentation de ce que vous allez vivre, donc il faut impérativement que ça vous donne envie de continuer. Lord of Shadow 2 lui, vous laisse une impression de catastrophe vidéoludique. La première heure de jeu, sans déconner, c’est du repompage de la Playhistoire des 10 dernières années (God of War, Batman Arkham & Uncharted en tête). Si ce n’était que ça, je n’aurai pas fait un paragraphe sur la seule introduction. Outre le clin d’oeil au Seigneur des anneaux : la communauté de l’anneau avec un : « You Shall not Pass » affligeant tellement le brisage du quatrième mur est lourd, il y a énormément d’écueil gerbant dans ce produit, les phases de plate-forme à la Uncharted du pauvre, les ennemis sont moches, leurs punchlines écrites avec les pieds se répètent, c’est basé sur une forme de tutoriel barbante, les sensations de combats sont froides et sans âme, les zooms caméra qui montrent l’objectif à accomplir cassent le rythme à coup de pied de biche, ça essaye d’être épique, mais c’est mou. En résumé, je pense que beaucoup de joueurs vont s’arrêter à ce point-là : « bon ben, c’est de la merde » et le pire, c’est qu’on ne peut pas leur donner tort, puisque tous ces défauts se retrouvent tout au long du jeu.

11 réponses
  1. Uinseann Ayflahm (Deadmarye)
    Uinseann Ayflahm (Deadmarye) dit :

    « je sais les grandes lignes scénaristiques, je connais les subtilités et on me la rabâche depuis que je touche une manette »

    Ha ha ha :’ )

    « Monde de merde ! »

    Catch phrase ?

    « En 2010, le premier volet avait su créer la surprise, la majorité des joueurs et la presse spécialisée, main dans la main, chantaient des louanges à son nom pour son souffle épique, sa narration et sa beauté. »

    Séduit avant d’y jouer, déçu tout le long de l’aventure, parfois j’me dis que je ne sais pas voir où est la qualité alors que je m’amuse sur des conneries. Arf.

    « vous voilà dans la merde »

    Encore ? Mais qu’est-ce que c’est que ces histoires de merdes ? La merde serait le point sensible des hommes du Serpent Retrogamer ? C’est peut-être dû à un accroissement de RPG Sakaguchien.

    « c’est du repompage de la Playhistoire des 10 dernières années (God of War, Batman Arkham & Uncharted en tête). »

    Ah oui, que le meilleur en plus.

    « Msieur Belmont se met sur la tronche avec des jésuites en armure de Saint Saya pour finalement se faire éclater et se réveiller avec la plus grande gueule de bois […] alors il va sauver la terre à sa façon à travers deux époques entre le présent et le passé, style Retour vers le futur, mais sans Delorean, ni de Doc’ »

    Alors là, c’est du grand art.

    « et à la sorcière « JAI DES BOOBS » »

    Ah bah alors ! Il est pas si pourri finalement !

    « Le jeu se présente comme un Darksiders-God Of War un peu bâtard. »

    Tant de compliments, attention, on risquerait de croire que t’aimes bien.

    « mais malheureusement je crois bien que cette production est a réserver aux fans de la licence en premier lieu et encore selon votre habilité à encaisser des tonnes d’erreurs de game-design, sinon fuyez. »

    J’en ai eu des bons écho et globalement on me sert « Hormis un problème de setting, ça passe ». Peut-être, je n’y jouerais, pas disons que mon expérience sur le premier épisode et ton test ne donnent pas envie de tenter cette aventure. Et le BTA/Infiltration, c’est pas vraiment ma choppe de bière. Globalement, à le regarder, le jeu me dégoute un peu, comme si l’ennuis est inévitable et lui colle au pixel.

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    • Koreana_
      Koreana_ dit :

      « vous voilà dans la merde  »

      Ah excuse Deadmarye, pour le coup il y a la répétition du mot « merde », c’est vrai que j’aurai pu le remplacer par un mot plus subtil.

      « J’en ai eu des bons écho et globalement on me sert « Hormis un problème de setting, ça passe ».

      Non mais après j’ai envie de dire le goût et les couleurs quoi ! Il y en a qui aime et heureusement pour Konami et MercurySteam, parce que sinon a par les fans de la licence et ceux qui peuvent aimer le genre infiltration-Beat’em, bien il y a plus grand monde pour encaisser ce jeu.

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  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Une belle critique incisive pleine de moments forts et agréable à lire, cherl Koreana_!
    (j’ai failli te rajouter un petit mot d’amour à la relecture pour la cape lynchienne, et je me suis bien marré face à ton résumé de l’intrigue^^)

    Les créateurs égotistes du JV commencent à me casser les burnes doucement, en fait, et à plus forte raison quand ils nous privent d’une suite attendue par caprice (Phil Fish, si tu m’entends…), quand ils reposent sur un buzz sans rien foutre derrière (ici, le Molyneux!), ou quand leur ego en vient à saborder littéralement le travail d’une équipe a priori passionnée!
    Un exemple inquiétant et un beau gâchis visiblement…

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  3. Flbond
    Flbond dit :

    Un temps moderne bien écrit qui se respecte, mais les points soulevés me laissent un peu perplexe. Les phases d’infiltration sont assez infectes dans un TPS, mais c’est également le cas dans la série des Arkham, le côté un peu cliché se trouve également dans Uncharted, le côté un peu fermé et scripté dans God of War. J’ai plus l’impression d’une histoire de goût qu’un jeu objectivement moyen.

    Après c’est qu’un avis.

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    • Le serpent
      Le serpent dit :

      Les phases d’infiltrations dans la série Arkham est totalement justifiée :
      1. elles sont bien menées et ne cassent pas le rythme tout en amenant de la variété
      2. Elles se justifient quant à l’approche des situations par batman, qui essaye souvent d’éviter la castagne.
      3. tu ne dis pas de mal de Batou !

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      • Flbond
        Flbond dit :

        Bah je suis particulièrement anti phase d’infiltration alors, car la phase par exemple dans Asylum où il faut se frayer un chemin jusqu’à Harley Quinn dans le repaire de Poison Ivy où le moindre souffle même contre un soldat dos à toi te fait perdre m’a fait l’effet d’une purge.

        C’est un jeu excellent je ne dis pas le contraire, mais sans les phases d’infiltration ça serait parfait.

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  4. Yannou
    Yannou dit :

    Thibault les phases d’infiltrations dans Batman sont ultra linéaires et n’innovent en rien dans les deux dernier opus. Le nie pas

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  5. Bloodevil
    Bloodevil dit :

    De toute façon quand on a retourné Mark of the Ninja en hard sans tuer personne le reste de l’infiltration ça fait tièp’ :).

    J’ai kiffé les phases d’infiltration dans les Batman, leur seul problème, surtout dans Arkham City, c’est qu’on est tellement vite surpuissant. Ca s’apparente plus à un puzzle de comment tuer tout le monde qu’une belle danse avec la ronde des ennemis et leur champ de vision.

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