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[LES TEMPS MODERNES] Dark Souls, souffrir pour la gloire

Dark-Souls

Parfois, dans les jeux vidéo, on en bave – pour rester poli. Et le plus dingue, c’est qu’on aime ça. On en redemande même. Masochisme ? Que nenni, il faut plutôt y voir un amour du défi qui sommeille dans chaque gamer. From Software avait déjà grandement fait souffrir les utilisateurs de Demon’s Souls. Dark Souls, suite spirituelle de cet opus à bien des égards, perpétue la tradition avec intelligence, caractère, rigueur et justesse.

Formidable et libertaire

dark-souls-pc-1345823743-034Le joueur est plongé tout de suite dans une histoire très floue. Il ignore ce qu’il fait là, il est dans la peau d’un mort-vivant, d’une carcasse comme ces squelettes et monstres qui l’entourent. Dark Souls possède une ambiance maléfique angoissante et unique, presque toujours silencieuse, sauf lors des affrontements avec les boss, auxquels de sublimes compositions de Motoi Sakuraba (Golden Sun, Star Ocean, Valkyrie Profile, Baten Kaitos, Eternal Sonata) confèrent une dimension épique. Par cette tonalité de musique justement, et aussi la solitude, l’atmosphère aride et la majesté de certains ennemis, ce jeu n’est pas sans rappeler Shadow of the Colossus, même s’il n’en reprend aucunement la dimension poétique. Les PNJ sont parsemés ci et là, et restent énigmatiques et peu loquaces. Interagir avec eux est très important et ces différents combattants, sorciers, marchands et autres forgerons offrent la possiblité d’améliorer son armement, de débloquer certaines situations futures voire de pouvoir compter sur un allié plus que bienvenu. Le joueur est aussi libre de les tuer si ça l’enchante, et récupèrera ainsi des objets par la brutalité. Car ce qui fait également la force de Dark Souls, c’est cette grande souplesse dans les choix d’action et d’exploration.

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On n’est certes pas au niveau d’un Skyrim, mais le monde ouvert de Dark Souls est servi par un level design tout simplement admirable, connectant chaque zone par des raccourcis (portes, ascenseurs) intelligents et débloqués par le joueur au fur et à mesure de sa progression. D’autant plus appréciable qu’il n’y a tout simplement pas de carte. Dans la troisième et dernière partie du jeu, un système de téléportation est même disponible, rendant les allées et venues plus simples et rapides, à l’image des chapitres finaux des volets de la saga Final Fantasy. Malheureusement, Dark Souls est très inégal techniquement, alternant des vues somptueuses et vertigineuses (Anor Londo, couchers de soleil), des boss au design formidable à des reliefs franchement cheaps, des couleurs plutôt ternes et des détails parfois grossiers. Mais le soft arrive paradoxalement à créer une esthétique propre qui lui va très bien puisque complètement en adéquation avec son ambiance. Car oui, Dark Souls n’est pas avare en singularités et trouve son essence, sa force et sa beauté dans des concepts plus profonds que son simple faciès.

8 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Honnêtement, ils me fichent la trouille, ces jeux, j’ai peur soit de sombrer dans l’horreur et la glauquitude, soit de me retrouver face à du challenge trop hardcore pour moi. Et pourtant, ton test fait carrément envie, et les images et les vidéos que j’ai pu voir baignent dans une ambiance forte, qui dit « viens souffrir, viens… »
    Argh!! Que faire ?!!!

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  2. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    T’as raison Totof, je chausse mes burnes en kevlar et … merde, ça y est, j’ai de nouveau la trouille!

    (@le serpent : j’y crois pas, je tourne le dos 5 minute et hop, ça lash, ça traite, attends que je vienne donner un pti concert dans ta ville, je sais où t’habite, mec, et ça va chier^^!!)

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  1. […] apparence particulièrement punitifs comme ceux de Miyazaki – papa de Demon Souls, sa suite Dark Souls  et son héritier lovecraftien Bloodborne – trouvent massivement leur public, il est […]

  2. […] de From Software avec la série Dark Souls et Demon’s souls ont réussi à recréer une envie de défi, de challenge masochiste dans le […]

  3. […] peu à la manière d’un Dark Souls en fait, parce que ce n’est pas le seul atout que le titre de Galhmac Game emprunte à celui […]

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