Douze ans, c’est la durée qui sépare deux présences en finale de la Coupe du Monde de football (respectivement du Championnat d’Europe des Nations) de la Squadra Azzurra. C’est également le gouffre parfois insupportable – quoique bien compensé par des centaines d’heures de jeu dues à la grande qualité des titres en question, qui existe entre les derniers volets de deux séries phares de Blizzard : Starcraft et Diablo. Le premier a vu Wings of Liberty enfin lui succéder en 2010, tandis que le démon de Tristram a fait sa réapparition le 15 mai dernier. Associé à des polémiques fâcheuses et toujours affublé des mêmes qualités, le soft de Blizzard a littéralement le diable dans le ventre.

Puissance et volupté

A l’aide d’une jouabilité simple et efficace, utilisant les deux boutons de la souris et quelques touches du clavier que l’on doit tous associer à des compétences, Diablo III est fidèle à la réputation et à la signature de la série, avec de la baston, du loot et donc du farming et de l’XP à foison. Des pièces d’équipement à revendre ou à porter, à la forge permettant la synthèse d’objets magiques (et dont il faudra former le tenancier via des récompenses et de l’argent), le joueur de Diablo III passe la majeure partie de son temps à défourailler, à “nettoyer” les zones aussi bien en tuant des tonnes d’ennemis démoniaques qu’en fouinant ça et là en quête d’items toujours plus intéressants. Bref, un concept de gameplay prodigieusement efficace qui a fait la réussite de son prédécesseur et dont seul l’avenir nous dira s’il constituera la clef de voûte de sa longévité, avec l’aide indispensable et primordiale de la vie de sa communauté. Les cartes et donjons de Diablo III sont toujours en vue 3D isométrique et sont des terrains de jeu immenses, beaux, générés aléatoirement et magnifiquement colorés dans lesquels le héros, à choisir parmi cinq classes différentes (chasseur de démons, moine, féticheur, barbare et sorcier), fait parler sa puissance. Il y a là le nerf de la guerre de Diablo, à savoir cette sensation grisante de force souris en main, que la présence de PNJ compagnons plutôt faiblards et les modes de difficulté peu élevée procurent jusqu’à parfois malheureusement la routine. Après la gourmandise, on est ici en flagrant délit d’orgueil. Heureusement, les défis sont là, notamment les Hauts Faits qui viendront récompenser le vainqueur de grandes luttes, ainsi que tous les objets rares à glaner et qui peuvent même être revendus ou achetés à d’autres joueurs en ligne via l’Hôtel des Ventes, finissant d’attiser un autre pêché capital : l’envie.

Long et agréable sera le chemin tracé

Grâce à son éventail bien fourni de castes, Diablo III offre des possibilités très diversifiées. Nombreux seront sans doute les joueurs à créer voire mener de front plusieurs destinées en choisissant l’une ou l’autre des classes. Chacune a ses caractéristiques propres mais toutes souffrent du même gros défaut, à savoir une progression et une acquisition des capacités bien trop scriptées. En effet, il est absolument impossible de contrôler son évolution et chaque niveau glané apportera sa ou ses nouvelles compétences prédéterminées. Finalement, la vraie personnalisation réside dans le choix d’utilisation de ces capacités et de leur association avec les runes en vue de leur approprier des caractéristiques bien précises. Par exemple, la Frappe Mortelle du moine, si elle est associée au Trident, peut devenir une attaque de zone très utile couvrant les côtés selon un angle d’envergure intéressante. En somme, voilà une orientation qui ne perdra ni les nouveaux venus, ni les fans de la première heure, mais qui pourrait être qualifiée de paresseuse. La caste nouvelle-venue donne l’occasion de saluer le travail effectué sur la direction artistique et scénaristique du soft. Si l’histoire a une ossature somme toutes classique, avec le sempiternel retour de Diablo et la découverte d’autres membres de son gang, la mise en scène ainsi que la qualité sonore et musicale sont au rendez-vous. L’accent russe dudit moine est par exemple un régal, ainsi que ses phrases et leçons balancées dans des moments opportuns pour relancer ou ponctuer le rythme d’une aventure bien narrée, bien maitrisée et offrant la possibilité de visiter intérieurs et extérieurs aux visages divers et variés (plaines, déserts, donjons, etc.). De plus, les interactions avec les PNJ sont facilitées par la possibilité de retourner en ville facilement grâce à un pouvoir de téléportation acquis assez rapidement. Enfin, si Diablo III la joue plutôt simple et efficace dans ses graphismes in-game, il se lâche complètement dans ses cinématiques qui sont tout simplement superbes, de même que les compositions symphoniques et wagnériennes de Russel Brower.

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