Quand GrassHopper Manufacture annonce un nouveau projet, l’industrie du jeu vidéo toute entière serre les fesses, et les fans trépignent. Nouveau jeu, nouvelle claque, portant tous les stigmates du Suda 51 style, réaffirmant ses choix artistiques, si barrés soient-ils, et nous prouvant une fois de plus que la course à la HD et la débauche de moyens ne pèsent pas bien lourd dans la balance face aux élans de génie créatif. Passage en revue du dernier affront en date du studio le plus rock’n roll (voire punk) du paysage vidéoludique.

The Lollipop Chainsaw Massacre

Bon, ce n’est un secret pour personne, Suda51 (Suda Go Ichi pour les intimes) (Go Ichi Suda pour les pédants) est une tête brûlée. Et si c’en était un pour vous, ruez-vous sur notre article sur Grasshopper Manufacture, histoire de combler cette lacune! Si vous aviez le moindre doute quant au fait que ce mec soit capable de tout, au sens le plus littéral possible, un petit pitch de Lollipop Chainsaw devrait vous convaincre définitivement, fruit d’une collaboration entre le maître-punk et le réalisateur James Gunn, à l’origine de l’excellent Super, film de superhéros déjanté, entre Kick Ass et une production Troma (et accessoirement scénariste de l’Armée des Morts). On ne s’étonnera donc pas des références au cinéma de genre et aux comics qui viennent augmenter la base référentielle habituelle des productions Grasshopper. Au petit matin, la belle Juliet, cheerleader du lycée San Romero (oui, Romero, comme le réalisateur!) toute en générosité en terme de taille de jupe et de décolleté et en blondeur, nous annonce en voix-off, tout en faisant ses assouplissements, qu’aujourd’hui est un jour important : c’est son anniversaire! Elle doit rejoindre Nick, son chéri-pour-la-vie, et passer une super journée! Or, il s’avère que c’est un jour important à l’échelle de son lycée, de sa ville, voire du monde entier, puisqu’aujourd’hui, les zombies sont de sortie! Et ces saletés puent la magie noire plutôt que les déchets radioactifs. Mais  ça ne change pas grand’chose au topo, ils sont là, partout dans la ville, infestent le lycée de notre belle cheerleader au grand coeur. Ils ont même été jusqu’à grignoter son petit copain! Heureusement, en plus d’être cheerleader accro aux sucettes, Juliet est aussi tueuse de zombies et sorcière à ses heures perdues. Ce qui tombe doublement bien, puisqu’en plus de se lancer dans une croisade contre la décomposition ambiante, elle a pu au vol sauver Nick… en partie tout au moins. En effet, suite à une amputation drastique, ce dernier n’est plus qu’une tête rebondissant sur le popotin de la belle, accroché à sa ceinture, mais toujours aussi amoureux et prêt à tout pour la défendre bec et… bon, les ongles ne sont plus de la partie, mais c’est l’intention qui compte! Et si Juliet manie le pompon et le popotin avec brio, elle a aussi dans son attirail une tronçonneuse magique! Récapitulons : le petit copain malgré sa ressemblance avec un pacman rockabilly, l’invasion de zombies démoniaques, la cheerleader sexy tueuse de zombies, la tronçonneuse… Ah oui, j’oubliais, la famille de Juliet, est spécialisée dans le massacre de zombies. Est-ce que ça servait vraiment avant cette invasion ? Je ne sais pas, mais mieux vaut prévenir que guérir, et on aurait été biens, tiens, si sa famille n’avait pas été entraînée par un sensei aussi pervers que Tortue Géniale à l’élimination des morts-vivants! Un scénario tout à fait raisonnable, mesuré, du haut niveau, même au sein de la production de Suda51, c’est dire…

4 réponses
  1. Totof
    Totof dit :

    Excellent article, Toma. Belle analyse, ça me donnerait presque envie s’il n’y avait pas ce gameplay apparemment pas gégé. Dans Killer 7, ça m’avait tout gâché.

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    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      Merci Mr Totof!
      Mais tu pourrais y jeter un oeil (il suffit de dire « preum’s » 🙂 ), car on est loin de la radicalité des choix de gameplay de Killer 7. Ici c’est du bon vieux beat’em up, plutôt souple, même si basique. On pense plus à un No More Heroes assoupli qu’à Killer 7.

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  2. Bloodevil
    Bloodevil dit :

    J’ai vraiment du mal avec l’équipe Suda. Enfin les seuls que j’ai essayé sont Killer7 et NMH, mais ça a été pour moi les jeux les plus chiants que j’ai eu l’occasion de faire.
    Cet humour ne marche pas sur moi, je trouve tous ces délires un peu vains, et ils ont des carences évidentes en game-design.

    Du coup j’ai l’impression de passer à côté de quelque chose de grand, c’est frustrant ^^. Et apparemment c’est pas ce Lollipop qui me fera changer d’avis.

    Par dessus tout ce qui me gène c’est que Grasshopper à l’air de faire du Suda « histoire de faire du Suda ». Le style SUda évolue au fil des jeux ou bien c’est toujours le même combo « kitch-style-trash-wtf » ?

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    • Toma Überwenig
      Toma Überwenig dit :

      Mais la réponse se trouve dans mon sublimissime article sur Grasshopper ;-P!
      Mais si tu as la flemme, je vais te répondre ici, je suis pas comme ça.
      En fait, Lollipop Chainsaw marque et une forme d’aboutissement, et une limite, héritier direct de NMH, sans pour autant donner dans la redite, et en offrant une plus grande souplesse, point qui m’avait un peu bloqué sur les NMH, malgré ma pure admiration pour ces titres. Mais s’il nous ressert la même recette pour son prochain titre, là, je commencerai à avoir des doutes sur la viabilité du studio et sa capacité à sortir du carcan NMH.
      Mais par contre, quand on regarde globalement, je trouve qu’on distingue des tendances chez Grasshopper, mais que leur catalogue est bien varié.
      Prend le magistral Shadows of the Damned par exemple, qui renoue avec l’époque du grand RE4, ou l’excellent shooter Sine Mora, ou encore le 4eme opus de Project Zero, entre autres, tu auras des jeux qui tiennent de la déclaration d’amour à un genre, que Suda51 maîtrise, respecte, avant de le détourner.
      Si à l’évidence il a une recette qui marche, je ne crois pas qu’il fonctionne en ces termes, mais simplement qu’il fait ce qu’il aime, sans se soucier d’autre chose. Et oser mettre le plaisir au centre de l’équation plutôt que des études de marché, c’est une démarche qui impose le respect.

      Mais je comprends vraiment qu’on n’accroche pas à son style. Soit ça passe, soit ça casse, juste une question de goût ; si les 5 premières minutes te gavent, c’est que ce n’est pas ton trip (c’est pas comme un FF où il faut y jouer 5 heures avant de pouvoir décider si ça te plait ou non 🙂 )

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