box art Rising

Dans l’univers des spin-offs on retrouve deux types de jeu, le premier est souvent accueilli avec un intérêt modéré et fait assez peu de vagues dans sa communauté, le second est au contraire sujet à de multiples débats et semble briser comme un tabou. Car rappelons qu’un spin-off est nécessairement le propre d’une saga, il se définit comme l’élément hors de l’esprit général du reste des opus, et donc doit se confronter à la communauté qui entoure cette saga. Or les communautés de fans sont de bien drôles d’animaux, à la fois gage d’une réussite commerciale pour tout ce qui porte le nom de sa saga fétiche, mais aussi parfois le pire ennemi des éditeurs et des développeurs. Metal Gear Rising appartient à cette seconde catégorie, d’abord présenté comme un opus canonique, il a subit de front la critique de sa communauté sous prétexte qu’il ne respectait précisément pas l’esprit de la série, si bien que Kojima Productions l’a finalement estampillé spin-off en même temps qu’il externalisait son développement chez Platinium Games. Alors que la première mouture nous offrait un système d’infiltration ninja, le jeu s’est ensuite concentré sur le genre du beat’em all plus traditionnel mais en conservant ce qui dès le départ s’était annoncé comme l’originalité du titre, la possibilité de découper librement la plupart des ennemis et objets du jeu. Mais quant à savoir désormais si ce jeu en vaut le coup, j’aurai une certaine exigence dans la réponse. Certains auront remarqué que chacun de mes articles se ponctue d’une référence à la saga Metal Gear pour la simple raison que celle-ci est très importante pour moi dans ma vie de gamer et dans ma vie tout court aussi ! Je chercherai donc également à savoir s’il faut radier Metal Gear Rising du reste de la série comme l’ont proclamé certains ou si malgré son statut particulier il a le droit au strapontin à l’assemblée des dieux de la saga.

Un vrai-faux Metal Gear

Vous en souvenez-vous ? Un bref aperçu de ce qu'aurait été Rising s'il avait finalement été développé par Kojima Productions.

Vous en souvenez-vous ? Un bref aperçu de ce qu’aurait été Rising s’il avait finalement été développé par Kojima Productions.

Et pour bien faire, pourquoi ne pas justement commencer par cette question qui me taraude ? La réponse est simple : Rising est un vrai-faux Metal Gear ; ce qui l’est moins, c’est de comprendre ce que j’entends par là. Car avant de parler de spin-off, encore faut-il savoir ce que l’on dit quand on parle d’esprit général d’une série. Pour certains, Metal Gear se définit principalement par son gameplay, l’infiltration et ses revendications pacifistes, pour d’autre ce sont les longues cinématiques et les histoires alambiquées qui en sont le propre, d’autres enfin pensent qu’un Metal Gear mêle forcément une intrigue à la philosophie. A mon humble avis, c’est un peu tout cela en même temps, même si à mon goût c’est le dernier élément qui prime, alors évidemment, lorsqu’on nous propre un jeu d’action nerveux avec un ninja qui découpe ses victimes en rondelles, on comprend que certains se méfient, moi le premier. Mais loin de décevoir les fans, le jeu dans sa version finale est même plus que surprenant dans sa façon de combler nos attentes. Certes, il lève le pied au niveau de l’infiltration et des histoires alambiquées, mais il me semble que l’esprit Metal Gear est pourtant bien présent. Alors qu’il semble aussi reculer sur le pacifisme de la saga, un pacifisme qu’Hideo Kojima nous a toujours appris à la dure, comme en témoigne cette réplique de Liquid Snake dans Metal Gear Solid : « tu aimes ces tueries, voilà pourquoi! » ; Rising aussi nous met en face de nos contradictions car plus que jamais on va aimer couper du cyborg, jusqu’à en oublier que ces cyborgs sont avant tout des humains passés sur le billard. Plus encore, ceux qui auront l’impression que le scénario est un peu léger auront le droit d’ouvrir la mine d’or qu’est le codec, véritable mise en abîme du scénario pourtant absolument facultative mais que tout fan serait bien déçu de manquer. La dernière question à laquelle il me semblait importante de répondre est celle du statut de l’intrigue : spin-off scénaristique ou non ? Il n’y a pas de réponse stricte ici car bien que fondé sur la véritable chronologie de la saga, on ne verra sans doute jamais d’épisode canonique après Metal Gear Solid 4, aussi rien ne pourra confirmer et infirmer que les évènements de ce spin-off sont à prendre en compte dans la timeline officielle.

5 réponses
  1. Le serpent
    Le serpent dit :

    Je me suis dis la même chose que toi : la prouesse technique réalisé par Platinium en ce qui concerne la possibilité de trancher les ennemies selon n’importe quel angle. Ca marche vraiment du tonnerre. C’est de la VRAI localisation des dégâts.

    En ce qui concerne ton interprétation, je ne suis pas encore assez loin pour en juger, mais j’ai vraiment senti un « esprit Metal Gear » dans les 3 premières heures de jeux. L’ambiance générale, le codec, les boss WTF, et même le travelling dans les cinématiques.

    Enfin tout ca pour dire que je le conseille aux fans.

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  2. Delnics
    Delnics dit :

    J’ai l’impression d’avoir fait les montagnes russes avec ce jeu.
    D’abord déçu puis plus emballé, la fin me laisse un sentiment plus que mitigé…
    J’aurais à la limite préféré que le jeu s’achève au chapitre qui le précède.

    Alors que dire, le jeu est jouissif, tout découper est vraiment sympathique c’est vrai, la mise en scène est impressionnante (voir trop parfois) et Raiden transpire la classe mais il y a derrière comme un certain vide qui me dérange (et je ne parle pas des décors qui pour le coup, le sont, eux, vides), le soucis étant que Rising semble être sans cesse le c*l entre 2 chaises, en voulant faire à la fois du pur beat’em all et des références à la série, MGR n’est finalement au top dans aucun des 2 domaines à mon goût…
    Alors oui, c’est un spin-off, oui je salue la prise de risque et oui le jeu reste globalement assez bon. Mais quitte à me faire un melting-pot sur la gen actuelle, je préfère me refaire un God of War 3 et un MGS4 tranquillement. La série, même dérivé, me donne un certain niveau d’exigence, et ce niveau n’est pas atteint pour moi.

    Est-ce que je le conseille aux fans ?
    Si je ne me fiais qu’à mon idée, je dirai simplement que c’est un épisode dispensable, à tout de même observer d’un œil, mais testez le vous même, c’est la meilleure façon de vous forger une opinion (et encore plus pour cet opus).

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  3. Yannou
    Yannou dit :

    Moi je pense que l’ont aurait jamais du faire de Raiden un ninja aux airs de drogué et ce depuis le 4, garder le personnage originel aurait était beaucoup mieux mais ce n’est que mon humble avis. Ensuite en ce qui concerne le spin-off le prendre comme un MG aurait des répercussions sur le fan de base, il faut le prendre comme un beat’em all avec qq références à MG (qui moi je trouve légères ) qui bénéficie d’une bonne réalisation, d’un gameplay sympa d’une bande-son détonante. Heureusement qu’il est estampillé « MG » parcequ’il aurait perdu à coup sur contre Tomb Raider, God of war ou encore DmC. Je recommande même si il y’a des abus au niveau des epicness comme dis Victor.

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  4. Le serpent
    Le serpent dit :

    Pour moi MGR est un très bon jeu de part son système de découpe + son dynamisme et WTF à la Bayonetta. Un bon beat them all.

    C’est aussi un vrai MG dans l’âme, avec des références non pas de forme, mais bien de fond : le questionnement sur soi, la place de la mort, l’honneur d’un ninja… Même si la narration est moins présente, ca reste un VRAI MG dans l’âme.

    C’est donc un bon voir excellent jeu, mais effectivement, il reste en dessous des tenors du genre niveau gameplay.

    Je pense cependant qu’il convient à deux types de profils : fan de beat them all, et fan de MG, vraiment

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  5. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    Difficile pour moi d’exprimer ce que je ressens à propos de Rising sans spoiler, ma dernière partie essaye précisément d’esquisser un début d’interprétation pour un jeu que je trouve résolument intéressant.

    Si on y réfléchit, MGS4 ne va pas très loin dans la réflexion, pas plus que Peace Walker qui se contentent tout deux de présenter un aspect de la guerre (l’économie dans le 4, la dissuasion dans PW) sans véritablement le creuser. Et contre toute attente c’est bien Rising qui retourne aux grandes réflexions de MGS2, même s’il ne les pousse pas aussi loin, et ces réflexions sont largement baignées de culture japonaise. J’écrirai peut être un article de décryptage de Rising pour préciser le fond de ma pensée.

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