Je n’ai pas joué à Risen, c’est donc vierge de tout a priori et de toute attente que je me suis lancée dans Risen 2. J’avoue que je fais la gueule quand le jeu se lance : je peux pas jouer de fille. D’ailleurs je ne peux jouer qu’un perso, un type bourré qui se réveille dans une chambre humide, dans une forteresse sous pluie battante. Outre mon compulsif besoin d’identification me poussant quasiment toujours à jouer une femme, personnellement, plus je peux personnaliser mon personnage (homme ou femme), plus j’ai de chances de m’y attacher. On me livre un perso pré-fabriqué, il faudra qu’il soit vraiment bien écrit pour que je l’aime… en particulier si c’est un homme. Kidding, kidding. M’enfin les persos pré-définis, ça marchait très bien avec Final Fantasy et The Witcher, alors je vais pas directement cracher sur la bête, pas vrai ?

Allez, on continue, et avec le sourire, mademoiselle

Premier constat : graphiquement, ça pourrait être carrément meilleur. Même si on accroche direct à l’ambiance, et que la direction artistique est, dans l’ensemble, de haute volée (l’intro, avec le texte sur fond marin avec des tentacules de pieuvre qui se devinent, m’a carrément accrochée), les personnages se meuvent de façon plutôt grotesque, en particulier lorsqu’ils parlent entre eux (« Je suis un PNJ et je vais te rester là en agitant les bras en l’air le plus naturellement du monde»). Question fluidité, je sais que mon PC n’est pas une bête de guerre, mais là, il a souffert. Les FPS aussi, ce faisant. C’était tout juste jouable… Cela étant dit, les graphismes ne sont – pour moi en tout cas – en rien rédhibitoires pour apprécier ou non un jeu. Je ne demande personnellement pas plus qu’une ambiance qui m’accroche. Et malgré tout, même si les personnages sont carrément laids, les décors servent bien à immerger dans l’ambiance de flibusterie suggérée depuis la tête de mort de la jaquette. Tant que je reste focalisée sur le fait que c’est carrément cool cette ambiance à la Pirate des Caraïbes (du temps où c’était bien) avec des pirates, du rhum et un kraken très méchant, je me contrefous d’à quel point les persos ont l’air débile quand ils parlent entre eux et que les environs soient un peu trop carrés. Donc, graphiquement, pas glop, mais on s’en fout pour être honnête d’autant que la direction artistique est, elle, tout ce qu’il y a de plus honorable. Vous connaissez l’adage, c’est pas l’emballage qui compte… donc allez, on continue, et on sort de sa chambre pour aller castagner du monstre.

Noooon pas un phacochère !

Néanmoins, on fait un peu le même constat du côté des combats, ils sont pas franchement tops au niveau maniabilité, même en jouant avec ma souris (comprenez : même en jouant sans touchpad, ce que j’ai fait, euh… longtemps) j’ai trouvé ça plutôt brouillon et assez mal fichu. Bon, ça se joue, évidemment, mais ça pourrait être franchement mieux question maniabilité. C’est même carrément dur, et je ne verrai plus jamais un phacochère de la même façon vu le nombre de game over que je me suis mangé à cause d’eux. F5 deviendra très, très vite votre meilleur ami car oui, il vaut mieux sauvegarder à chaque fin et début de combat, sachant qu’on peut parfaitement se planter à tout moment même si le combat semble gagné d’avance. On sait jamais, peut-être que dans le prochain on va agiter son épée comme un con sans avoir la moindre idée de comment ajuster ses coups alors que le type (ou plutôt le phacochère) en face, lui, saura très bien comment vous mettre misère. Mais comme avec les graphismes, tant que le reste suit, ce sont des points que je pardonne très facilement dans un RPG (oui, oui, en même temps je suis une grande fan de Fallout, vous savez, le jeu où vous êtes jeté sans explication dans une caverne remplie de rats – et c’est trop bien, j’adore ce passage). Je préfère un truc un tant soit peu bégayant et mal lifté avec du contenu chiadé – voir Fallout New Vegas – qu’un magnifique emballage cadeau contenant un paquet vide – voir… non, je donnerai pas d’exemple, je ne souhaite déclencher la fureur de personne. Et vu l’environnement ambiant du jeu, je suis plutôt optimiste. Alors, question ambiance, et question scénar, y a du bon contenu dans Risen 2 ? Et puis, plus prosaïquement, est-il agréable à jouer ?