Dernier rejeton de cette série d’horreur qui a marqué une génération par son brouillard et ses cendres, Silent Hill : Book of Memories vient surprendre les possesseurs de Vita. Ce temps modernes arrive à l’heure où le jeu, en plus de surprendre, a pris la déferlante des critiques négatives ; aussi, l’objectif de cet article est de vous donner un avis moins mathématique et plus humain sur la question. Cet opus nous met donc dans la peau d’un personnage à la vie tout à fait normale qui reçoit pour son anniversaire un mystérieux livre expédié depuis Silent Hill ; à l’intérieur, il découvre que toute sa vie est scrupuleusement rédigée. Quelque peu effrayé mais tout de même joueur, il décide d’effacer un passage et d’écrire autre chose à la place puis s’endort. S’ensuit une série de cauchemar à chaque passage réécrit dans des mondes oniriques aux thèmes différents où l’on retrouve les monstres de Silent Hill qu’il faudra éliminer pour avancer, chaque niveau se clôt par une énigme.

Chassons les malentendus

Silent Hill ? D'accord mais vraiment si vous insistez...

Silent Hill ? D’accord mais vraiment si vous insistez…

Soyons très clairs dès le départ, oubliez le titre du jeu. Vous cherchiez un Silent Hill ? Passez votre chemin. Attention, je ne critique pas l’effort de spin-off, car c’est ainsi que se présente cet opus. Il est tout à fait possible de créer un jeu dans l’univers d’une grande saga quand bien même celui-ci ne serait pas intégré à la chronologie canonique et je suis d’ailleurs plutôt ouvert à ce genre d’initiative. Pour n’en citer qu’un, Metal Gear Acid reprend l’univers et les thèmes sans le gameplay de la série Metal Gear Solid mais parvient tout de même à s’intégrer dans l’esprit de la saga. Dans le cas de Silent Hill : Book of Memories, on passe complètement à côté. Silent Hill n’est ici qu’un prétexte à faire un jeu, et on ne comprend pas bien la nécessité, autrement que d’un point de vue marketing, de faire référence à la fameuse ville brouillard. En art, lorsque l’on critique une œuvre, on porte toujours une grande attention à la nécessité interne de l’œuvre sans quoi on tombe dans l’artifice, un élément qui  occupe les yeux mais ne participe pas au mouvement interne de l’œuvre. Ici on tombe précisément dans l’artifice, Silent Hill aurait pu être remplacé indifféremment par « Enfer », « Transylvanie », « Atlantide », « Zone 51 »… Vous m’aurez compris, le nom de la ville ne sert ici qu’à épaissir artificiellement le scénario qui reste malgré tout fin comme du papier à cigarettes, et à poser un logo vendeur sur la boite du jeu. A partir de là, un véritable pot-pourri de la série s’engage dès lors qu’on traverse des niveaux remplis de monstres connus des amateurs, les infirmières zombies, Valtiel, Pyramid-Head mais on ressent là encore un certain vide en se disant que ces ennemis auraient tout aussi bien pu n’avoir aucun rapport avec Silent Hill sans qu’on trouve cela choquant. Partons donc à présent du principe que ce jeu n’a tout simplement rien à voir avec la série, on évitera ainsi les remarques de fanboy déçu (ce que je ne suis pas) et on pourra faire une critique du jeu pour ce qu’il est et non ce qu’il aurait dû être.

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