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Street fighter III Third Strike Online Edition : Retour Manqué

Messieurs, je ne suis pas un grand spécialiste du style, ni un grand joueur de vs fighting mais j’attendais depuis un petit moment cette adaptation d’un volet très particulier de la saga Street Fighter, Street Fighter III Third Strike. Troisième déclinaison du quatrième épisode de la série, le titre est réputé pour ses grandes qualités visuelles, son animation magnifique mais aussi pour son exigence technique. Cependant, on ne pourra s’empêcher de pester sur la qualité de cette adaptation. Explications.

Faites Chauffer Les Sticks !

 

On va faire simple, SF III Third Strike est un jeu de vs fighting ( de baston, grosso modo ) en un contre un tout ce qu’il y a de plus classique vis-à-vis de la série. Vous retrouverez donc la barre de vie traditionnelle, la jauge de Super Art qui une fois remplie autorise la manipulation d’une furie évidemment plus dévastatrice et autres joyeuseries. Les nouveautés, ici nombreuses, sont dissimulées essentiellement dans le système de combat. Les coups EX font leur apparition, permettant de renforcer les coups spéciaux des personnages et d’offrir de nouvelles propriétés ( juggles, par exemple… ) tout comme le choix parmi trois Super Arts ( furies ) avant le début du combat. Mais la feature la plus étonnante reste tout de même le parry system, c’est-à-dire la possibilité pour le joueur de parer le coup de l’adversaire en pressant le stick vers l’avant au moment de la frappe et qui, réussie, permet de ne pas perdre de vie et de contre-attaquer. La manipulation est évidemment complexe à réaliser, surtout très risquée et il faudra faire jouer votre tête et vos cojones pour parvenir à contrer. Tout ces petits ajouts au final non négligeables font de Third Strike un épisode particulièrement exigeant et qui réclamera de votre part beaucoup d’entraînement et de pratique. Fort heureusement, cette édition en ligne propose de nombreux défis et situations d’entraînement qui vous permettront de cerner et d’apprendre les rudiments de l’opus. Sans oublier la possibilité d’enregistrer les vidéos de ses propres pugilats et de visionner celles de tout les autres joueurs du monde entier, excellente source d’informations pour ceux qui débutent. Si ce système est très sympathique, celui du mode entraînement aurait tout de même gagné à être plus lisible, certaines des demandes étant particulièrement peu claires et difficiles à appréhender.

Magnifique Esthétique ?

 

Là où le titre a aussi divisé, c’est sur ses prises de position esthétiques. Pas tellement sur le plan graphique, bien au contraire. Le jeu est magnifique, l’une des plus belles 2d connues d’autant plus que le titre est sorti en 1999 sur CPS-3, le système d’arcade très peu utilisé par Capcom mais aux capacités techniques visiblement impressionnantes. La quinzaine de stage sont tous travaillés et particulièrement riches en couleurs et en détails. Quant à l’animation des personnages, on touche là à une des très grandes qualités de Third Strike. Ces dernières sont impressionnantes de fluidité, absolument somptueuses, fascinantes presque. Il suffit de jeter un oeil à l’animation neutre de Elena et ses amples mouvements de jambes pour comprendre l’ampleur du travail produit. En revanche, ce sont les personnages qui n’ont visiblement pas marqué. Si certains d’entre eux ( Makoto, Ibuki, Dudley, Yun, Yang ) ont été repris dans le casting de Super Street Fighter IV et que les Ryu, Ken, Gouki, Chun-Li se maintiennent toujours dans la liste, force est de constater que le reste du groupe n’a pas vraiment convaincu les fans. Entre les Necro / Twelve désarticulés et sortis d’un autre monde, un Urien bodybuildé en slip, Oro qui nettoie ses parois nasales ou Hugo qui parvient à sublimer la laideur d’un Zangief, ces personnages au style véritablement unique et propre se détachent vraisemblablement trop du mélange fantastique / réaliste des premières versions. Ajoutez à cela d’excellentes musiques très typées jazzy / hip-hop et une ambiance bâtarde entre exotisme et urbanisme, le tout fonctionnant pourtant très bien, et la formule se révèle peut-être trop atypique pour convaincre. D’autant que le titre n’a pas connu le soutien de Street Fighter II en Europe et aux USA en arcade vu le déclin du milieu à la fin des années 90. Maintenant que Third Strike vous est présenté, passons à l’intérêt de cette nouvelle itération à laquelle le sobriquet de Online Edition est ajouté au titre original.

Retour Manqué

 

L’apparition des défis et du visionnage de vidéos en ligne ayant déjà été évoqué, il ne reste plus qu’à évoquer le cas combat en ligne. Et là, c’est la catastrophe, l’ajout de cette option étant pourtant cruciale et sa mise en place manquée. Pourquoi cela ? Tout simplement parce-qu’il est extrêmement rare de croiser un adversaire avec une excellente connexion et qu’en l’absence de filtre, on est obligé de se contenter d’affrontements peu confortables non pas à cause du lag mais de la solution à ce problème, justement. Le paradoxe tient en effet à l’application d’un système qui permet d’éviter les ralentissements ( le GGPO ) en zappant plus ou moins des séquences d’animation. Le souci est donc remplacé par une autre gêne, celle de ne plus véritablement savoir ce qu’il se passe à l’écran et de croire qu’un de ses coups touche alors que ce n’est pas le cas. En plus du désagrément que cela procure, l’attente systématique d’environ 3 à 5 minutes avant chaque combat pour que les serveurs parviennent à vous trouver un adversaire à peu près potable n’incite pas à se plonger dans cette option qui pourtant devait être la plus-value de cette itération. Pour terminer, l’habillage métallique particulièrement hideux des menus et le rap insupportable qui vous accompagne dans le lobby n’arrangent pas les choses.

A retenir

En clair, l’adaptation en elle même est plutôt bonne. Online Edition conserve toutes les qualités de l’original et toutes les spécificités qui font sa particularité, avec sa galerie de personnages loufoques, ses graphismes et animations merveilleuses, tout cela relevé par le sel des challenges très instructifs pour l’apprentissage, la maîtrise du parry et des combos ainsi que deux trois features sympathiques. Toutefois, la grande médiocrité du mode en ligne nuit clairement à l’intérêt de ce volet en ligne, lui qui devait justement promouvoir les qualités ludiques en offrant la possibilité aux joueurs d’affronter des personnes du monde entier. Si vous êtes amateurs du genre et blasés par la récompense donnée aux « piffeurs » dans Street Fighter IV, Third Strike saura vous combler avec son exigence pointue. En revanche, trouvez de bons amis pour faire des tournois en soirée car l’option online n’est clairement pas au point. Espérons une mise à jour… Notons que lacritique relative aux modes en ligne concernent essentiellement le PSN, moi-même n’ayant pas pu mettre la main sur une version XBLA.

Information sur le jeu

Plateformes : Playstation Network, Xbox live arcade

Genre : Combat

Éditeur : Capcom

Développeurs : Capcom

Date de sortie : 24 août 2011

Sirocco

9 réponses
  1. Bloodevil
    Bloodevil dit :

    Je confirme, sur Xbox Live c’est le même problème niveau online. Tu passes réellement plus de temps a attendre qu’à jouer, et les 3/4 du temps ça lag …

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      • Le serpent
        Le serpent dit :

        Si le mode online de l’edition online est pourri… Si le jeu reste en 4:3 sur HD… S’il n’y a pas d’ajout transcendant…

        Pourquoi toutes ces notes de malades dans la presse ?

        Genre pourquoi third stike, à sa sortie, a été accueilli moyennement par la critique à l’époque, est devenu excellent d’un coup ?

        Attention, moi je l’adore, mais c’est quoi se renversement d’un coup ?

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        • Sirocco
          Sirocco dit :

          Ecoute, je suis pas dans la tête des testeurs des différents sites, alors je ne saurai pas te dire pourquoi les notes sont aussi bonnes ^^

          En revanche, ce que je constate, c’est que j’ai joué en ligne dans des conditions correctes, et je constate que le mode en ligne est mal fait.
          Après, je précise bien que les qualités ludiques sont présentes, j’aime beaucoup ce jeu et sa technique, tout comme son esthétique, mais je comprends que certains soient réticents. Chacun ses goûts. Je ne note que les véritables défauts, et à lire Basgrospoing et certains forums, je pense ne pas inventer les problèmes.

          Sinon, si vous avez des potes un tant soit peu intéressés, c’est parfait, aucun doute là dessus.

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        • Bloodevil
          Bloodevil dit :

          J’ai une petite théorie là dessus ^^.

          Les jeux de baston sont peut-être les jeux le plus techniques, ceux qui n’offrent leur sève qu’aux plus persévérants. Ça demande donc beaucoup de temps et d’implication pour être correctement cerné, ainsi qu’une solide culture dans le genre, qui est vraiment très obscur et trusté par des dizaines de dérivés de sagas la plupart inconnues chez nous.
          Finalement y’a qu’une poignée de gens qui sont vraiment capables de tester ces jeux à leur juste valeur, tous ces petits noyaux de hardcore gamers fans de VS fighting comme on trouve par exemple en train de squatter sur basgrospoing.fr. Et ces petites communautés parlent fort et aiment se faire entendre, si bien qu’avant même de tester un de ces jeux, on en a déja un avis, moulé sur celui de ces harcore gamers. Pourtant nous on est plus ou moins dépassé.

          Donc on teste ça comme un jeu classique, en étant hyper influencé par ces quelques avis d’experts dans le domaine. Et saquer un jeu car trop élitiste, ça le fout mal.
          C’est comme ça que des Ikarugas se tapent des 19/20 alors que t’as 0,05% des gamers qui peuvent en profiter, qu’à chaque test d’un Virtua Fighter tu revois les mêmes phrases pré-construites d’un testeur un peu paumé qui ne sait pas quoi dire à part « c’est super technique » …

          En gros dès qu’on touche au monde des hardcore gamers perchés, c’est mal accepté d’être un peu critique. Après s’ajoute le buzz autour de Street FIghter, et le soucis de comment tester un remake.

          Vous en pensez quoi ^^ ?

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          • Sirocco
            Sirocco dit :

            Tout à fait d’accord avec toi, d’ailleurs, je me considère plutôt comme un joueur lambda même si je suis un peu la scène vs fighting.

            En revanche, dans la critique, je fais pas mention des deux frames de lag de la version PSN et des deux trois petits problèmes qui déplaisent fortement aux gros doseurs. Je me contente du conteu « accessible » et je remarque que les défis, c’est sympa, le jeu est sympa, il est magnifique, mais pas besoin d’être un monstre pour comprendre que le mode en ligne est moisi ^^

            Après, pour le reste, je pense n’être pas trop entré dans les détails de peur de repousser les néophytes. Enfin, bref, tout ça pour dire que je suis plutôt d’accord avec ta théorie ^^

  2. Le serpent
    Le serpent dit :

    C’est super d’avoir des discussions comme çà ici.

    Je vais donc essayer de donner mon avis en développant deux points :

    – Premièrement, un test doit se situer au niveau intellectuel et technique du joueur lambda. Il faut essayer de montrer les atouts de tel ou tel jeux à la majorité des gamers. Si certains pans de gamplay ne concernent que quelques harcore gamers, il ne doivent pas forcement être mis en avant, d’où la qualité de ton article Sirocco.
    – Deuxièmement, et pour en revenir au test de street, je suis tout à fait d’accord avec bloodevil. C’est à dire que 3rd strike est un jeu qui, pour etre vraiment apprécié, a besoin d’être joué très très très longtemps, et la majorité des testeurs n’ont pas le temps ! D’où les notes basses à l’époques et hautes aujourd’hui.

    C’est mes avis ^^
    J’espère avoir été compréhensible !

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