La Route de McCarthy n’a qu’à bien se tenir

Graphiquement, l'influence de La Route est très claire, la grisaille en moins.

Graphiquement, l’influence de La Route est très claire, la grisaille en moins.

Qu’on ne se méprenne pas, The Last of Us est un grand jeu mais il ne serait rien sans son univers d’une densité incomparable. Beaucoup se sont en effet essayé au post-apo sans parvenir à une telle cohérence, à une telle force évocatrice. Dans la preview j’avais insisté sur la grande proximité d’univers avec La Route de Cormac McCarthy, roman référence de la littérature post-apocalyptique pour lequel le romancier avait obtenu le prix Pullitzer. Eh bien la proximité s’est largement confirmée même si The Last of Us a quelque chose de moins pessimiste sur la nature humaine. Nul doute que les scénaristes se sont nourris du roman pour produire l’organisation sociale de l’Amérique de 2033 composée largement de bandes qui n’hésitent pas à attaquer de pauvres survivants seuls et suffisamment malchanceux pour tomber dans leurs pièges. Mais l’influence de La Route se fait aussi sentir dans la structure narrative qui consiste à faire progresser deux personnages, l’un plus agé ayant de l’expérience et une connaissance du monde avant la catastrophe, l’autre jeune ne connaissant que le chaos actuel, dans un long voyage à pieds à travers l’Amérique.

Certains lieux ont même franchement une teinte de survival horror.

Certains lieux ont même franchement une teinte de survival horror.

De fait on traverse de nombreux lieux, certains abandonnés depuis 20 ans et seulement peuplés de mutants, d’autres encore récemment occupés par des survivants, et on pourra toujours nourrir sa curiosité de notes manuscrites laissées par des gens désespérés peu avant leur mort. La variété des environnements, servis par un moteur graphique qui pousse la current gen dans ses retranchements, est bien plus importante que ce qui été montré jusque là et l’ambiance qui se dégage de ces différents lieux n’est jamais bâclée et même rehaussée par une bande originale discrète et toujours bien à propos. On en prend donc plein la figure, c’est beau et décoiffant, terriblement rafraîchissant compte tenu des autres productions du genre. Mais le meilleur est encore à venir car encore restait-il une erreur à ne pas commettre, placer sur cette splendide composition un scénario bateau, ou rempli de cliché, là encore Naughty Dog nous en met plein la vue.

5 réponses
  1. Toma Überwenig
    Toma Überwenig dit :

    Raahhhh!! Je vais l’acheter cette semaine, je ne tiens plus, ton test a ravivé la flamme!!!!

    Quelque part, c’est quand même un signe d’audace burnée de sortir, à l’ère de l’open world quasi systématique, un jeu aussi « cadré », avec une ligne scénaristique aussi puissante a priori.
    C’est sûr qu’ils étaient déjà là dedans avec les Uncharted, mais quand même, moi, ça me fait plaisir, vu que je me fais quand même souvent chier dans les open world^^. Pas obligé de te jeter de la fausse liberté d’action à la face pour faire un bon jeu, il suffit de VRAIMENT maîtriser son propos!

    J’ai l’impression qu’avec ce jeu, ils ont réussi une fois de plus à pousser la PS3 dans ses retranchements, et dans la foulée mettre une fessée à David Cage, l’air de rien.

    Du coup, ça laisse rêveur quant à ce qu’ils vont réussir à faire sur la Next Next Gen^^.

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  2. greyfox0957
    greyfox0957 dit :

    C’est toute la beauté de ce jeu précisément, d’être fondamentalement anachronique (gameplay survival, scénario linéaire, etc) et en même temps résolument moderne de par son moteur graphique, son gameplay souple et les thèmes abordés très matures.

    Franchement c’est le genre de jeu qui te marquent non pas parce que tu y joues des centaines d’heures mais parce que la force d’évocation est telle qu’elle te reste gravée. J’ai ressenti la même chose avec la Route, c’est pour ça que j’en parle beaucoup, car dans un autre style c’est vraiment quelque chose d’assez proche en terme d’univers, d’ambiance et d’histoire.

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  1. […] et qu’à chaque fois que j’entends son grain de voix depuis sa performance dans The Last of us, ça me fait sortir à chaque fois du jeu et je lance automatiquement l’OST de la production […]

  2. […] exemples récemment où les personnages Hommes/Femmes pouvaient avoir une écriture correcte, The Last of Us en tête (la saga Yakuza pour certains). Le problème quand je lis divers avis sur la […]

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