Mes amitiés à toi mon serpent que j’aime !

Il y a quelque temps, je t’avais exposé avec solennité et des trémolos dans la voix à quel point je trouvais jusqu’à l’appellation de superplayer bien trop flatteuse et incomplète. Aujourd’hui je vais sans doute rendre ce constat un poil plus exhaustif en énonçant à tes oreilles si attentives et secourables que s’il n’y a pas de superplayer inné, il y a au contraire pléthore de très grands joueurs en puissance.

J’ai toujours trouvé le débat concernant les capacités des joueurs à la naissance parfaitement ignoble. L’inné ou l’acquis pour moi est une question qui n’apporte rien et ne peut qu’aboutir à des dégénérescences de raisonnements (qui a parlé de théorie des genres et d’eugénisme ,). Alors je me contente de dire que nul n’est venu en ce bas monde avec un paddle entre ses doigts boudinés de nouveau-né. Et puis, n’est-il pas plus agréable de se dire qu’au final, nous pouvons tous accomplir de grandes choses, chacun dans nos domaines de prédilection ?

oui mon serpent, nous avons tous ce pouvoir ! Le pouvoir de nous donner à fond dans ce qui nous passionne ! Nous autres avons le jeu vidéo comme passion commune, quoi d’étonnant en ce cas d’arriver à des niveaux de performance parfois élevés ? Et ce pouvoir, nous l’avons tous rebaptisé d’un mot plus passe-partout mais pas moins exact : la passion.

Avoir la passion n’est pas une condition au pouvoir d’accomplissement. Non ! La passion n’est pas la condition, c’est la première expression de l’accomplissement en question. Kubrick avait la passion de la photographie, il en fit un talent qui l’amena à devenir un réalisateur légendaire. Jack London avait la fièvre des grands espaces, il en fit le témoignage et le coeur de toute sa carrière littéraire et aujourd’hui encore, éveille en nous l’appel de la nature sauvage. Eric Tabarly avait la passion de la mer, il en fit sa vie et également sa mort.

Quel point commun avons-nous donc tous, nous autres joueurs de jeu vidéo, avec Kubrick, London ou Tabarly ? Une réelle attraction pour ce qui nous remue en dedans. Et donc accomplir un grand moment ludique est au joueur ce que 2001 l’Odyssée de l’espace fut à Kubrick, L’appel de la forêt à London et la navigation sous les étoiles à Tabarly. Et pourquoi ? Car en nous tous, détenteurs de centres d’intérêt aussi divers que variés, sommeille l’étincelle qui nous porte tous vers la réussite.

youve-got-the-power

Et si c’était précisément ça, le pouvoir ? Au lieu de n’être que ce concept maudit qui avilit l’homme et le corrompt selon le remarquable et si clairvoyant constat de Louise Michel ? Et si le pouvoir était en réalité le plus positif potentiel de tout homme, qu’il fût réalisateur, écrivain, navigateur ou joueur ?

Oui mon serpent, je ne crois pas en grand-chose, mais je crois en ça : nous avons le pouvoir, et contrairement à d’autres qui ont le pouvoir, nous n’emmerdons personne ! Bien au contraire, nous utilisons donc ce pouvoir pour aider et communiquer les passions qui nous animent. Kubrick, London et Tabarly n’ont jamais lésé quiconque et aujourd’hui leurs accomplissements sont des sources d’inspiration et d’admiration. Tandis que ceux qui ont opté pour ce pouvoir péjoratif et cannibale ont abandonné leurs passions pour mieux écraser d’autres hères simplement désireux de n’offusquer personne…

Bref nous avons le pouvoir et un réalisateur, un écrivain, un navigateur et donc un joueur auront toujours plus ma sympathie et mon respect qu’un politique, qu’un banquier ou qu’un gourou ! Un joueur honnête saura m’émerveiller sur tous les titres dont il aura su vanter et mettre en exergue les qualités.  Et ce joueur, c’est moi, c’est toi, c’est vous, c’est nous ! Nous tous !

Aussi, à vous tous à qui l’on a dit par voie d’autorité -que ce soient vos parents, vos profs, vos partenaires de libido, vos patrons- que vous n’étiez que des bons à rien, n’hésitez pas à répondre incontinent : « Mais et toi (ou vous si votre interlocuteur agressif a tout de même l’élémentaire maintien d’user du vouvoiement), tu arrives à jouer à (insérez ici le ou les titres qui vous passionnent), et quelle que soit la réponse, qui je vous en fais le pari sera négative et arrogante, à base de « je connais pas » ou « c’est pas le sujet » etc, etc, vous pourrez à ce moment précis renvoyer la politesse à votre vis-à-vis, sans doute trop « bon à rien » pour pratiquer ne serait-ce qu’un seul jeu parmi les millions qui existent.

Après tout, le jeu vidéo ne s’adresse pas aux imbéciles ! Demandez à ce clown aux lunettes bigarrées de Mac Lessgy de résoudre les puzzles de Lolo ! Demandez à Eve Angéli d’appuyer sur un bouton. Demandez à n’importe qui de ces doctorants et autres agrégés de philosophie ou à un prix Nobel d’économie de tenter sa chance à Castlevania sur NES. Et bien ! Pour des personnages reconnus ou proclamés intelligents, le résultat risque d’être surprenant.

Allez, tu viens te faire un petit Mario Kart avec moi, mon aspic ?

Yace,

Vieux grincheux pas si vieux.

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *