L’HUMEUR YACISTE 27 : Nintendoscope de mes deux !

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Bonjour mon reptile chéri adoré !

Je sais : je suis un homme sans la moindre once d’objectivité. Mais s’il y a une chose dont je suis absolument certain, c’est que j’adore, je révère, que dis-je je vénère la glorieuse 16 bits de Big N comme étant une invention majeure de l’amusement moderne. Et même au delà : la plus glorieuse invention de l’histoire humaine avec le grille-pain et les charentaises fourrées à carreaux écossais. Hélas mon serpent, je vais m’apprêter à reconnaître la seule faiblesse de cette console de gloire, si l’on oublie les infectes attentats au bon goût signés THQ qui l’ont malheureusement salie. Laisse-moi te conter ma terrifiante expérience avec le Nintendoscope.

La petite boutique des erreurs…

On sort donc l’engin de son carton, et voilà le cauchemar qui démarre…Passé l’insertion des piles dans l’appareil (6 piles pour une durée d’environ 4 heures, même la Game Gear était moins gourmande), vient tout le rituel d’installation. Le Super Scope doit d’abord être correctement connecté par un genre de flash optique à poser sur son téléviseur. Bon…Mais alors, pourquoi cette phase indispensable de calibrage ?

Avant de pouvoir démarrer votre partie, il sera donc nécessaire de viser un point bien précis et de maintenir l’action durant quelques secondes, jusqu’au moment où la console aura reconnu l’engin. OK, la précision est à ce prix, mais dans le genre contraignant…Mon serpent, c’est un peu comme s’il fallait laisser appuyés les boutons de ton joypad pour pouvoir jouer avec.

Mais par tous les poils pubiens de Catherine Ringer, les concepteurs ont-ils pensé au pauvre binoclard de 15/16 ans que j’étais et qui joue à sa console dans sa piaule sur une 36 cm posée sur un bureau encombré de bouquins, de magazines et autres cartouches ? Et pour peu que d’autres consoles squattent également les étagères, arriver à s’en sortir demande rien moins qu’une organisation digne d’une opération commando.  Et devoir ainsi déplacer ma chaise et mon armoire à linge pour pouvoir simplement avoir une distance suffisante à armer puis à calibrer l’ustensile était déjà une sacrée contrainte.

 

Même le polystyrène d’emballage vaut mieux que l’engin…

Ensuite, l’usure de mon frêle corps d’adolescent maigrelet (car oui j’étais maigrelet en ces temps-là !) n’était vraisemblablement pas la préoccupation première des dérangés qui ont conçu cette saloperie. Le Nintendo Scope se pose sur l’épaule et se tient avec ses deux mains, ce qui réclame plusieurs aptitudes physiques qui lui flinguent  toute son ergonomie. Sincèrement, votre main droite se doit d’être d’une précision sans faille : si elle est trop lourde, elle vous force à compenser avec la main gauche afin de tenir la chose dans l’axe, axe figuré par l’oeil du joueur qui se doit évidemment de se river au viseur. Et si elle est trop légère, maintenir rien qu’à la main gauche l’axe de visée devient vite encore plus casse-couilles qu’une soirée entre amoureux où se seraient incrustés le copain bien lourd qui parle la bouche pleine et la belle-mère autoritaire qui vous refuse l’amour de sa fille sous prétexte que vous n’êtes pas de la bonne religion !
Et le tout supporté sur l’épaule qui ne tardera pas à souffrir de cette usure, surtout que l’instrument est léger au départ mais devient vite fatigant.

L’appareillage était fourni avec une cartouche-compilation de 6 jeux, savamment baptisé « Super NES- Nintendo Scope 6 ». 6 jeux sur une seule et même cartouche, voilà une bonne affaire ! Alors pourquoi pas ? Tout simplement car ces 6 jeux ont été codés sans le moindre talent et avec pour seule prétention de donner un prétexte à ce machin ! Mon serpent, c’en était à peine croyable et aujourd’hui encore j’ai du mal à le croire. Un peu comme si l’on m’avait dit qu’un jour, Roselyne Bachelot ferait le clown à la téloche et que Renaud flirterait avec François Fillon.

Si tu te demandes, mon écailleux compère, comment je me suis retrouvé possesseur de cette chose, eh bien ce fut un concours de circonstances assez étrange. Un de mes condisciples de classe avait fêté son anniversaire et jouait aussi à la Super NES. Or, il avait reçu-comble de malchance !- deux Nintendo Scope ! Et donc pour un prix heureusement inférieur à celui du magasin j’ai donc tenté l’aventure.  Devant les nécessaires aménagements de ma piaule, le test réel eut lieu le lendemain.

6 daubes pour le prix d’une ! Pourquoi se priver, n’est-ce pas…

Et  quelle horreur, quelle immondice, quelle abjection, quel effroi, quel désarroi ! La désillusion fut si amère que trois jours après, j’ai échangé l’engin dans un magasin de jeux d’occase contre la cartouche du jeu « The Addams Family » sur la même Super NES à laquelle je faisais ainsi mes plus plates excuses pour lui avoir imposé trois jours durant ce qui reste une des plus sombres expériences de gamer. Certes, tu pourrais me dire que je ne lui ai pas laissé réellement la chance de me séduire en si peu de temps, mais quand on ne supporte pas, on ne supporte pas ! Il n’ ma fallu que quelques secondes pour savoir que toute ma vie je détesterai la mayonnaise, et regarder W9 ne serait-ce que trois minutes est déjà bien assez pour pleurer de dépit ! Le Nintendoscope c’est pareil !

Ah mon serpent, depuis que mon psy a pris sa retraite, tu ne te rends pas compte de l’importance que tu as pris dans ma vie. C’est pour cela que je te fais part de tous ces épisodes. Oui je sais, j’en reviens souvent à de durs moments, mais comment faire autrement avec quelqu’un d’aussi secourable que toi ?

Allez, viens, on va jouer à la Super Nintendo. Je ne sais pas encore à quel jeu (il y a tellement de grands titres sur cette bécane magique), mais je sais déjà à quoi on ne jouera pas !

Yace,

Vieux grincheux pas si vieux.

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A propos de l'auteur

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Joueur qui balance entre deux âges, plutôt des neiges d'antan que de la dernière averse. Révolté permanent, contestataire patenté, il n'y a que les jeux vidéo et la grammaire française dont j'accepte de suivre à peu près les règles, dans l'ivresse des pixels et des mots.

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