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L’HUMEUR YACISTE 29 : pour en finir avec les vaines controverses sur le sexisme

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Salut mon serpent, comment vas-tu ?

 

Ben mon cochon, ces derniers temps j’en aurai lu des vertes et des pas mûres sur ce joli média dont la passion commune nous unit en plus de notre appartenance commune au genre ophidien ! Même si elle est à prendre au sens figuré à mon endroit, car si toi tu es bel et bien un serpent, moi je suis une vipère et j’en ai précisément assez d’avaler des couleuvres que même un quelconque électeur se refuserait désormais à ingérer.

Et parmi ces sempiternelles imbécilités, revient sans cesse comme une épidémie de gastro-entérite la sensible question du sexisme dans le jeu vidéo. Ah, la fameuse question du sexisme, que tu as toi-même traitée en son temps. Franchement, mais quoi de plus bassement racoleur pour faire parler en mal de cette activité ludique que de porter haut le flambeau de la lutte contre l’inégalité de traitement envers la moitié féminine de l’humanité ! Et par là même prétendre que les joueurs sont tous de gros porcs infâmes et dont la seule préoccupation quant au genre féminin se résumerait à deux questions : « quand est-ce qu’on mange » et « quand est-ce qu’on baise » ! 

 

Oui mon serpent, et j’en ai ras la casquette (car ma casquette est une compagne fidèle) de toujours revoir émerger cette question, et de voir à quel point ce que je nommerai le chantage à la misogynie revient très souvent hanter les questions sur le profil des joueurs de jeu vidéo. Une étudiante en thèse dont le sujet d’étude reposait sur l’impact sociologique de la pratique des jeux vidéo (tout le monde a ses défauts) m’a un jour interrogé après une petite conférence pour connaître mon avis.  Sans même me laisser le temps d’aller au bout de mon propos, elle poursuivit par une question qui à elle seule montrait bien le parti pris de son étude :

« si un joueur de jeu vidéo a une femme, doit-il la protéger ? »

Cette simple interrogation soulève bien des points qui en exposent le ridicule.

Tout d’abord, il existe bien des joueurs de jeu vidéo qui ont une femme. Certains ont même des enfants et du boulot aussi ! Pour ma part, j’ai des mains en parfait état de marche, je m’en sers entre autres pour jouer et comme j’ai cessé de m’astiquer le manche, je n’en ai que plus de temps pour jouer et écrire ! Et comme le reste de mon anatomie marche encore, j’ai aussi deux enfants qui n’ont jamais souffert de mon goût pour le jeu vidéo, bien au contraire même si j’en juge par les réactions de mon gamin devant Super Mario Kart et de ma fille devant Super Mario Bros 2.

Ensuite, si je répondais « oui » à la question, il se trouverait de suite une escouade de féministes pour me traiter d’infect sexiste car je sous-entendrais bien évidemment qu’une femme ne peut se défendre seule (tu sais mon serpent, le mythe du « sexe faible », blabla…). Si je réponds « non », la même escouade de féministes ne désarmerait pas pour autant en me traitant de lâche pour qui la personne de la femme ne vaut pas qu’on la défende ! Reconnaissons qu’il y a des raisons d’hésiter…Et là, hop, le joueur se retrouverait coincé sous l’interrogatoire, alors qu’il aurait mieux valu en fait et finalement que la question de base fût simplement plus précisément formulée. Mais réponse fut  à peine plus synthétique : outre sa formulation fallacieuse, le premier qui toucherait à quiconque qui compte  pour moi risquerait de finir sa vie prématurément, ou ma vie finirait prématurément face à lui, mais un de nous deux ne se relèvera pas après notre rencontre.  Et je ne vois pas pourquoi le féminisme viendrait s’inviter dans ce qui n’est finalement qu’une question de bon sens.

Le jeu vidéo apparait-il sexiste uniquement car l’immense majorité de ceux qui s’y adonnent sont nés avec un zguège  entre les cuisses ? Tout d’abord personne ne choisit (du moins avant sa naissance) quel sera le type de ses organes reproducteurs. Et d’autre part, où se trouve la pertinence d’un tel argument ? Le BTP est-il sexiste également sous prétexte que l’on croise plus d’hommes que de femmes sur les chantiers de construction ? La collecte des ordures est-elle sexiste car il y a plus d’hommes que de femmes attachés à l’arrière des camions-poubelle ? Alors pourquoi ne pas inverser la comparaison en gardant cette « logique » et se demander si les crèches ne sont pas un milieu misandre car il y a plus de femmes que d’hommes qui y travaillent, ou que l’industrie du film pornographique serait même anti-masculine car les acteurs sont moins bien payés que les actrices alors que leur érection représente un effort que les femmes n’ont guère à assumer ? Tu vois mon distingué reptile, constatons l’ineptie de ces questions et de ces raisonnements auto-proclamés ! 

 

Soyons sérieux : à moins d’un jour voir un jeu explicitement estampillé uniquement pour hommes, je n’ai jamais cru au sexisme dans le jeu vidéo, ni même que le jeu vidéo soit un quelconque vecteur de sexisme. Certes, la controverse ne s’éteindra jamais (et dans un sens ça me rassure, car s’il y a une chose que je hais, c’est le consensus, car tout ce qui est consensuel finit par devenir chiant !) et même si certains titres ou séries que je ne citerai pas puent le militarisme bâtard, le patriotardisme pouilleux et le tout sous couvert d’une quête de réalisme qui ne sert qu’à masquer la totale inaptitude de leurs créateurs à amener un univers lié à leurs jeux, dire du jeu vidéo qu’il vise les femmes serait aussi intelligent que traiter la pluie de phénomène raciste sous prétexte qu’il pleut plus souvent dans le Finistère que dans le Kalahari.

 

 

Ah si, le seul exemple historique -enfin historique, disons que je l’ai vécu et que je m’en souviens- de réel sexisme dans le jeu vidéo serait le fait d’avoir sorti des jeux avec Barbie comme héroine ! Oui, Barbie, archétype de la bêtise et de la superficialité -encore même plus abjecte que Clara Morgane !- que l’on prête à la féminité. Prêter un tel niveau de bassesse à la seule condition d’être une femme et sortir des jeux aussi criminellement mauvais et réservés aux filles (le jeu de Barbie sur Game Boy se payait même le luxe d’être sous-titré Game Girl), voilà où se situe le vrai sexisme ! Et paradoxalement, qui est venu défendre le jeu Barbie à l’époque ? Et qui aujourd’hui me traite à nouveau d’infect fumier miso quand je m’étonne qu’une vulgaire gonzesse ou plutôt gonzesse vulgaire puisse faire croire à une génération de pouffes que pour réussir dans la vie, il suffit d’avaler du phallus au kilomètre ou de lécher du gazon au kilomètre carré devant des caméras avant de massacrer Serge Gainsbourg en surveillant les ventes de ses calendriers pour radasses mal inspirées ou camionneurs solitaires ?

 

Ah mon serpent, ça me rappelle l’épisode où, suite à un dossier paru dans tes colonnes sur le traitement des minorités dans le jeu vidéo, les puceaux des forums 15-18 de JV.com m’avaient taxé d’être antisémite. Aujourd’hui, ces mêmes puceaux me taxeront-ils d’être misogyne ? En tous cas, moi j’ai au moins une longueur d’avance sur eux : je suis si méprisable et les femmes me trouvent si immonde que l’une d’elles a même fini par vivre avec moi, avoir une famille avec moi et j’envisage même de finir mes jours à ses côtés ! D’où ma connaissance très supérieure à la leur de l’anatomie féminine, et l’expérience d’un sentiment réel d’amour pour cette distinguée -et fort méritante je le concède !- personne.

Le sexisme dans le jeu vidéo ? C’est tout de même pas la faute à d’honnêtes jeux si des joueurs sont de gros cons. Et il n’est guère sexiste que La Princesse soit dans un autre château. Ce qui serait sexiste, c’est que le brave et vaillant Mario ne parte pas à sa rescousse ! Et la lutte contre l’injustice ne se divise pas. Se battre contre le sexisme mais ne rien dire face à la pauvreté et les inégalités de traitement, ce n’est pas se battre contre l’injustice. c’est être un révolté de pacotille, un rebelle de bac à sable, un agité de plateau de télévision.

 

Allez mon serpent, c’est l’heure du thé !

 

Yace, vieux grincheux pas si vieux.

Non, je ne vois pas de sexisme dans le jeu vidéo ici, juste la connerie profonde d’un publicitaire ! Est-il si dur de réfléchir en 2017…

 

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A propos de l'auteur

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Joueur qui balance entre deux âges, plutôt des neiges d'antan que de la dernière averse. Révolté permanent, contestataire patenté, il n'y a que les jeux vidéo et la grammaire française dont j'accepte de suivre à peu près les règles, dans l'ivresse des pixels et des mots.

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