La vision actuelle de nos jeux rétro

L’HUMEUR YACISTE 31 : Fuck you, Pilotwings !

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Bonjour mon ami rampant !

A nouveau je viens te confier une douloureuse réflexion que je ne pouvais retenir plus longtemps. Et c’est d’autant plus délicat qu’elle touche à une période qui est pour moi comme les années 80 pour Michael Jackson ou Madonna, les saisons 1 à 10 des Simpson ou l’album Mother’s Heaven pour le groupe Texas, c’est à dire l’époque du talent avant la cruelle et irrécupérable déchéance. Nous allons ensemble revenir à cette époque magique de l’émergence de la Super Nintendo, console que j’ai pour coutume de qualifier de plus grande invention de l’histoire des sociétés humaines depuis le grille-pain et les charentaises fourrées à carreaux écossais.Cette console de génie qui dépasse tout ce qui a été sorti depuis (affirmation péremptoire assumée jusqu’à sa moindre lettre) a de suite misé sur ses nouveautés techniques (zooms, distorsions d’écran, rotations, rotations, ROTATIONS comme dit et répété dans les pubs d’époque) et certains de ses titres ont servi de vitrine technique, notamment le fameux F-Zero et sa vélocité qui ridiculisait tout ce que le monde du jeu de course avait enfanté.

Passionnant, non ?

Cependant, un autre jeu avait également comme seul et simple objectif de nous montrer quel monstre était la nouvelle 16 bits de Nintendo. Et pour ne rien te cacher, ce jeu a été relativement oublié depuis, et contrairement à F-Zero, il ne me manque pas, mais alors pas du tout ! Reparler de ce jeu me ferait presque aussi mal que de devoir me faire l’avocat du couple Balkany…Ce titre d’infamie n’est autre que Pilotwings. Pilotwings, oui, LE Pilotwings, aussitôt encensé par la presse de l’époque comme étant un jeu passionnant et bien évidemment, faisant un judicieux usage des nouvelles possibilités révolutionnaires de la Super Nintendo ! Oui mais, ce Pilotwings, que Nintendo France elle-même présentait en ces temps heureux comme un des premiers indispensable de cette divine machine, qu’était-il en fait ? Hein ? M’en vais vous le dire, moi : rien de plus ni de moins qu’un infect simulateur d’école militaire ! Oui, un jeu dans lequel on incarne un bleu-bite désireux de gagner rapidos ses galons de militaire accompli pour l’armée de l’air, avec comme prétexte aux effets de Mode 7 et autres zooms des épreuves aussi bandantes que le parachutisme, le jetpack, et bien d’autres joyeusetés de chair à zob pour adjudant Chanal au parfum…Oui mon serpent, ce jeu est une véritable provocation, une injure faite à l’innocence du jeu vidéo ! Et est-il à nouveau besoin de répéter à quel point le jeu vidéo qui se sépare de ses univers merveilleux est à mon sens la pire des perversités avec les saloperies beuglées par nos politiques en quête de l’Elysée et du Palais-Bourbon, les voix de Maitre Gims et de Clara Morgane (cette dernière nous ayant assez exhibé ses organes pour je pense nous dispenser de son organe !) ou le fait de bouffer du chameau mayonnaise en compagnie de lieutenants de l’Etat Islamique…Et lier ainsi les débuts de la Super Nintendo,autrement sit les meilleurs moments de ma vie de joueur, à une quelconque allusion à l’armée ne peut que me faire vomir. Mon histoire avec ce Pilotwings est d’ailleurs très brève mais pas moins marquante : pour éviter de devoir trop ruiner nos infortunés géniteurs, chaque possesseur de Super Nintendo avait fait une liste des jeux qu’il avait, et ces listes circulaient pour constituer de véritables banques de prêt, système convivial et amical parfaitement autogéré, bref une véritable société parallèle qui se montait en dépit de l’autorité inique de sa Majesté Financière ! Ou comment tester plusieurs jeux dans un bel esprit de communauté en faisant au passage un joli bras d’honneur au prix pour le moins encore prohibitif des cartouches de l’époque.

C’est encore plus chiant à jouer qu’à regarder…si si je vous assure.

Bon, évidemment certains des participants à ce noble système n’étaient que de funestes profiteurs  et oubliaient souvent d’apporter le jeu qu’ils se proposaient d’échanger, mais dans ce cas, il fallait savoir simplement dire non à son tour. Finalement, ce mode de procuration de jeux à cinq cents balles la cartouche avait des faiblesses, mais on pouvait les contrer.  Et il me manque assez cruellement…Parfois aussi on tombait sur de belles daubes (qui a parlé d’Ultraman ?), mais globalement il me laisse des souvenirs impérissables. Et ce en dépit de ce Pilotwings, de ses épreuves à l’intérêt ludique inexistant, de ses instructeurs qui n’ont même pas pour eux d’être drôles comme l’était le sergent Hartman de Full Metal Jacket (tu imagines mon serpent, si Nintendo avait gratifié ne serait-ce que Big Al, l’instructeur ultime, donc le plus sévère, de répliques aussi fulgurantes que celles de Lee Ermey, le jeu aurait au moins eu un intérêt lexical !). Hélas…A cette époque où la conscription n’était pas encore abolie, où l’état pouvait piquer dix mois de chaque existence de ses sujets mâles, consentants ou non, comment concevoir que le camp disciplinaire en cartouche pouvait être divertissant ? Le tout pour remporter son certificat et sa médaille ! Le moment est bien choisi d’ailleurs pour citer ici cette phrase savoureuse du génial et regretté Siné qui, face à un ancien combattant bien stéréotypé, avait déclaré « Vous me sortez vos médailles ? Je vais vous sortir ma queue, moi ! »  

Infâme jusqu’au bout…Nintendo, comment as-tu osé ? Le service militaire sur console ? Vafanculo !

Pourquoi présenter le sublime potentiel de la Super Nintendo au travers d’une exaltation d’activités aussi immondes, le tout pour la satisfaction d’instructeurs virtuels  juste bons, comme tout gradé qui se respecte, à envoyer la chair à canon se faire massacrer avant de récolter les lauriers de la gloire en cas de victoire, ou de salir leur mémoire de pétochards incapables en cas de défaites ? Pô grave, on s’assied autour d’une table, on signe des papiers, on trace des frontières bidon et on se serre la main…en feignant d’ignorer que les mains qui se serrent sont maculées de sang ! Oui mon serpent, Pilotwings, qui de plus a connu une suite sur Nintendo 64 (là c’est plus que de la provoc mais une déclaration de guerre !), est tout simplement un titre inacceptable, surtout quand il était si jouissif de voir à quel point la Super Nintendo en avait dans les entrailles en lançant le fabuleux F-Zero…

Et c’est encore plus incompréhensible quand on sait à quel point Nintendo ciblait la famille comme son public (mais oui tu sais, Nintendo la gentille face à Sega et à son punk). Pilotwings, je t’emmerde, avec le NintendoScope, Ultraman et la série des Battle Tank, tu es la honte de la Super Nintendo ! De valeureux justiciers ont créé un site visant à la collecte de toutes les cartouches de l’infect Shaq Fu afin de les détruire et de purger le monde de cette sinistre blague qu’était ce jeu de baston. A quand la même initiative pour détruire jusqu’au souvenir de Pilotwings ? Mon serpent, je souscris de suite à cette salutaire entreprise, et j’en profite pour dire que Shaq Fu a au moins pour lui d’être une daube intéressante avec son histoire très spéciale, là où Pilotwings n’a finalement rien pour lui. Et quand je brûlerai toutes les cartouches de ce camp disciplinaire fait jeu vidéo, je n’oublierai pas mon masque pour éviter la pollution aux particules fines. C’est tendance en ce moment.

Je te salue mon serpent, je retourne jouer à Tiny Toons sur Megadrive !

Yace, vieux grincheux pas si vieux.

Finissons avec un peu d’humour, et précisons qu’il y a toujours un fond de réalité derrière l’humour noir…

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A propos de l'auteur

Photo du profil de Yace

Joueur qui balance entre deux âges, plutôt des neiges d'antan que de la dernière averse. Révolté permanent, contestataire patenté, il n'y a que les jeux vidéo et la grammaire française dont j'accepte de suivre à peu près les règles, dans l'ivresse des pixels et des mots.

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