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L’HUMEUR YACISTE 43 : tout a une fin

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Salut à toi mon ami reptilien !

Non non, ne prends pas peur devant  l’intitulé quelque peu austère de notre rendez-vous hebdomadaire, je continuerai de te voir car tu m’es plus que secourable ! Et comme notre relation n’est pas à sens unique, j’espère que moi aussi j’apporte ne serait-ce qu’un pixel de piquant à ton existence depuis plus d’un an que tu m’as révélé tes vertus thérapeutiques. Si je dis que tout a une fin, c’est qu’en plus d’être une loi élémentaire de la nature, reconnaître ce fait est donc prétexte à mon humeur du jour. En tant que joueur, je suis assez familier des compteurs de vies et autres barres d’énergie, mais tu le sais déjà et je t’en avais déjà causé auparavant.
Or, dans cette réalité que je fuis plus ou moins dans l’ivresse des pixels et des mots, je ne peux que me rendre à l’évidence : je prends de l’âge, et chaque jour qui passe m’approche du dernier, et contrairement à Super Mario, mon compteur de vie n’indiquera jamais que le chiffre un. Ensuite ce sera game over. Oui mon serpent, je m’y suis fait et sans trop de douleur en fait. Un jour je ne serai plus là et mes cendres jetées aux quatre vents se disperseront vers l’atmosphère ou feront les délices de fourmis, que sais-je, mais peu importe, je ne serai plus là pour m’en plaindre. Hélas, l’âge avançant quoi qu’on en dise, mes réflexes et mes autres facultés s’en iront diminuant, et le jeu vidéo commence déjà à constituer le miroir de cette déchéance motrice et cognitive ! Oui mon serpent, qu’en sera-t-il de mon psychisme quand je ne pourrai plus dépasser les cent lignes à Tetris sur Super Nintendo, ou quand mes shoot them up fétiches que j’entretiens depuis 1992 seront devenus trop difficiles pour mes restes de gamer ?
Je t’avoue que cette question m’angoisse un peu. Car si le temps donne l’expérience, il produit aussi la vieillesse, et voilà ce qui me pèse. Et même plus que l’idée de mourir elle-même ! D’ailleurs, j’ai tellement apprivoisé l’idée de passer l’arme à gauche que je n’en ai d’une part plus peur, mais d’autre part je souhaite partir avant ceux que j’aime, car plus que partir, l’idée de voir partir ces braves gens qui comptent pour moi (et tu es du nombre, cher rampant) m’est finalement plus insupportable encore. Et si c’était pour ça que le fait de perdre mes capacités m’effraie un peu ? Le jeu vidéo me quittera-t-il avant que je ne le quitte moi-même ? Oui je sais mon serpent, ce n’est pas très gai, mais après tout, tout n’est que question relative. Et si au soir de mon existence le jeu vidéo ne devait plus qu’être un souvenir, il n’en demeurera finalement pas moins présent. Ou alors je rejouerai à nouveau en mode normal !

Allez, à tout bientôt mon compère, je te laisse retrouver ta progéniture et madame Serpent, et  surtout, profite bien de leur présence, car rien n’est acquis, ni ceux qu’on aime, ni les capacités de joueur ! Moi je m’empresse d’aller retrouver donc toutes ces aimables personnes  pour un bon gueuleton, car à ce jeu-là, je suis aussi plutôt doué. Comme en témoignera la note de restaurant sans doute, car il n’y a pas que sur console que je fais des high scores !

Yace,
vieux grincheux pas si vieux, mais de moins en moins jeune.

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A propos de l'auteur

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Joueur qui balance entre deux âges, plutôt des neiges d'antan que de la dernière averse. Révolté permanent, contestataire patenté, il n'y a que les jeux vidéo et la grammaire française dont j'accepte de suivre à peu près les règles, dans l'ivresse des pixels et des mots.

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