L’HUMEUR YACISTE 52 : Quand il ne reste plus rien….

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Salut mon serpent ! Comment vas-tu en cette semaine automnale ? Vois-tu, Roland Topor déclarait que la seule chose qui reste quand tout le monde est parti, c’est la masturbation. Je souscris à cette triviale mais ô combien juste observation, mais je vais tâcher de développer une nouvelle idée assez voisine. Car pour moi, la seule chose qui reste quand tout est parti, c’est la mémoire. Et après tout, on peut aussi masturber ses méninges, l’avantage c’est qu’il n’ya pas besoin de sortir un kleenex une fois l’opération menée à bien, ou alors plus pour essuyer des larmes de nostalgie en lieu et place de sa séminale production ou de sa naturelle lubrification, selon que l’on soit  du genre XY ou XX.
Oui, cette mémoire qui se substitue à tout si on lui donne les rênes, et crois-moi, je le fais plus que de raison ! Voir à quel point nous vivons une période d’inculture pour ne pas dire de connerie crasse, voir des puceaux de 13 ans (quoique, je m’égare, être puceau à 13 ans est encore une chose fort concevable !) dire de Brassens qu’il était un rappeur avant de saloper la formidable Mauvaise Réputation me donne envie de vendre ces moutards à des bûcherons en manque. M’apercevoir que le plus grand succès de librairie de ces dernières années n’est qu’un brûlot vengeur et mal composé d’une ancienne concubine de l’Élysée au pays de Molière, de Voltaire et de Jean Meslier me rend la digestion plus difficile et se traduit par de sauvages, imprévisibles et intempestives expulsions de liquide teinté marronâtre  par un orifice habituellement conçu pour livrer passage à des matières plus compactes. Et assister impuissant à l’évolution du jeu vidéo vers toujours plus de ringardise et de messages militaristes ou abrutissants façons Call of Duty et l’inénarrable 1,2…Switch ! achève de me démoraliser.
Oui mon serpent, vers qui d’autre que toi puis-je me retourner en ces moments d’abîme, en ces phases de basse pression ? Au surplus, je ne suis sans doute pas fait pour porter une cocarde qui me rendrait fier, car penser à Jupiter, à sa Jocaste ainsi qu’à leur clébard au nom emprunté d’un célèbre capitaine de la littérature française me donne à nouveau de l’urticaire purulente en plus d’un impétigo qui viendrait enlaidir mes virils attributs !

Le cerveau…aussi maléfique que bénéfique, à vous de voir !

Oui mon serpent, en ces temps-là, je n’ai d’autre choix que me réfugier entre mes deux oreilles et sous ma boîte crânienne pour enfin y trouver des salons à ma convenance. Salons faits de grands moments de jeu sur Super Nintendo, de mes premiers hurlements de triomphe devant Super Mario World ou U.N.Squadron, bruyantes manifestations qui me valaient bien souvent d’autres élans vocaux de mon père qui, inconscient du bonheur que je ressentais, venait me faire comprendre que je devais la mettre en veilleuse… Ou encore de ces instants de profonde adrénaline lors d’une première rencontre avec Mother Brain ou quelque autre antagoniste réputé, cette impression d’être un homme exceptionnel en lançant les crucifix de la lutte sur le cadavérique faciès du comte Dracula à la fin de Super Castlevania IV, et qui aujourd’hui me donne le droit d’avoir participé aux Chroniques Rétro Castlevania aux côtés du Dr.Lakav (c’est l’instant auto-promo, mais croyez-moi c’est du lourd et c’est pas écrit par un rappeur contemporain ni par une pétasse aux gros lolos et sans neurones !)… Ou encore d’allier la console à ma toute juvénile curiosité de l’anatomie en laissant la console allumée pour faire croire à une partie en cours tandis que je tentais la peur au ventre d’observer les navets érotisants du dimanche soir sur une sixième chaîne du PAF ! Car oui, il était toujours moins dur de prétendre jouer tard le soir que d’avouer regarder ces subtiles amas de dialogues niais et de plans mal cadrés mais qui laissaient parfois entrevoir un bout de nibard, un ou deux poils et d’authentiques contre-Apollons ventrus qui copulent en gardant leur calbute !
Vois-tu mon serpent, tous ces souvenirs dont l’immense majorité est liée au jeu vidéo aujourd’hui sont un peu le mortier qui cimente les parts de cet improbable édifice d’1,76 m de haut pour 136 kg de masse globale. Et je n’en renie rien, bien au contraire. C’est même toutes ces souvenances plus ou moins désordonnées qui aujourd’hui ont dopé toute ma motivation à m’ériger joueur sectaire et « yaciste ». La mémoire mon serpent est sans doute le plus beau cadeau que l’anatomie m’ait jamais offert, car en plus de me permettre de fuir cette putain de foutue époque faite de bêtise, d’extrémisme religieux et de finance triomphante sur toile de bénédiction par l’état qui ici vend les droits et les acquis sociaux sur ordonnances ! Heureusement que la vaseline reste en vente libre et non sur ordonnance (jeu de mots navrant mais d’actualité). Bref pour m’extraire de ce triste milieu, deux remèdes : ma cervelle (qui est à la fois ce que j’ai de plus précieux et de plus malsain) et ton oreille toujours à l’écoute.

Qu’elle persiste….et dure toujours !

Allez sur ce, je te dis à la prochaine, j’ai un ou deux fonctionnaires à engueuler. n’est-il pas formidable de devoir rendre des comptes à des gratte-papier déshumanisés sans la moindre culture qui savent juste emmerder le misérable et miséreux mais pourtant contribuable que je suis, alors qu’ils seraient bien incapables d’aligner deux mots en un acceptable français ?Entre eux et les membres d’une certaine coterie qui me pressent de signer chez eux, je te jure ! Je crois que je vais aller rejouer à Tetris sur Game Boy en regardant la saison 2 des Simpson, histoire de quitter 2017 pour revenir en 1992. Une époque où on se marrait encore, où Dorothée était encore à la téloche tous les jours et où Cabu intervenait encore par la parole et le crayon contre les tentatives racoleuses et vomitives de l’armée de se présenter comme un outil de camaraderie et d’intégration… mais selon le regretté et incisif monsieur à la coupe au bol « ne montrait jamais les cadavres, ni les boyaux répandus, ni les larmes d’un camp et de l’autre ». Je te salue et à dans une semaine pour un futur proche mais que je n’ose pourtant pas imaginer !

Yace, vieux grincheux pas si vieux qui se masturbe entre autres  les méninges pour en faire éjaculer les bons souvenirs.

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A propos de l'auteur

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Joueur qui balance entre deux âges, plutôt des neiges d'antan que de la dernière averse. Révolté permanent, contestataire patenté, il n'y a que les jeux vidéo et la grammaire française dont j'accepte de suivre à peu près les règles, dans l'ivresse des pixels et des mots.

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