L’HUMEUR YACISTE 56 : trop cool, la guerre de 39 !

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Salut mon serpent.

Ca y est, le monde va mieux ! Et dirais-je même, le monde n’attendait que ça, oui, le monde entier célèbre à l’unisson ce grand moment de son histoire ! Le dernier Call of Duty est enfin là ! Et comme les distingués concepteurs et scénaristes de cette grande série du jeu vidéo qui à elle seule porte haut la gloire des loisirs interactifs n’y avaient pas encore pensé, cette fois l’action se déroule durant la seconde guerre mondiale, oui, cette sympathique épreuve qui secoua l’humanité et qui en un peu moins de six ans aura réussi à prouver que le genre humain  peut  faire le meilleur, mais surtout accomplir le pire. Oui mon serpent, cette fascinante période qui à jamais donnera du grain à moudre aux historiens, et aux philosophes qui mettront des siècles avant de comprendre comment on a pu en arriver là… Mais foutre, au diable toutes ces interrogations, toutes ces déplorations, tous ces sentiments de honte ! Ces six années de malheur indicible, pinacle de la haine et de la bêtise sinistre humaine qui ont illustré à quel point l’état est une invention bienfaitrice aujourd’hui en paraitraient presque justifiées : elles deviennent le théâtre d’un nouveau Call of Duty !

Chiale pas pépère, voir ton pays envahi c’est pas cool, mais dans 77 ans il y aura un nouveau colof !

Foutral, palsembleu, ventre saint-gris et bordel de merde, c’est trop cool, le jeu vidéo maintenant pioche sans vergogne ni remords  dans ce que le patrimoine historique humain a de plus sordide. C’est-y pas joyeux, mon serpent ? Le jeu vidéo décidément  se fourvoie dans les poubelles de l’histoire, qui hélas n’est qu’un drame séculairement sanglant, au lieu de poursuivre la voie chimérique et inventive qu’il s’était fixée dès ses origines. Et vois-tu, rien ne me met plus la rate au court-bouillon que ça. Bon, OK, ce n’est pas la première fois que l’histoire sert de prétexte ou de filigrane à du jeu vidéo. Mais  plus que jamais je trouve ça insupportable. Alors quand une saga déjà puante (oui, j’assume, puante !) se décide à pousser comme un chiendent sur le fumier des années noires, que dois-je dire, si ce n’est que plus que jamais, je maudis cette évolution du jeu vidéo et que je regrette Hyrule, le royaume Champignon, la pourtant fort peu accueillante planète Zebes. Oui mon serpent, et même si ce billet hebdomadaire semble peut-être outrancier, exagéré ou tout simplement yaciste, je l’assume.  Le jeu vidéo a été traité de toutes les façons, de la meilleure à la pire, mais voir le nom de Call of Duty, s’il suffisait déjà à me perturber le transit intestinal, accolé ainsi à WWII pour World War II me donne juste envie de hurler mon dépit en plein après-midi dans une rue piétonne en période de l’Avent (ce qui tombe bien car l’Avent approche à grands pas). Oui mon serpent, si c’est désormais tout ce que l’on trouve pour faire vivre les grandes séries du jeu vidéo, je n’hésiterai pas à en proclamer la mort. Car mieux vaut mourir en laissant un bon souvenir (et j’espère que c’est ce qui m’arrivera !) plutôt que tenter de survivre en tournant ainsi au vinaigre…Et le jeu vidéo devient une industrie encore plus puante, ignoble et infecte.

Tant de victimes, tant d’horreur, tant d’abjection, mais c’est pas grave, ça fait toujours de quoi faire un nouveau colof !

On croirait qu’il suit le modèle Simpson, Texas, Madonna et hélas tant d’autres : devenir de la fiente répugnante après avoir côtoyé le zénith, le summum, le firmament. Messieurs les créateurs et autres esprits dérangés (presque autant que le mien) et mercantiles, voici quelques idées pour les prochaines déclinaisons de Call of Duty : Call of Duty Saint Barthélémy (un jeu de tuerie en costumes du XVIème siècle qui se déroulerait durant les guerres de religion en France), Call of Duty 1870 (lorsque Paris assiégée voyait ses habitant bouffer du rat pour survivre), Call of Duty 9/11 (où on irait niquer Ben Laden avant de fêter la victoire sur Ground Zero sans se dire qu’il aurait mieux valu éviter les tueries), ou pourquoi pas un bonus game inhérent à un nouveau Colof où on pourrait violer les ennemies, car c’est trop cool le repos du guerrier ? Oui mon serpent, je hais Call of Duty pour tout ce qu’il représente à mes yeux : la fin de l’innocence ludique, la fin de la considération que l’on doit à l’histoire, la fin de l’inventivité (car il est tellement plus difficile de créer un univers propre et inédit que reprendre les immondices de notre histoire). Alors je te l’affirme haut et fort mon vipérin confident : je boufferais plutôt les intestins crus d’un militant d’extrême droite plutôt que de donner plus de considération à ce nouvel épisode de cette saga poubelle. Car je déteste les jeux adaptés du réel ou de l’histoire, et après tout, bouffer les intestins d’un de ces drôles, c’est peut-être délicieux et en tout état de choses, ça en ferait toujours un de moins. Parole.

Yace, vieux grincheux pas si vieux mais vraiment grincheux.

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A propos de l'auteur

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Joueur qui balance entre deux âges, plutôt des neiges d'antan que de la dernière averse. Révolté permanent, contestataire patenté, il n'y a que les jeux vidéo et la grammaire française dont j'accepte de suivre à peu près les règles, dans l'ivresse des pixels et des mots.

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