L’HUMEUR YACISTE 60 : Hommage à Gunpei Yokoi

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Salut mon serpent.

Une semaine après le départ de l’idole des jeunes qui n’aura jamais été la mienne, je viens de m’apercevoir que cette année 2017 tirant sur sa fin a également marqué les vingt ans de la disparition de ce génie qu’était Gunpei Yokoi, l’homme qui je n’ai aucun scrupule à le dire a aboli les limites géographiques du jeu, électronique d’abord, vidéo ensuite. Car oui, cela fait vingt ans que M. Yokoi  a eu ce funeste accrochage…qui au départ n’était qu’une broutille mais qui, par un triste enchainement de faits a fini par lui coûter la vie.

Oui, plus de vingt ans se sont écoulés depuis ce 4 octobre 1997. La première fois que je vis le nom de cet homme, c’était lors de l’un de ces instants de grâce, je venais de finir Super Mario Land, et à ma grande surprise, je ne vis pas le nom de Shigeru Miyamoto au générique, mais bien celui de Gunpei Yokoi. Ce qui, des années après, m’apapraît comme l’explication finale de ce que j’avais déjà ressenti à l’époque : Super Mario Land était décidément un Mario bien particulier, à l’ambiance singulière… Ce qui a fait de Super Mario Land un de ces titres inoubliables, c’est je pense son côté éminemment marginal. Il découle de tout ce qui a été cité plus haut une ambiance très particulière qui fait de ce Mario une aventure à part, dont certains personnages -et même la plupart- lui sont demeurés exclusifs. On ne reverra plus la gentille princesse Daisy, de même que ces tortues armées d’une bombe ou les moines chinois qui vous assaillent…Et comment ne pas citer les thèmes musicaux du jeu, tous phénoménaux au point d’avoir constitué dès l’origine la signature sonore de la Game Boy ? Témoin ultime de ce caractère plus « adulte », le thème final du jeu, sublime mais étonnamment mélancolique, là où les airs de fin de Super Mario Land 2 et Wario Land sont tout au contraire guillerets et entrainants…

Marginal au sein de l’univers de Mario, Super Mario Land n’en a pas moins engendré une sérieuse postérité. Désormais, le « Land » devient officiellement le signe distinctif des Mario sur GB. En 1992 arrivera Super Mario Land 2, très inspiré de Super Mario Bros 3 qu’en gros retardataires nous n’avions pu savourer qu’en 1991 au pays de François Mitterrand.  Super Mario Land 2 marque l’apparition du nouveau double maléfique de Mario, Wario, qui allait devenir l’une des mascottes de Big N…Quel rapport avec Super Mario Land ? Et bien il y en a un ! Un rapport scénaristique : Wario avait, selon la notice de Super Mario Land 2, profité de la croisade de Mario au monde Sarasaland pour lui chiper son château…Et En 1994, la suite se fera jour avec le meilleur platformer de la GB, Wario Land qui était destiné à donner au gros, brutal et cupide Wario l’occasion de prendre sa revanche…dans un jeu sous-intitulé « Super Mario Land 3″…Et qui fut le premier et le dernier jeu du genre sur GB à faire mieux que l’ancêtre de 1989.

Super Mario Land a donc été comme une nouvelle dimension du continuum espace-temps dans la série des aventures du héros de jeu vidéo le plus connu au monde- et le plus magique au moins entre 1985 et 1996- et aujourd’hui encore demeure toujours aussi attractif par l’excellence de ses contrôles et son univers autrement plus « mature » que celui habituellement en vogue dans Super Mario Bros…Certes aujourd’hui, le théâtre des exploits de Mario s’est diversifié, satisfaisant les uns, déroutant les autres, mais dès 1989, un OVNI venait bousculer une série dont l’aura était déjà constituée…Et cet OVNI restera à jamais LE Mario introductif de la série sur support portable. Et ça…rien ni personne ne pourra le lui enlever. Voilà le miracle de Super Mario Land. Et le tout grâce à M. Gunpei Yokoi. Vingt ans après, cet authentique héritage ne s’est pas émoussé.

Et ça c’est fort.

Yace, vieux grincheux pas si vieux.

Gunpei YOKOI
10 septembre 1941-4 octobre 1997

PS : depuis une semaine, Johnny Hallyday, héros de USing  : Johnny Hallyday sur Wii (et oui, Johnny a été lié au jeu vidéo d’une certaine façon) est décédé. Quoiqu’on dise, quoi qu’on fasse, il y a une mort pour tout le monde et tout le monde a une mort, et comme le disait le carton de fin de Barry Lyndon de Stanley Kubrick (mort lui aussi) : « Bons ou mauvais, riches ou pauvres, beaux ou laids…tous ces personnages sont égaux à présent ». Johnny accède au privilège très parcimonieux de devenir un de ces hommes qu’on entendra toujours même après leur mort.

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A propos de l'auteur

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Joueur qui balance entre deux âges, plutôt des neiges d'antan que de la dernière averse. Révolté permanent, contestataire patenté, il n'y a que les jeux vidéo et la grammaire française dont j'accepte de suivre à peu près les règles, dans l'ivresse des pixels et des mots.

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