L’HUMEUR YACISTE 70 : streaming, non merci !

Salut mon serpent, ça rampe ?

Je tâcherai d’être bref, et d’éviter autant que faire se peut de trop donner dans la phrase à rallonge qui fatigue le lecteur et lui faire perdre le fil avant même qu’il n’ait eu la moindre chance de percevoir quel sera le plus ou moins vague sujet de fond qui m’amène à toi pour ces hebdomadaires confidences, car rien n’est plus pénible que de ne pas savoir où les mots écrits sur papier ou sur la toile vous porteront en même temps que l’on tente désespérément de comprendre de quoi il retourne en redoutant dans le même temps que la phrase que l’on est en train de lire ne fasse que vous mener à un cul de sac et perdre un temps précieux que jamais l’on ne récupérera, et c’est d’autant plus ignoble que lorsque l’on pense que l’auteur a peut-être volontairement écrit une phrase dont dire qu’elle est à rallonge ne serait qu’un euphémisme tout en riant à la tête du lecteur qui aurait tout de même été assez vicieux pour arriver au bout. Et si tu penses que c’est bien là ce que je viens de faire, c’est que tu as tout compris !

Blague à part, je voudrais aujourd’hui te dire pourquoi, à notre époque de partage immédiat de vidéos, je n’ai toujours pas accédé à la demande de bien du monde de me livrer à l’exercice du streaming ou du direct live. D’ailleurs, « direct live » est un savoureux pléonasme inventé pour les besoins de L’Edition, le journal de l’émission présenté par Pénélope Solète et Maurice Chevalier, les anciens auront repéré le rappel. Oui, le streaming, c’est pourtant tentant : apparaître soi-même à l’écran en même temps que l’on joue et que l’on commente ses actions plus ou moins méritoires. Et la facilité avec laquelle on peut à présent devenir une « gueule » connue du milieu de moins en moins fermé et de plus en plus exhibitionniste du jeu vidéo et de ses personnalités (aucune allusion à la récente vidéo interlope du sieur Usul) devrait pourtant inciter à me lancer. Et pourtant je réponds que non.  Pourquoi ? Tout simplement car j’ai la particularité de considérer ma relation au jeu vidéo comme quasi intime, et même si j’exhibe très souvent le résultat de mes « travaux » sous forme de vidéo ou de bouquin, je maintiens que la préparation de ces éléments relève du strictement personnel, de l’intime.

Oui mon serpent, un run accompli ou un livre, c’est un peu comme un enfant : on en est fier et on ne le dissimule pas, mais est-ce pour autant que l’on raconte ou mieux, que l’on montre la conception de l’enfant en question ? Je ne le crois pas, et j’ai encore dans l’idée que déroger à ce principe n’a rien de « gauchiste », « d’anarchiste » ou je ne sais trop quelle excuse pour justifier le fait de mettre sa bite en POV (aucune allusion). D’autre part, qui serait intéressé de me voir échouer je ne sais combien de fois pour ne réussir qu’une seule et parfois unique fois ? Et à nouveau, mais tu le sais déjà mon reptile, pourquoi devrais-je étaler ma bouille, mon coeur ou mon cul, quand le plus important n’est pas l’image que je donne de moi, mais le jeu que je tente de conquérir, de maitriser ? Oui mon Serpent, jamais je ne ferai de streaming, car je ne suis finalement que très quelconque. Tout au contraire des jeux qui, et c’est même une condition sine qua non, ont su susciter mon intérêt au point de me pousser à y jouer et à fortiori de tenter une prouesse quelle qu’elle soit. Présenter du jeu, telle est ma joie. Présenter ma tronche, beaucoup moins, sauf quand c’est dans la joie, comme c’était le cas pour mes apparitions dans Superplay Ultimate de la déjà regrettée Nolife.

Et pour conclure, quand on voit la beauté de certains jeux comme Mr.Nutz, Magical Quest ou Truxton II, comment ne pas s’en contenter et réclamer de voir ma tronche dont même Susan Boyle ne voudrait pas comme trophée de chasse ? Alors plutôt que streamer, je préfère encore apprendre dans la douleur et dans l’espoir de laisser une vidéo du jeu, et ce en toute intimité ! Cette intimité qui me fait même récuser jusqu’à la possession d’une webcam. Je suis une voix off, et une plume de l’ombre, et comme le disait si solennellement Brassens, quand l’homme écarte les bras, son ombre est celle d’une croix. Mon serpent, te voir en face à face chaque semaine est pour moi un honneur. J’espère qu’il en est de même pour toi, même si me voir est loin de constituer un privilège quelconque.

Yace,

vieux grincheux pas si vieux.

PS : décidément, la Grande Faucheuse ne chôme pas ces derniers temps… C’est maintenant Isao Takahata et Jacques Higelin qui s’en sont allés. Le premier m’a fait pleurer avec Le Tombeau des Lucioles et rire avec Mes voisins les Yamada, et le second me régalait depuis mes 14 ans… Merci à vous messieurs.

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