L’HUMEUR YACISTE 74 : snif, ouin… télévision, boîte à cons !

Salut à toi mon reptile, et tiens-toi bien.

Oui, tiens-toi bien car je vais me faire très mal en te confiant ce qui va suivre. Tu me connais assez pour savoir que, depuis ma plus tendre enfance, je traîne une âme de nerd sous des dehors maigres d’abord, obèses ensuite, chevelus avant, chauves à présent. Et cet aspect de ma personne plus ou moins inconstante se double logiquement d’une forme de mémoire assez poussée pour du détail, de ce genre de souvenirs qui aujourd’hui encore surprennent ceux à qui je les conte, comme les élucubrations de Georges Beller quand il animait les Mariés de l’A2 , les délires étonnamment poussés mais tolérés de Cabu dans Récré A2, les superbes gaudrioles musicales des Musclés entre deux épisodes de Lucille Amour et Rock’n Roll, les costards très chicos mais un brin kitsch de Laurent Petitguillaume dans Zygomusic, la finale de la coupe du monde 2018, bref.

Bref je suis ce que l’on peut appeler un enfant de la télé, et ce bien avant que monieur Essebag ci-devant plus connu sous le nom d’Arthur et ancien « animateur le plus con de la bande FM » comme il aimait lui-même à se renommer n’en fasse une marque déposée. Car oui, les vrais enfants de la télé sont plus à chercher chez ceux qui comme moi ne rataient jamais La Nuit des Publivores et qui aujourd’hui grâce à M.Blachas voient la pub comme autre chose que la sombre sous-merde consumériste et mal cadrée qu’elle est devenue. Bien. Mais alors, pourquoi t’ai-je dit en préambule que j’allais avoir mal ? Et bien car aujourd’hui, je suis dans la triste obligation de rejoindre ceux que je croyais ne jamais rejoindre , c’est-à-dire ceux qui, comme mes parents me le disaient quand j’étais morveux, trouvent que la télévision n’est qu’un vaste dépotoir, un grand déversoir d’images cyniques à boire à pleins tubes cathodiques comme l’affirmait Bertrand Cantat dans l’excellent morceau Fin de Siècle du non moins excellent album 666.667 Club de Noir Désir (et ceci dit à une époque où confesser que l’on aime Noir désir fait de vous automatiquement, naturellement et évidemment un homme qui va confondre sa femme avec una piñata).

Oui mon serpent, la télévision, qui m’a donné tant de bonheur et ce avant même que je ne sache que l’on pouvait lui raccorder une console de jeux, aujourd’hui me rend malade. Et ce à un moment où je prends conscience de mon âge qui progresse…Car que vois-je aujourd’hui ? Des chaînes sans âme, qui nous présentent diverses actus toutes plus vomitives les unes que les autres mais avec un traitement parfois surprenant : un scandale pédophile de plus dans l’église nous est présenté finalement comme une triste affaire, non pas triste car des enfants ont appris que leurs bouches ne servaient pas qu’à chanter des cantiques ou que leurs anus ne servaient pas qu’à faire popo, mais surtout car la pauvre église voit encore une fois sa réputation entachée… le tout au détour d’un reportage de trente-huit secondes montre en main. Alors que juste après, cette même télévision nous présente deux paumés qui ont vandalisé la vitre d’un abribus comme de véritables dangers pour notre République, et c’est tout juste si au terme du reportage alarmiste de six minutes vingt huit secondes dédié aux méchants anarchistes qui battent le pavé un jour par an, on ne nous dit pas « attention votre fils est peut-être un dangereux casseur qui ira violer sa grand-mère morte ou vive ». Bon. Ajoute à cela mon serpent que tout ce qui faisait le charme de cet ustensile salutaire dans les années 80 et 90 est parti pour être remplacé par les tribulations d’un ou plusieurs groupes de parfaits connards incultes (et de parfaites connasses incultes, respectons la parité, rouge à lèvres, silicone et cellulite compris) et tu comprendras qu’à présent, la télévision ne me sert plus à rien, si ce n’est à devoir raquer pour la redevance (et tu as essayé de brancher une Megadrive sur une téloche contemporaine ?). Comment a-t-on pu passer de Pixi Foly à…ça ? Qu’une téloche pareille ne laisse pas de place au jeu rétro, ça donnerait presque à réfléchir, même si pour moi la raison en est évidente !

Et dernière constatation pour définitivement enfoncer le clou et surtout intégrer à l’humeur hebdomadaire son aspect ludique, le jeu vidéo rétro n’y est plus mentionné. Ce qui reste de média traitant le jeu vidéo dans la désormais et hélas infâme lucarne familiale domestique préfère sans doute parler pour ne rien dire et spéculer sur le prochain E3 entre deux cadrages sur l’auguste trombine de M.Tellouck… à revenir sur ces jeux qui d’une part ont tout inventé mais surtout savaient vendre du rêve, et pas du service militaire en ultra HD pour apprentis candidats destinés à faire de la chair à zob pour adjudant Chanal au parfum. Oui mon serpent, je dis adieu à cette télévision absurde, ringarde et sans intérêt, mais ce n’est pas pour autant que je renierai mon histoire d’amour avec elle. Mais disons qu’aujourd’hui, et pour décrire le couple que je formais avec elle, on peut dire que j’ai décidé de rompre. Concluons cependant sur une note d’espoir : n’est-il finalement pas mieux ainsi, de voir que le jeu vidéo rétro a su s’extirper de la télévision de notre temps ? Car là, il ne risque pas d’être sali par des programmes puants et/ou interlopes à son propos, et voir un segment de G1 vanter le prochain jeu à la Colof n’est finalement rien d’autre qu’une joie, car mon opinion s’en trouve confirmée : le jeu vidéo tel que je l’aime n’est pas affaire de ces lèche-fion télévisés !

En somme, je n’ai pas à me plaindre, et je suis sûr que tu me comprends.

Sinon, pourquoi t’assommerai-je chaque semaine ?

Yace, vieux grincheux pas si vieux.

 

 

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